Les Infos des Malles et du Salon G&F - Mai 2026
- Ginette Flora Amouma

- il y a 2 jours
- 6 min de lecture

Né à Naples en mai 1950, c’est un écrivain et poète italien. Il mène une enfance modeste auprès d’une famille qui se bat pour retrouver l’aisance passée de leur première condition ravagée par les guerres.
De cette vie simple mais qui espère se relever, il en garde le souci constant de ne céder en rien à la facilité. Il goûte la beauté de la frugalité, il apprend à voir au delà des apparences.
Mais traqué par une enfance passée aux aguets, il en porte les stigmates jusque dans ses romans et ses poèmes. C’est ainsi qu’il peint avec des mots, la poésie de l’émerveillement. Il explique que l’italien est sa seconde langue, la langue ajoutée car le napolitain est sa langue maternelle, une langue romane qui est la deuxième langue la plus parlée en Italie.
C’est porteur d’un double héritage qu’il fait de sa langue maternelle, celle considérée comme un idiome local, le fer de lance de son œuvre littéraire.
Son père lui transmet l’amour des livres et les trésors de sa bibliothèque. Dès son jeune âge, il aime les livres, en connaît la fragrance car il dort dans une pièce où son lit est placé près des rayonnages. Il entre très tôt dans les méandres de l’écriture. Son père lui explique que la langue italienne nationale est celle de la vie qu’il va devoir mener. Mais si Erri (de son prénom revu et repris d’Enrico ou de Harry) étudie l’italien, c’est en napolitain qu’il s’exprime avec sa mère. Ainsi naît chez l’homme écartelé la problématique de la langue, de l’oral, de l’écrit, du mot à cerner, du mot qui soulève des vécus.
Cette prise de conscience ne le quitte pas.
Ses débuts dans la vie
Il s’engage dans plusieurs métiers, il est embauché dans des firmes. Il milite, il fait de l’humanitaire, il est l’ouvrier solitaire qui pendant plus d’une dizaine d’années essaie de s’établir. Mais un matin de 1982, il s’exile en France et trouve un travail dans un chantier et s'immerge dans la rude vie d’un ouvrier. Il découvre la bible, l’écriture hébraïque, Moïse et les tables de lois. Lui qui a de la foi un concept figé se rend compte qu’une fois encore, l’écriture vient à lui sous une autre forme mais une écriture habitée par une voix.
Chaque matin il lit une page, il s’en imprègne, il traduit, il apprend. Il comprend qu’il a en lui de vastes terres à défricher. C’est dans cet esprit qu’il assouvit sa passion pour l’alpinisme, une autre vocation d’où il ramène des pages lumineuses.
L’œuvre d’un regard personnel
Son œuvre est un cheminement vers les hauteurs célestes d’une foi en l’homme. Il s’accorde pour cela un voyage dans le désert de Moïse quand il découvre les écritures bibliques qui l’accompagneront sa vie durant.
Matin et soir, Il s’attache à lire l’hébreu et à traduire la pensée hébraïque. Il commence ainsi une écriture poétique issue d’une réflexion sur la bible. Il revisite la bible dont l’écriture l’interpelle, une écriture qu’il décrypte pour comprendre l’appel divin. Il n’est pas habité d’une foi pour le divin mais pour poser un questionnement, relever une réflexion, faire quelques pas avec une tournure de pensée qui le trouble : aux origines, il y avait une totale assurance devant toute notion de la divinité, expurgée de toute exigence morale. En lisant les tables de Moïse, l’auteur Erri de Luca se demande si on peut se présenter nu devant Dieu. Telle est la question entre autres questionnements, qui fonde l’écriture poétique de l’auteur. En introduisant les Tables de la loi, Dieu se veut-il un dieu humain ou divin ?
Le voyage poétique de l’écriture privilégie quelques thèmes qui lui tiennent à cœur : l’exil qui est un passage vers une terre, l’enfance dans les ruelles de Naples, la nature prodigue et capable de prodigalités comme de férocités, l’amour auquel on croit mais qui échappe.
« L’écriture est un moment festif, elle me tient compagnie. Elle est la force de l’amour qui permet de résister au monde extérieur. »
En retrouvant quelques ouvrages d’Erri de Luca sur mes étagères, je me suis demandé si vraiment je les avais lus comme l’auteur voudrait qu’on les lise. C’est en relisant les pages de « Et il dit », de « Le jour avant le bonheur », de « En haut à gauche », de « Tu, mio » qu’on comprend que lire c’est trouver le cœur de l’autre, s’en approcher et en l’entendant battre, lui donner la raison d’exister.
« Pour moi écrire n’est pas un travail, c’est une façon d’être en compagnie et de rassembler des absents. » Erri de Luca
La musique traditionnelle hébraïque dans ses chants et ses incantations porte la pensée de tout un peuple exilé traversant un désert pour arriver sur des rives fécondes.
Prokofiev - Ouverture sur des thèmes hébreux

