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La page de Babeth Louisa - Au loin le village



C’est un petit village blotti dans mes pensées. Aux toits de rouge brunissant sous ma cornée quand je tourne les pages d’un livre abandonné sous les feuillus que j’écarte sans en être effrayée.

Des maisons embrassées autour d’un clocher se taisent. Les murailles des cyprès comme un barrage sont aux aguets. On ne force pas l’entrée, on libère le passage des années pour capturer le voyage délaissé.






Je ne voyais pas la ferme douceur des flancs de la montagne ni la fièvre des corps et des étés suffocants quand je musardais sous le ciel embrasé et que le genêt sauvage me servait d’oriflamme entre mes lèvres sifflotant une bohème.

Mes compagnons de balade me dirigeaient vers le lac des méandres où s’arrête le jour. Avais-je réalisé qu’ils portaient à l’épaule  une gibecière où finissait chacune de nos paroles ?

Les cyprès pensent aux absents en les nourrissant des grains que j’avais moi-même perdus. Les pins parasols s’élancent jusqu’à l’horizon, ne se souciant pas des cris que poussent leurs racines.




Un petit torrent traverse le refuge et passe devant la simple maison en pierre. C’est déjà le couchant et les murs sont restés dans la souvenance.

 J’entends encore le bruit de l’eau qui m’interpelle…



Peintures de Babeth Louisa

Textes de Ginette Flora

Avril 2026



2 commentaires


viviane parseghian
il y a 5 heures

Magie totale comme toujours ... on entre et on ne veut pas s'en aller ...Merci en grand à vous deux, Magiciennes ❤️

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Invité
il y a 4 heures
En réponse à

Merci beaucoup, Viviane.

Tu es si pétillante dans tes commentaires qu'on en est chaque fois éclaboussé par ta joie de nous lire.

Tu sais , çà, c'est précieux !

🌷💐🌸🌞

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