Les escales sylvestres- Le figuier des pagodes, l'arasa maram
- Ginette Flora Amouma

- il y a 14 heures
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© photos personnelles
L’arbre peepal, l’ashwattha, l’arbre sacré
C’est un arbre qui fait partie de la famille des figuiers, principalement du ficus religiosa, d’où son nom le figuier des pagodes car il est vénéré par les divers membres des communautés religieuses du sous-continent indien.
L’arbre est sacré pour les bouddhistes comme pour les hindouistes, leurs mythes font de l’arbre, l’élément principal autour duquel se sont développées les grandes religions de l’espace asiatique.
C’est autour de cet arbre que se sont érigés autels et pagodes, temples et sanctuaires. L’arbre est réputé pour avoir accueilli Bouddha en phase d’illumination tandis que les dieux de la triade hindouiste auraient passé leur jeune âge à jouer autour de lui et grandir ainsi sous son auguste ombrage.
Pour les hindouistes, l’arbre est la manifestation du sacré dans sa dimension cosmique car il cumule les symboles de la vie et de l’univers. La mythologie a développé un culte au figuier lui attribuant des pouvoirs magiques. Des démons nommés Peepal et Ashwatta qui y vivaient ont été neutralisés grâce aux coups portés par un lord.
Un autre légende raconte que la déesse Lakshmi l’a désigné comme étant sa résidence. Elle était visitée par les femmes qui venaient l’exhorter à exaucer leurs vœux.
C’est devenu la maison des ancêtres, leurs âmes résidant dans l’arbre selon les croyances populaires d’où la présence de l’arbre dans les lieux de culte.
Une étude botanique sur les bienfaits des feuillus indique que l’arbre sacré libère de l’oxygène pendant la nuit et serait bénéfique à l’environnement, tout en tuant les bactéries.
Outre ses bienfaits pharmaceutiques, elle libère une musique alors que le vent passe entre les feuilles et produit un bruissement qui rappelle celui libéré par l’instrument de la vinay à tel point que les agents toxiques disparaissent.
Tous les mythes se sont créés sous les diverses ondulations du feuillage et auprès de l’imposante silhouette de l’arbre aux diverses espèces.
L’arbre et son port de tête
L’arbre adopte une croissance particulière. Ses branches s’étendent et poussent à l’horizontale. Il a plusieurs appellations selon qu’il est assimilé au dialecte local.
C’est une espèce qui pousse à l’état sauvage, son tronc peut atteindre trois mètres de diamètre et il peut s’élever jusqu’à 30 m de hauteur. L’arbre peut couvrir de sa ramure tout un bâtiment, formant comme un dôme au-dessus des toits d’une bâtisse. Il y a plusieurs espèces de figuiers.
Il y a les arbres dont les racines sont aériennes et ceux dont les racines peuvent étouffer celles des autres arbres. D’autres espèces s’accrochent sur un autre arbre et se mettent à grandir et évoluer au-dessus de lui.


© arbre sur arbre
Le figuier des pagodes est comme une cathédrale de voûtes abritant des autels de dévotion, des tables de prières. Une famille entière peut s’abriter sous l’étalement de son feuillage. C’est pourquoi, il est surtout planté près des monastères et symbolise la régénérescence de la nature qui donne à l’humain l’énergie de la sève constructrice.
L’arbre est si ample que des arbres comme le neem et le margousier peuvent aussi venir se relier à lui pour prospérer.
Un palmier croissant au milieu du tronc s'est déjà vu également et l'enlacement du feuillage du figuier avec les palmes du palmier est un extraordinaire tableau de la nature.
Ses vertus thérapeutiques et curatives
Comme nombre d’espèces végétales, chaque partie de son port de tête est utilisée dans la pharmacopée usuelle pour traiter les maladies et les infections.
Dans les collines où l’exploitation forestière connaît un plein essor, un concept circule de façon spontanée. Les arbres qui poussent librement sans l’orientation et l’aménagement donné par les humains, sont laissés à leur état sauvage car ils prennent une dimension spirituelle et accompagnent le travail de l’humain en se portant comme la souche fondatrice de l’humanité car elle incarne la vie.


© arbre sur arbre
Que les branches soient des racines pendantes ou que d’autres racines s’enfoncent à même le tronc d’un arbre pour grandir avec lui, ce sont les tentatives de la vie de montrer sa diversité.
Ginette Flora
Mars 2026



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