LE SALON MUSICAL
1/ Antonio Vivaldi
L’estro Armonico (ou l’invention harmonique) est l’opus 3 des 12 concertos pour instruments à cordes, violons et basse continue que Vivaldi a composés pour le dédier au prince de Florence, Ferdinand III de Médicis.
Pour continuer à être fidèle au défi que nous avons relevé, ( parvenir à vous présenter les 450 concertos composés par Vivaldi), nous écoutons le RV 550 N°4.
Cette œuvre fait connaître Vivaldi dans toute l’Europe après les 4 saisons.
J.S.Bach en a fait des transcriptions pour clavecin et orgue.
Les concertos sont disposés par groupes de 3 et sont joués sur le mode mineur et majeur.
Le concerto N°4 RV 550 est exécuté en mi mineur pour 4 violons. La musique est conçue comme un dialogue entre les quatre violons qui se répondent et reprennent chaque fois le cours de la mélodie avec une parfaite synchronisation. Les musiciens reprennent les notes de façon structurée ou innovante car chaque instrument garde une certaine liberté pour rebondir sur l’œuvre exécutée.
Stravinski a dit de Vivaldi « qu’il est assommant et pouvait recommencer 600 fois le même concerto. »
C’est oublier de dire que Vivaldi malgré la maîtrise d’un schéma musical et des formules récurrentes, cherche à varier le choix des instruments. Outre le violon, instrument principal, il y a des instruments à vent et des instruments classés à cordes et à percussion comme le piano, le clavecin et l’orgue car pour ces derniers, les sons proviennent de la vibration des cordes et c’est un marteau qui frappe ces cordes.
Au cours d’un concert pour soliste, il laisse le musicien jouer et montrer sa propre virtuosité et son principal vibrato. Vivaldi a remplacé le concerto grosso où les instruments se chargeaient de jouer leur tempo, par une autre forme qu’il a imposée, le vif-lent-vif et l’alternance du jeu des instruments avec le jeu du soliste.
Jaillit ainsi une invention mélodique dont Vivaldi est le seul novateur. Il est capable ainsi d’un peu de fantaisie et d’un grand sens de l’émotion humaine.
Ses mouvements lents restent inoubliables par leur lyrisme qui va jusqu’à se confondre à des airs d’opéra.

2/ Frédéric et sa musique
- Five
- Colors of holy dreams
- Blood stainedskies
- Humans ... we are
- Humans ... we are ( la chanson via IA)

3/ Opéras, comédies musicales et films
Cosmos , un film de Germinal Roaux
Hippolyte et Aricie, un opéra de Jean - Philippe Rameau
4/ La page du mélomane 39
- Encore un peu de Glenn Gould

LE SALON LITTERAIRE

Les compositions créatives de Fred font de cette page d'informations des Malles, une agréable lecture des articles postés par le salon et ses invités.
Le groupe " Le Ginazabethov et Fredolphsky s'est ainsi doté de plusieurs logos.
Les saisons se déclinent également par des messages ponctuels numérisés.
1/ Les poésies

- Les poésies de Marcel Faure
Poète halluciné
Assoiffé d'innocence
Écris l'aube première
………….
Écris l'enfant que tu étais
L'enfant que tu seras
Dans l'homme d'aujourd'hui

- Viviane Fournier
Mots d'hirondelles
"Avec quelques secrets en clarté de muguets
Pour que le blanc soit lisse et sans poussière..."

- Quelques poésies qui viennent à moi et que je prends au fur et à mesure qu'elles se posent, le temps que je les couvre de mes rimes avant qu'elles ne s'envolent dans les lueurs du crépuscule.
- Quelques portraits de poétesses : - Gaspara Stampa
- Nohad Salameh, les racines du mot

2/ Les chroniques
Escapade au Luberon
- L'empire des pierres sèches
- Le canyon du Verdon
- La fontaine moussue
- Le village perché
Escapade à Provins
- La rosa Gallica Officinalis
- Les loups du ciel
- La rose de Provins
La fête de la Holi
Mes nains de jardin, Sir Allan et Sir John
3/ Quelques infos
Bientôt le Salon du Livre " Les plumes du coin " se tiendra le mois prochain le 13 juin sur le parvis de la librairie "Liragif " de Gif sur Yvette. J'ai été invitée à présenter mes récents ouvrages dans l'après-midi de 14h à 18h.

LA PAGE PICTURALE

Les peintures de Babeth Louisa : ses paysages, ses fleurs, les ciels bleus de sa passion pour la peinture ...
Chronique sur une femme peintre : Marianne North
LA PAGE DES AUTEURS


Les chroniques de Colette Alice
A ce jour, notre exploratrice totalise plus d'une trentaine de récits où la place de la femme dans la société est étudiée avec empathie et rigueur.
Nous lui souhaitons de continuer à nous surprendre par les portraits stupéfiants de femmes volontaires et talentueuses. Des talents cachés, voici les sujets qui lui tiennent à coeur.
Les Malles d'Amouma

Mai 2026



Merci, Ginette ....❤️ Superbe travail que tu nous offres ...