top of page

La page du mélomane 38 - Eugen Doga



© magazinz culturius .com / Eugen Doga


Eugen Doga est né en 1937 en Moldavie dans une famille roumaine. Il est mort en juin 2025 en Bessarabie moldave. C’est un compositeur de musique particulièrement apprécié dans sa terre natale. La Moldavie est une petite région enchâssée entre l’Ukraine et la Roumanie et qui fait d’Eugen Doga le chantre de l’âme moldave en le récompensant d’avoir développé l’art musical national. Il chantera toujours son bonheur d’avoir grandi dans un petit village entouré de chênes et de frênes, un lieu qui ouvre son esprit à la beauté de la nature.

 Le compositeur est plus profond dans ses propos quand il déclare :

 « Soyons amoureux de notre propre être qui se déploie grandement – la mère, le père, la maison, le village, la ville, c’est-à-dire le lieu de naissance, le pays, le monde, les bonnes personnes, car le bien doit être chanté, et j’ai essayé toute ma vie de chanter le bien et la beauté, la beauté du monde, de l’être humain, la paix et l’amour. »

 L’art de la composition


 Sa passion pour l’art musical, il l’éprouve très tôt et entame  un parcours de formation dans la capitale de Moldavie, la ville de Chisinau. Il étudie le violoncelle au conservatoire et à l’institut des arts musicaux.

Puis il est engagé comme violoncelliste dans l’orchestre de l’état moldave. Il devient professeur de musique à l’école de musique de la capitale moldave et  travaille ensuite pour le conseil du répertoire du ministère de la culture.

Frappé d’une paralysie de la main, il sait qu’il ne fera pas une carrière de musicien. Il se tourne vers la composition musicale.  Il écrit les musiques de films et de téléfilms, il crée des ballets, il compose des chants.  S’il est prolifique, il est surtout animé par une profonde aspiration à rendre heureux le cœur qui bat. Cet instinct de s’ouvrir au monde qu’il porte en lui est insatiable et le fait toucher à tout, il navigue entre le classique et le contemporain, chansons, mélodies, ballets, romances, tout le fructifie, tout en lui se métamorphose, cantates, poèmes symphoniques, pièces de musique de chambre, musiques de films, bandes originales,  valses … oh les valses !  

Les valses d’Eugen Doga sont inoubliables. Parmi le nombre de valses qu’il a composées, deux valses font le tour de la planète et lui apportent cette notoriété qui le fait sortir de ses frontières moldaves.


 En 1978, il compose la musique du film «  Ma douce et tendre bête » ( connue aussi sous le titre d’ « Un accident de chasse » ). L’arrangement qu’en firent les scénaristes pour les besoins du film « Guerre et Paix » ( d’après le roman de Léon Tolstoï ) ne fut pas du goût d’Eugen Doga.

 C’est une valse considérée par L’Unesco comme l’un des quatre chefs d’œuvre musicaux du XXème siècle.



 

My sweet and  tender beast d’Eugen Doga

 

En 1992, la valse suivante intitulée Gramophone ne tarde pas à rejoindre l’aura médiatique du premier d’autant que Gramophone est mis en scène, joué en concert et en orchestration scénique.

 La valse devient la musique des fêtes commémoratives  et des célébrations nationales.  



Gramophone d’Eugen Doga


Ses mélodies ne s’oublient plus, son nom devient synonyme de motifs musicaux célèbres à tel point que l’on cherche à situer l’artiste qui a composé les plus grandes valses et les plus belles bandes originales de films et de téléfilms.  

 Il contribue également grandement à la musique académique en composant de la musique sacrée, des quatuors à cordes, des pièces pour violon, flûte et piano,  des ballets tels « Lucifer », inspiré du poème de l’acteur roumain Mihai Eminescu et « Venancia ».  Il s’essaie même à l’opéra. Ses requiem restent d’une profonde beauté. 


Le requiem





Le citoyen moldave


Les activités publiques d’Eugen Doga font de lui un habitué des grandes salles de spectacles, des festivals, des fêtes nationales et des manifestations associatives.

Il parraine des foyers, pour jeunes talents, des mouvements pour la reconnaissance de la musique.

En tant que membre de l’académie internationale des arts et de la culture, il contribue au fleurissement de la musique en organisant des concerts de bienfaisance et des conférences. Il préside à de nombreux jurys, de concours et de festivals et ce, jusqu’à la fin de sa vie, le 3 juin 2025.

Sa valse « Gramophone », composée pour un film policier biélorusse est souvent interprétée lors de la remise  de prix  ou de hautes récompenses.

 Son souhait fondamental est de favoriser le rapprochement entre les hommes. Il crée ainsi le " Salon Doga" pour fédérer les talents musicaux.

Le monde musical lui en est reconnaissant et nombre de livres et de documentaires retracent son parcours et louent sa ténacité à faire de la musique un art total qui puise et révèle le meilleur dans la vie de chaque être humain.

 Ginette Flora

 Avril 2026

 

Commentaires


bottom of page