La Provence peinte par les Dontu
- Ginette Flora Amouma

- il y a 14 heures
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Dernière mise à jour : il y a 7 heures
La famille Dontu
Dans la famille Dontu, on compte Grigore, le père et Arkady, le fils. Et Patricia Dontu, la mère. Tous sont passionnés par la peinture et leur thème de prédilection est la Provence. Les Dontu se lèguent un héritage artistique de père en fils. C’est une famille de peintres, originaire de la Moldavie. La Provence est devenue leur terre d’adoption.
La Moldavie avec sa capitale Chisinau, est un petit territoire enchâssé entre l’Ukraine et la Roumanie. Après des études dans les écoles et les universités de Chisinau, la famille s’installe à Aix en Provence.
Grigore Dontu
« Je ne cherche pas, je trouve »( Pablo Picasso)

© la montagne Sainte Victoire - Grigore Dontu
Il est né en 1965 à Chisinau et se découvre très tôt des aptitudes pour les arts graphiques. En l’an 2000, il intègre l’école des Beaux Arts de Marseille, part à la découverte de la terre nourrie aux couleurs du ciel et de l’herbe tendre qui exhale des senteurs indescriptibles. Il capte le secret des lumières s’allumant sur les flancs des collines et des cimes des oliviers.
Il est présent dans les marchés provençaux et souvent en villégiature dans les garrigues pour peindre les paysages qui le saisissent. C’est en plein air qu’il prend possession de son inspiration.
Peu à peu, il ouvre un atelier et peint les scènes de marché et les villages fondus d’ocre et de crème. Ses dessins sont d’un réalisme teint d’impressionnisme moderne, les couleurs portent l’émotion de l’artiste. C’est en voyant le peintre assis sur son escabeau, le pinceau à la main et penché sur sa toile qu’on reconnaît la valeur de l’œuvre.
C’est la technique de la peinture à l’huile et au couteau qui est à la base du travail des Dontu. Les sujets familiers de la Provence entrent dans le répertoire de Grigore qui ne se lasse pas de peindre la lavande, la borie, la chapelle, le village, les arbres, les oliviers et les amandiers.
Ce sont les éléments d’un éveil perpétuel comme il le dit avec coeur :
L’amandier est le premier arbre à refleurir au sortir de l’hiver. Le retour du printemps nous bouleverse car le printemps fait grandir l’instinct du bonheur qui est de re-vivre.

© l'amandier en fleurs / Grigore Dontu
La douce paix du village entouré de ses arbres, cyprès et platanes qui se revêtent de leurs guipures, le printemps, c’est le sel de la terre, la renaissance qui en fuyant le soupir, pousse un cri de bienheureuse jouissance.

Les rayons du soleil révèlent la lumière dans laquelle avance le jour et jamais le vert émeraude des végétations, herbes et arbres ne tentent de la dissimuler.
Quelle surprise de trouver dans une petite boutique de produits du terroir, des cartes représentant les paysages les plus emblématiques de la Provence et le nom d'un peintre dont je ne savais rien !

© le printemps en Provence/ Grigore Dontu

© le champ de lavande/ Grigore Dontu
avec la borie en pierre qui est la cabane et le refuge des bergers.
Arkady Dontu
Il est guidé par cette citation de Vincent Van Gogh :
« N’oublions pas que les petites émotions sont les grands capitaines de nos vies et qu’à celles-là, nous y obéissons sans le savoir. » ( Van Gogh)
Il est né en 1991 à Chisinau, il est le fils de Grigore Dontu. Entouré, influencé et encouragé par des parents artistes peintres qui lui montrent le chemin de la peinture, il est autodidacte en observant le travail de son père et en l’assistant dès 2009, assimilant ainsi les bases de l’enseignement de l’art pictural.
En 2014, il a 23 ans, il part étudier à la Sorbonne puis s'établit en Provence.


