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Le déchirement du vent



Au bord des berges croupit l’humus de l’herbe

S’enquiert le lys en croisant le pavot rouge

La résine était prête pour quitter la racine

D’où sont venues les mouches quand il a plu ?

Le grain a montré le signe de l’origine

Et danse l’invisible et danse l’impossible


Dans ma main des cailloux roucoulent

Comme des trilles comme des rires d’enfant

Qu’un vent ramène auprès de quelques ruines

Les pas de l’oubli fureteur, le vol d’un serin

Pas plus de visiteurs que ceux qui s’entêtent

Et roulent dans la poussière des mots égarés


S’il y a le ton qui monte dans les branches

Et le basson qui roule pour nourrir sa plainte

Le pain perdu se fait avec le pain rassis

La sauge couchée ramassée est un bouquet

L’envie en moi de l’offrir à ceux qui dorment

Et de m’étendre auprès de ceux qui attendent

Oh ! Que je voudrais leur demander

Qui a voulu me laisser en dehors des dalles


Et cet homme sur la colline

Et cette femme qu’un ciel illumine

Qu’ont-ils pu voir qui se dessine

Sur le visage immobile du monde

Comme une réponse peut-être

Comme un langage qu'ils voient apparaître

Comme un sens caché qu’ils imaginent


Juin 2023

Ginette Flora

11 commentaires


Membre inconnu
24 juin 2023

Je suis triste parce que je ne sais pas faire roucouler les cailloux dans mes mains. Un jour, peut-être...

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Fournier Viviane
Fournier Viviane
23 juin 2023

mais que te dire ? C'est magnifique, fort et presque poignant et tout m'a touchée ...et cette strophe là, je l'adore


" Dans ma main des cailloux roucoulent


Comme des trilles comme des rires d’enfant


Qu’un vent ramène auprès de quelques ruines


Les pas de l’oubli fureteur, le vol d’un serin


Pas plus de visiteurs que ceux qui s’entêtent


Et roulent dans la poussière des mots égarés"

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Merci beaucoup, Viviane.

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Colette Kahn
Colette Kahn
23 juin 2023

Des vers que j'ai relu plusieurs fois car il me semble qu'ils nous offrent plusieurs interprétations...

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Oui, chère Alice .

C'est un cri, cela m'est venu ainsi , je n'ai pas supporté ce cri que j'ai poussé et que des mots ont entendu .

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berliner.randolph
berliner.randolph
23 juin 2023

On sent vibrer sous ces lignes une connaissance du monde et des hommes...Une perception aiguë de la Vie.

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Je ne pensais pas à la connaissance.

Je pensais à la connaissance d'un être vivant .... chose que je trouve impossible , l'inconnu reste toujours inconnu. Pourquoi ?

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Fredoladouleur
Fredoladouleur
23 juin 2023

Encore un poème qui va figurer haut sur ma liste de mes poèmes préférés, Ginette ! ^^

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Merci beaucoup, Fred.

Je suis très touchée par ton commentaire.

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