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La page du mélomane 34 - L'adagio de Samuel Barber


© aquarelle de Joyce Hicks pixels.com / Pennsylvania idyll


Samuel Barber est un compositeur américain né en  mars 1910 à Westchester en Pennsylvanie et mort en janvier 1981 à Manhattan.

L’adagio pour cordes est l’œuvre la plus connue de Barber. Il s’agit du 2ème mouvement de sa composition « Quatuor pour cordes N°1, opus 11, » créé en 1936 et qui comprend trois mouvements. Le premier mouvement est un molto allegro, le morceau central est l’adagio et le troisième mouvement reprend la tonalité du premier. En cela, Barber s’est inspiré des Géorgiques de Virgile qui dans son poème célèbre la beauté de la nature, des soins à donner à la terre qui nous procure le meilleur des apaisements aux âmes inquiètes. Car  retisser les liens qui unissent les hommes aux végétaux et aux animaux permet de retrouver la paix du cœur.   




Cet adagio est devenu si populaire que Barber dit lui-même qu’on le stigmatise avec cette œuvre  dont  l’extrême beauté va de pair avec l’extrême tristesse. C’est un requiem sans paroles. C’est une phrase lyrique qui se répète et évolue par un crescendo rappelant la courbe d’un arc avec une élévation comme pour exprimer l’espérance malgré la réelle tristesse de la musique. C’est une pièce musicale où les mots ne parviennent pas à  joindre les notes pour  un accompagnement permettant de traduire une émotion. La ligne mélodique se maintient et s’orne de quelques variations. Ce sont les instruments. violons et altos, contrebasses et violoncelles qui portent toute la richesse de l’impact émotionnel sur les esprits. Car il semblerait que l’émotion de  ce mouvement n°2 est telle que seules les cordes en gardent la primeur. L’adagio est planétaire mais le mystère reste entier. Est-ce une œuvre triste ou recueillie ? Est-ce une méditation ? Le compositeur répond :

 «  Mon but est d’écrire de la bonne musique compréhensible  par tous  plutôt que de m’adresser à un petit nombre de sociétés musicales des grandes villes. »

Adagio  en Italie, signifie « lent, posément ».  C’est le plus lent des quatre principaux degrés d'un mouvement musical. C’est une œuvre intemporelle. C’est une pièce qui traverse les âges, approfondit l’humain, révèle la quintessence d’un esprit inquiet mais tournée vers l’espérance.  

En 1967, Barber fait un arrangement de son adagio avec un chœur. La composition prend la forme d’un Agnus Dei qui est une composition chorale en un mouvement de Samuel Barber, son propre arrangement de son adagio pour cordes.

 



Les reprises dans les différents arts scéniques et musicaux


 Samuel Barber a composé bien d’autres pièces comme la sonate pour violoncelle et piano et trois essais pour orchestre qui sont de courtes pièces symphoniques mais pour ceux qui ont entendu une fois, ne serait ce qu’une seule fois, c’est l’adagio pour cordes qui est resté dans toutes les mémoires au point que les arts visuels se réapproprient l’adagio de Barber et l’intègrent dans des films, des séries télévisées, des jeux vidéos. C’est surtout aux commémorations et aux funérailles de personnalités  que l’adagio se fait entendre avec une lenteur prégnante. Et durant ces moments de recueillement,  l’adagio livre des accents spirituels qui n’échappent pas à ceux qui restent.

Ce fut ainsi aux funérailles de Franklin Delano Roosevelt en 1945, de John F. Kennedy en 1963, de Grâce Kelly en 1982, du prince Rainier III de Monaco en 2005, du roi Baudouin de Belgique en 1993 et de l’homme politique canadien Jack Layton en 2011.

Les crimes commis contre l’humanité comme les attentats du 11 novembre 2001 et celui de Charlie hebdo en 2015 ont également été commémorés dans un silence quasi religieux pendant que la musique de Barber s’élevait pour se figer en une fraction de seconde dans un silence de recueillement.

L’adagio pour cordes de Barber a été repris moult fois,  arrangé en version gabber, trance, violon électrique, guitare électrique, chant grégorien, chœur de chambre, rock progressif, speedcore, rap …

 

Rebondir sur l’adagio


 Il n’est pas vain d’écouter aussi les adagios composés par d’autres musiciens pour mieux saisir les nuances d’un tel mouvement et comment cette lenteur se déplace pour s’élever progressivement jusqu’à nous porter vers une approche de l’infini.

Ce n’est pas seulement un chant triste, c’est indéfinissable, c’est un vif frisson de l’indicible.

Tous les adagios d’autres compositeurs sont  tout aussi porteurs d’émotion et connus par leur pouvoir de  serrement d’âme  à l’état pur.

 

L’adagio d’Albinoni de Remo Giazotto

L’adagio de  la symphonie N°9 de Beethoven

L’adagio de la symphonie N°3 de Bruckner

L’adagio du concerto d’Aranjuez de Joaquin Rodrigo

L’adagio  pour violon de   Johannes Brahms

L’adagio de Maurice Ravel

L’adagio de Jules Massenet

et bien d’autres …


Sites consultés :  Wikipédia,  Radio France, France musique , Reddit-2/classical music

icm-musique .fr

Références : article de Claude Toon,  le deblocnot

Ginette Flora

Février 2026

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