© La chapelle dans champ de lavande Oliviers au pied de la montagne Ste Victoire
Il est davantage frappé par la quiète atmosphère provençale. Le mélange de ses couleurs restitue la secrète chaleur des paysages et l’intense profondeur des émotions qui s’en dégagent. Comme son père, il peint les villages, les bories, les champs de lavande. On dit de son style que c’est une touche d’un impressionnisme provençal car le voyage auquel il nous invite est d’une vitalité qui nous émeut. Une sorte de transfiguration émane de ses tableaux. Fils de parents artistes peintres, cherche-t-il à sublimer le langage des couleurs en révélant le lien qui relie les générations par les racines des végétaux, les armures des arbres et les abris tout de pierre bâtis par des mains calleuses et persévérantes ?
Pour Arkady, les champs de lavande et de coquelicots ont une durée de vie intemporelle. Il cherche la couleur de la mousse qui s'accumule sur les fontaines. Les maisons des villages sur les collines sont habitées par des ondes de spiritualité. Ce sont des villages perchés vers les hauteurs d’un promontoire. C’est tout l’arrière-pays qu’il aime peindre. Autant son père s’attardait sur l’architecture des bâtisses historiques et sur les monuments élevés pour honorer une mémoire, autant le jeune Arkady préfère rendre le velouté du soleil sur le feuillage, la danse lente et mélancolique d’une lueur émotionnelle. Avec Arkady, on entre en poésie avec la Provence.
© Quelques peintures à l’huile d’ Arkady Dontu


© La borie dans champ de lavande Le village provençal
Le bleu royal cobalt qui change la frise mauve en une sombre étole de velours est une nuance qu’Arkady signe de sa création personnelle.
Les tangerines et les tangos langoureux des villages perchés n’ont pas l’apanage de la terre provençale. Si le jour est lumineux, la nuit porte une luminescence patiente qu’on peut percevoir auprès des bories en pierre rude qui reçoivent l’abri éclairé d’une douceur sensuelle.


© A Valensole, la lavande
Au pied de la montagne Sainte Victoire, cyprès et coquelicots
Patricia Dontu
Arkady tiendrait-il de sa mère quand il fait chanter la Provence sous son pinceau ?
Patricia Dontu est née à Chisinau et après des études à l’université pédagogique de Chisinau, elle se lance elle aussi dans les arts plastiques.
Elle cherche l’inspiration dans les émotions et l’instant fugace qu’elle emporte et éternise quand le crépuscule s’attarde sur les vignes. L’instant fragile est son thème de prédilection. Les vibrations de la nature, les reflets sur les branches, le vent sur la toile en train de se réaliser, est le souffle qui apporte à son travail un zeste de recueillement.
Elle s’arrête au point du jour et laisse son pinceau prendre avec douceur la montée des ocres sur les arbres.
Ses tableaux se saisissent des couleurs ocre et pourprées que laisse l’automne en partant rejoindre les sommets des montagnes.
Les vignes s’écroulent sur la pierraille dans des froissements de feuilles corail. Dans le charme d’un automne provençal, l’artiste peintre Patricia perçoit une poussée de tristesse qui en se jouant de la lumière traverse les plaines qui se préparent à la solitude. Il y a tant à faire, tant à quitter !
Après avoir transporté toutes ses dernières parures sur les coteaux, le tableau est un long soupir de feuilles défaites qu’accompagne le ciel devenu plus attentif au sol cuivré de l’automne.
Ainsi le style de Patricia est teinté d’un impressionnisme romantique. En cela, elle répond à la citation de Nicolas Grigorescu, son peintre favori.
« Crée tant que tu ressens - Là où ton élan s’arrête, dépose la palette. L’œuvre sincère vit d’elle-même ; forcée, elle meurt. » ( Nicolas Grigorescu- 1838-1907- peintre roumain)
© les vignes à Sancerre Les vignes en automne


Ginette Flora / Avril 2026




Chère Ginette les couleurs de la Provence t'ont inspiré et ton esprit en est encore envahi. C'est très bien ainsi