Les loups du ciel
- Ginette Flora Amouma

- il y a 20 heures
- 3 min de lecture

C’est un théâtre à ciel ouvert entouré des remparts de la ville de Provins. C’est du haut des tourelles et des crénelés que commence le spectacle des rapaces en pleine concentration de leurs numéros de haute voltige.
On les appelle les loups du ciel car ils semblent passer les remparts, surgissant de l’infini ils traversent le ciel pour répondre au seul appel de fauconnier qui présente une main gantée retenant un morceau de nourriture.
Les rapaces fondent dans l’arène où sont disposés des bancs de bois en rangs semi-circulaires où sont montées des plateformes munies de marche, une structure d’élévation propice au ballet des vautours.


Les cavaliers des steppes Le fauconnier
Le spectacle mené par les fauconniers en costumes d’époque raconte une histoire d’amitié entre des fauconniers, des chevaux et des rapaces au temps des seigneurs du Moyen âge dont c’était la distraction favorite. On connaît les tournois des chevaliers. On ne parle pas assez de ces ballets aériens quand les buses et les milans ouvrent les pistes du ciel.
Les numéros se succèdent, la vitesse de vol se conjugue à l’acuité du regard, un soin parfaitement calculé pour d’un coup d’ailes mesurer l’espace qui les sépare de l’appât jeté en l’air et ainsi foncer et l’attraper en plein vol.
Le seigneur raconte son retour des terres lointaines, ses rencontres avec les sultans et leur goût pour l’art de conjuguer plaisir de vivre et mener bataille contre un ennemi toujours viscéralement terré aux portes de leur territoire.
L’art de la fauconnerie c’est aussi l’art de savoir canaliser une force supérieure en sachant dompter les aptitudes de chaque espèce. Les fauconniers révèlent cet art de la coexistence avec des rapaces qui ne sont pas seulement des hiboux ou des chouettes mais sont des rapaces d’une envergure imposante. C’est le monde des pygargues, des faucons et des vautours.
De ces rencontres est né l’art ancien de la fauconnerie rapporté des steppes de l’Asie centrale, des déserts du Proche-Orient par les fauconniers qui ont transmis le message reçu.
Un appel lancé par la belle dame et le tableau change.
Nous sommes dans les forêts où mages et esprits des bois se côtoient. Une proie se faufile entre le cheval et les spectateurs effarés qui tressaillent mais en une fraction de seconde, le rapace fait un piqué, s’empare de l’appât et s’éloigne.
La mise en scène varie par la fréquence de plusieurs tableaux où costumes et accessoires ravissent les spectateurs. Les intervenants font des tours de piste pour présenter les oiseaux par ordre de taille et de puissance.
On sent que le ressenti change, le ciel lui-même se fige quand les vautours entrent en scène. Ils sont menés du haut des plateformes et lancés à tour de rôle. Trois vautours font un ballet impressionnant en rasant les têtes ébahies des visiteurs. Si ce sont les loups du ciel, ils sont aussi appelés les géants du ciel par la dimension de leur envergure qui fait plus de 2,70 m, ailes déployées.


Le vautour attend sur la rampe Il s'envole ensuite.
Du haut des remparts, le fauconnier lance un appel, la dame des volières lève le bras et lâche son vautour qui dans un entrechat exécuté avec une maîtrise absolue de l’espace traverse l’arène et rejoint sur la tour le maître qui le récompense aussitôt tandis qu’un autre vautour lâché après lui vient se percher sur la rampe, offrant l’affolant spectacle d’un rapace en pleine maturité physique. Les ronds de danse alternent avec de prodigieux lancés suivis d’atterrissages contrôlés ave une grâce stupéfiante.


Un autre arrive et va se percher sur la rampe L'autre, après son ballet, revient.
A la fin du spectacle, les rapaces sont présentés aux visiteurs et ramenés dans leur volière.


Un vautour fauve, un géant du ciel. Son maître le complimente sur sa prestation.
Le pygargue à queue blanche
Le pygargue à queue blanche est très attaché au Jura et aux lacs de Champagne. Il se nourrit de poissons, c'est une espèce protégée.
L'art de la fauconnerie est pratiquée depuis plus de 4000 ans. C'est une tradition qui respecte la nature et livre un enseignement sur la vie des rapaces.
Les loups du ciel offrent un ballet aérien en vol libre et le spectacle des remparts de Provins nous apprennent sur l'agilité des buses et des milans, sur les aigles, sur la rapidité des faucons et sur le vol silencieux des chouettes et les hiboux. Les vautours, eux, laissent planer le secret de leur vol qui impressionne.
Une volière abrite tous ces oiseaux qui sont protégés et sauvegardés à l'état sauvage.
Ginette Flora

Mai 2026



Magnifique ... "les loups du ciel " mais que c'est beau ! Merci ma Ginette, encore une envolée superbe avec toi ! ❤️ (viviane)
Un nouveau voyage dans le temps et l'espace. Merci Ginette pour toutes ces découvertes
Chère Ginette, ton article a rappelé à mon bon souvenir, les spectacles aériens du zoo de Beauval. Là aussi, l'art de la fauconnerie y est sublimé par une maîtrise exceptionnelle ! La beauté réside non seulement dans la diversité impressionnante des espèces qui évoluent simultanément dans le ciel, mais aussi dans la manière dont elles le font sans jamais se télescoper ! Des instants magiques qu'on ne saurait oublier... Merci pour ce joli témoignage, Chère Ginette et une belle journée à toi ! ^^