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L'homme de la Mancha, une comédie musicale

il y a 20 heures
4 min de lecture

© adobestock-europosters.fr- moulin à vent


C’est une comédie musicale américaine, inspirée du roman de Miguel de Cervantes, paru en 1605 à Madrid  sous le titre de Don Quichotte de la Mancha. Jacques Brel en fait une adaptation française et en interprète le premier rôle. Le chant « La quête », donne au spectacle sa raison d’être et sa justification. Ensuite, la comédie est reprise par un autre producteur qui demande à José van Dam de reprendre le rôle de Don Quichotte.

A partir des années 2000, la comédie musicale est reprise par d’autres producteurs.

Reprises et interprétations revisitées n’ont pas fait perdre une once de pertinence devant cette posture de la conscience humaine qui oppose à la réalité rugueuse un déni farouche pour se complaire dans l’imaginaire au point de frôler la folie.

Il y a un peu de don quichottisme dans les méandres de notre inconscient.

De nos jours encore, « L’homme de la Mancha » garde sa part d’étonnement qui conduit à l’interrogation. La pièce s’occupe de traiter un sujet qui est une posture humaine. Don Quichotte s’échappe dans le rêve pour éviter de confronter la réalité rugueuse. Nourri de lectures de chevalerie, le personnage croit pouvoir donner suite à ses rêves idéalistes de paix et de justice.  L’illusion, l’imaginaire, la recherche d’un idéal conforme à ses désirs vont l’entraîner fort loin au point de s’attaquer à des moulins à vent qui pour lui sont des géants.

L’homme de la Mancha traverse radicalement la frontière qui sépare le réel de l’illusoire et fait vivre, l’espace d’un spectacle et d’un chant « la quête », ce que l’esprit est capable d’imaginer.

 

 1 / 1965 : Don Quichotte de la Mancha


A l’Opéra House à East Haddam, dans le Connecticut., au Nord-Est des Etats-Unis, la pièce fait un tabac. L’une des chansons, the impossible dream (the quest) remporte un vif succès.

C’est une histoire dans une histoire, une mise en abyme.

Cervantès, arrêté par l’Inquisition, est incarcéré car il est poète et ses propos ne plaisent pas. Cervantes fait la connaissance de ses codétenus qui le dépouillent et en veulent à ses affaires mais Cervantes ne leur cède pas un carnet où il écrit ses textes. Pour prix de leur clémence, il offre à ses compagnons d’infortune, un spectacle où il imagine un personnage rempli d’illusions qui croit pouvoir changer le monde en bien, en beau et en bon.  Ce sont les aventures de ce personnage désireux de combattre le mal, qui va permettre aux codétenus de Cervantes de rêver à un monde meilleur.

 « Je poursuis la quête d’un rêve »

Le personnage de Cervantes meurt à la fin du récit, entouré de ses compagnons.

L’auteur Cervantes est reconduit par l’Inquisition et les autres détenus restent sur ce que le personnage a laissé : un impossible rêve.

La Mancha est une région de l’Espagne.


2/ 1968 : L’homme de la Mancha, l’adaptation française de Jacques Brel.


Le chanteur et comédien a un coup de foudre pour la pièce dès qu’il assiste à une représentation. Il se trouve des points communs avec le personnage et veut l’incarner. Il sera le Don Quichotte français. Il donne ainsi une page de rêverie avec son écuyer Sancho Pança et Dulcinée, celle qui hante ses rêves.

Jacques Brel adapte le récit, traduit la pièce et incarne le rôle du personnage qui dit-il, lui ressemble. Il immortalise la chanson la quête ainsi que les personnages sans oublier la jument Rossinante.





Dans cette adaptation, on voit l’auteur Cervantes en train d’écrire son œuvre.

Ce fut un succès. Le spectacle est présenté plus d’une centaine de fois mais Brel, usé, fatigué par l’épreuve, est souffrant. Le spectacle s’arrête en mai 1969.


Les paroles de la quête

Interprété par Jacques Brel

Le chant qui aura à lui seul fait un parcours atypique.




