Franz Liszt - La sonate en Si mineur et le Liebestraum N°3
- Ginette Flora Amouma

- 5 avr. 2022
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 août 2024
C'est un compositeur hongrois né en 1811 à Doborjan en Hongrie. Il est mort en 1886 à Bayreuth en Bavière ( Allemagne).
C'est aussi un pianiste virtuose et un transcripteur des oeuvres des grands musiciens.
Sa musique évoque ses origines hongroises dans les "Hungarian rhapsodies".
Son enfance tient une grande place dans sa vie.
Il et très tôt un prodige de la musique et du jeu pianistique.
L'enfant prodige
On l'appelle " Le petit Litz".
Il a grandi dans un milieu qui donne une grande place à la musique. Liszt connaît les oeuvres de Bach, Beethoven et Mozart dès son plus jeune âge. Il suit des cours de piano et de composition et donne son premier concert en 1822. Il a 11 ans. Il continue sur sa lancée en faisant des tournées en Europe. Il continue à se former en poursuivant ses études de composition. Il écrit un opéra : Don Sanche ou" le Château de l'amour"
Cette période d'appropriation de la technique musicale fait de lui un maître du jeu pianistique.
Mais il est de faible constitution et doit faire des séjours dans des villes thermales.
L'enfant prodige qui a été porté par un père violoncelliste prend conscience de sa personne quand il perd son père.
Le salon musical
Il entreprend dès lors de nombreux voyages et rencontre les musiciens de son époque ainsi que les écrivains et les peintres. Berlioz, George Sand, Delacroix, Alfred de Musset, Wagner, Chopin, Balzac, Paganini. .. qui seront tous influencés par la figure prolifique de Liszt. La musique moderne s'en ressent encore, du folklore à la musique de film.
Il se forge ainsi une culture de la musique telle qu'elle est pratiquée et se rend compte qu'il n'en possédait que la technique. Il met en place le concert et la technique pianistique moderne. Il sort de sa virtuosité plastique pour donner à son jeu une tonalité littéraire voire poétique. Pas du Chopin mais impressionné par le travail de Chopin, qui est son ami voire son rival, il acquiert une méthode de travail qui demande une concentration intellectuelle. Ce sont "Les années de pèlerinage ", trois recueils de pièces pour piano composées au cours de ses séjours en Suisse et en Italie.
Ses oeuvres
Il donne de nombreux concerts que ce soit dans son salon pour un public restreint ou pour un plus large public au cours de ses déplacements. Très apprécié par sa vélocité sur le clavier, c'est un pianiste virtuose. La main de Liszt est célèbre pour sa taille insolite qui lui permet d'atteindre la douzième qui en théorie musicale est l'intervalle entre deux sons.
La douzième est donc l'intervalle entre douze notes.
Son style a évolué, il est loin l'enfant qui jouait de son piano comme de son instrument fétiche. A partir de 1830, il acquiert de nouvelles techniques et il joue avec une certaine vivacité poétique.
En 1848, c'est l'âge de la maturité, La sonate en si mineur est son unique sonate d'une durée d'une demi-heure dont voici un extrait.
Il a composé des lieder pour voix et piano. Le plus connu est le " O lieb" dont est tiré un nocturne pour piano. Il a également composé un groupe de lieder sur les poèmes de Goethe et un autre groupe sur les poèmes de Victor Hugo.
"Rêves d'amour" est un recueil de trois nocturnes pour piano
Le nocturne N° 3 est la plus connue des trois pièces.
Il en existe deux versions :
- une transcription pour piano solo
- et une autre pour voix
O Lieb de Franz Liszt
Rêve d'amour (Ferdinand Freiligrath)
Oh aime, tant que tu peux aimer ! Oh aime, tant que tu veux aimer ! L’heure viendra, l’heure viendra Où près d’une tombe tu gémiras !
Et veille à ce que ton cœur brûle Qu’il soigne l’amour, qu’il porte l’amour, Tant qu’un autre cœur, d’un amour chaud, lui répond de son battement !
