Le voyage de l'automne
Il est venu me le dire tout bas qu’il part
Doucement sans alarme
Car la lumière qui baisse
Montre un chemin plus calme
Les bras vidés de leur sève n’ont pas bougé
Ni changé leur rude écorce
Les feuilles sont rouges d’un savoir
Qu’elles enflamment c’est leur tour
Elles iront rouler sur le sable
C’est le feu dérobé qui a couvé longtemps
Le cri d’une vestale qui a existé
Elle est revenue sur ses pas
Rejouer le bruit qui craque le bruit sec
D’un lamento qui s’en va
C’est le cuivre qui va toucher la nuit profonde
Sans tristesse mais avec une caresse
Qu’on voit chavirer dans le ciel qui s’incline
Si bas est le temps qui s'enfuit
Quelle est cette mort qui ne donne aucune frayeur
Qui pose avec lenteur ses coupoles d’or
Quand l’automne sans se soucier du monde
Garde sa main sur mon épaule

Ginette Flora
Octobre 2026




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