 3/ 1972, l’homme de la Manche (avec un « e »)

C’est un film musical réalisé sous le titre de l’homme de la Manche avec pour comédiens Peter O’Toole , Sophia Loren et James Coco.

 

4/ 1986, l’œuvre est repris par Jean Piat et Jeane Manson et Richard Taxy.

La pièce a été reprise à la maison de culture à Nantes et en 1988 au théâtre Marigny.


 5/ 1998, l’homme de la Mancha avec José van Dam.


Le directeur de l’opéra Royal de Wallonie à Liège en Belgique demande au chanteur d’opéra, le baryton basse José van Dam de reprendre le rôle.

Le spectacle repart de plus belle et obtient un franc succès à tel point qu’il est repris en 1999 avec la même distribution.




 

Les interprétations suivantes.


En France, elle a été reprise en 2010 au théâtre du Capitole à Toulouse et en 2012, au théâtre des Variétés à Paris.

En 2018, un film a également été produit.

En 2021, elle a été représentée au théâtre du Chatelet à Paris. 

C’est une comédie musicale qui suscite toujours une foule d’émotions.

Au premier abord, on peut être dérouté par des séquences extravagantes mais on comprend vite que le rêve est une folie et que la folie a besoin de tout prendre pour tout transformer.

Le désir de lutter contre le mal en espérant toujours que le bien triomphera et qui est le thème placé au centre de la comédie, apparaît comme une tâche illusoire. Le postulat que l’auteur a voulu donner est cette force de l’incongruité pour mieux mener le sujet de la quête, de la vaine recherche, du désir impossible qui se brise en chemin.

Le bien est au centre de la comédie et atteint son paroxysme quand on le voit se fracasser sur l’espoir, l’illusion et toutes les variantes de la quête.

Le chant « the impossible dream » est intemporel. Ne sommes-nous pas toujours en train de nous démener pour poursuivre cette quête ?

Le chevalier est déjà très présent dans la culture médiévale. C’est un thème omniprésent dans la culture européenne. Si l’un recherche le Graal, il y a un autre mythe récurrent qui fait de l’impossible rêve, une finalité existentielle.

Les adaptations cinématographiques ont dû trouver un levier pour crédibiliser la mise en abyme.

D’autre part, le mélange des genres, burlesque, dramatique, passionnel et tragique, qui bascule du réel à l’onirique, a beaucoup donné du fil à retordre aux scénaristes.

Au final, il nous reste cette  interprétation émouvante de Jacques Brel qui apporte un réalisme sidérant à la cause de l’impossible dream. 

 

la mort Dulcinea- le final





Ginette Flora

septembre 2026

5 commentaires


Nicole Loth
Nicole Loth
il y a une heure

J'adore L' homme de la Mancha interprèté par le grand Jacques Brel. De même par José van Dame. Merci très chère Ginette pour cette superbe mise en page ! Amitiés sincères vers toi.

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viviane parseghian
il y a 4 heures

oh ma Ginette, je l'ai vu ce Don Quichotte et tu m'offres le plaisir de retisser la mémoire ...Merci de ce cadeau ... magnifique ! ❤️

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ginette
il y a 4 heures
En réponse à

Cela me fait un réel bonheur de savoir que tu l'as vu et que tu as apprécié ce délire émotionnel ! Seul Brel pouvait l'interpréter de cette façon !

Et j'adore la voix lyrique de José van Dam qui fait entrer la pièce dans le grand répertoire classique de la musique.

😊🐎😊🐴

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Alice
il y a 10 heures

Un magnifique cadeau que tu nous fais là, chère Ginette : j'ai été bouleversée en découvrant un Jacques Brel, déja si faible, en Don Quichotte 💓 Belle journée 🌞🌞 !

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ginette
il y a 9 heures
En réponse à

C'est un rôle qui lui a permis d'extérioriser tout ce qui brûlait en lui.

Son âme habitée par une flamme incandescente, a trouvé là le terrain où se manifester !!

Belle journée à toi aussi, chère Alice.

😊🌞🏇

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