Et pour qui t’ouvre son cœur, Oh, fais tout ce que tu peux, par amour pour lui ! Rends pour chaque heure une heure de joie, Pas une seule heure de chagrin !
Et garde bien ta langue, Un mauvais mot est vite dit ! Mon Dieu, ce n’était pas à mal, Mais l’autre s’en plaint et fuit !
Agenouillé au bord du gouffre, Tu caches tes yeux troublés de larmes, -Ils ne le verront plus jamais – Dans l’humide herbe longue du cimetière.
Et tu diras : Jette sur moi tes yeux, Toi que je pleure à ta tombe ! Pardonne, mes mots qui t’ont blessé ! Mon Dieu, ce n’était pas à mal !
Mais lui ne te voit ni t’entend,
Ne vient pas, que tu l’embrasses de ton bonheur, Les lèvres, que souvent tu baisais, ne diront Plus jamais : je t’ai pardonné depuis longtemps !
Il le fit, te pardonna depuis longtemps,
Mais bien des larmes brûlantes Coulèrent pour toi et ta parole amère – Mais silence – il repose, il est au bout du chemin.
Oh aime, tant que tu peux aimer ! Oh aime, tant que tu veux aimer ! L’heure viendra, l’heure viendra Où près d’une tombe tu gémiras !
Ferdinand Freiligrath (1810-1876).
Traduction française inédite réalisée spécialement pour le Journal de Papagneo par Anne Weddingen.
Quelques mots sur ce poème: Franz Liszt l'a mis en musique et ce Liebestraum est sans doute l'une de ses plus belles mélodies. Bien moins connus que celles de Schubert ou Schumann, les lieder de Liszt méritent vraiment d'être plus souvent chantés : l'excellente Diana Damrau leur a consacré un très beau disque.
Plus tard, Liszt, ce grand spécialiste de l'arrangement, de la transcription, de la réduction, de l'orchestration, de la paraphrase et de la réécriture, a repris ce Rêve d'amour pour l'inclure dans un cahier de trois Nocturnes pour piano seul. Il a bien marqué l'importance du texte littéraire en recopiant les premières strophes sur la partition. Cet arrangement en a suscité d'autres, comme celui-ci pour violoncelle et piano.
Il est aussi professeur et donne des cours de piano. il est immergé dans une bulle de créativité au contact de plusieurs personnages qui lui assurent cette aura d'aisance qui lui permet de transcrire, de composer et de créer des pièces musicales à une vitesse vertigineuse. Techniquement et intellectuellement, il interprète des oeuvres difficiles. Il improvise sur des thèmes donnés par la public. Les transcriptions qu'il opère demandent des facultés intellectuelles prodigieuses. Pour toutes ces raisons, il est considéré comme un virtuose.
Un chant comme celui de Schubert peut passer d'une main à l'autre, ce qui exige une gymnastique mentale éprouvante et ce qui fait dire encore aujourd'hui qu'aucun interprète n'a encore pu le faire.
La fin d'un maître
Il se retire à Rome et à partir de 1865, il entre dans une carrière religieuse sans pour autant être ordonné prêtre. Il reçoit la tonsure et il est connu comme l'abbé Liszt.
Poèmes symphoniques, oratorios, lieder, préludes, concertos, fantaisies, harmonies poétiques ... On ne compte plus ses oeuvres.
Voici La Campanella d'après le concerto pour violon n°2 de Paganini.
De 1869 à sa mort en 1886, il séjourne soit à Budapest, soit à Rome, soit à Weimar, les trois pays qui ont fait de lui cette figure tournée vers l'évocation d'un passé où tour- noient la danse, la valse et le folklore de son son pays natal et se façonnant ensuite un personnage tourné vers l'avenir par les concerts donnés en Allemagne, en Italie et ailleurs.
En 1886, il assiste à un opéra de son gendre Richard Wagner : " Tristan et Isolde " et meurt d'une crise de pneumonie.
Ginette Flora
Avril 2022





Merci Ginette, j'avais fermé l'ordi et ne te lis que ce matin,
Gros bisous de bonne journée et merci ❤️
Merci Ginette, et joyeux Noël !