Joyce Hicks ou le coeur en balade
- Ginette Flora Amouma

- il y a 24 heures
- 3 min de lecture
C’est une artiste peintre américaine originaire de Peachtree City en Géorgie aux Etats-Unis. C’est une artiste autodidacte qui aime peindre les paysages, les fermes isolées aux portillons grinçants, les maisons côtières et le monde végétal. Fleurs et arbres lui donnent matière à créer une atmosphère. Entre aquarelles et peintures à l’huile, elle retient l’instant qui passe entre ombre et lumière.
Elle a remporté de nombreux prix, participé à des expositions, dirigé des conférences et donné des cours de peinture. Cet enseignement, elle le consigne dans des ouvrages d’art.
Elle confie :
« Je veux peindre des scènes d’une grandeur humble qui seront sincères …C’est le partage d’une joie pour toutes les offrandes et les bénédictions que donne la nature… »
Car son propos est de peindre des scènes de vie qui touchent les sens, des paysages qui nous rappellent des émotions ou des sentiers sylvestres qui invitent à des balades.
Le tableau des « Trembles » est l’exemple du subtil passage d’une émotion que la lumière diffuse dans le sentier où les arbres font entendre leur bruissement.


Paysages des trembles © joycehicks art Le thème des fermes et du végétal
C’est en contemplant ce tableau qu’on comprend ce que Joyce affirme :
« Je réinterprète ma vision. Ma peinture ne rend pas tout le réel. Je restitue une vision personnelle du monde. La vieille maison négligée, je la transfigure sous la lumière du soleil. Si une rose est fanée, je peins une floraison de roses. A travers les roses fanées, c’est la joie de savoir qu’elles ont existé que je peins. La beauté est simple et discrète. »
Le thème floral est vivement saisi, entre roses et ecchymoses de l’âme, l’artiste va jusqu’à transformer la couleur pour lui trouver des teintes recréées par l’ajout d’une nuance à laquelle on ne s’attend pas. Elle ose poser l’or dans le bleu. C’est l’expérience des mélanges de nuances pour exprimer l’émerveillement d’un regard qui ne veut rien écarter.
Le thème des maisons vieillies par l’âge mais magnifiées par le pinceau de Joyce est révélateur de l’alchimie qui s’opère. L’artiste peintre pose sur les murs la touche de glacis qui fait remonter un souvenir.

© joycehicks pixes.com

Le choix des couleurs
C’est en jouant sur le contraste des couleurs que le pinceau mélange et restitue sur un détail que l’épaisseur qu’on obtient change une lumière ou une ombre. Ce sont des variations, une sorte de musique picturale, technique que les peintres une fois assimilée, utilisent avec confiance. Le mélange ou la juxtaposition de deux extrêmes traduit une émotion, libère un souvenir.
Son livre « Painting beautiful watercolors landscapes : how to transform ordinary places into extraordinary scenes » ( 2014, North light books ) est une compilation des cours de peinture qu'elle donne au sein des ateliers qu'elle anime.
Elle nous parle de quelques techniques simples. Après le dessin des contours au crayon, elle use de la technique du blocage des zones, du foncé au clair puis elle délimite la place des détails ajoutés.


©- joycehicks - ombres de l'après-midi
Pour les couleurs, la prédominance de trois couleurs et leur récurrence dans ses tableaux témoignent du choix qu’elle s’est fixé : ne laisser ni le gris ni le noir faire sombrer son tableau.
Dans le bleu manganèse, elle aime ajouter du rose permanent pour créer l’illusion d’une ombre. Dans le vert, elle ajoute de la terre de sienne brûlée. La nature s’éveille alors doucement, elle passe de la timide existence à un éveil vaporeux : le sentier est blanc de clarté, les vielles pierres des murs livrent quelques lueurs où le vertige du somnambule est passé.
S'il n'y a pas de noir ni de gris, on peut constater que l’expression de la capture d’un instant et du désir de l’éterniser passe par une triade de couleurs phare : le bleu manganèse, le rose permanent et le vert feuillage.
Une autre technique est de mélanger le bleu manganèse et l’or quinquina en peignant progressivement pour obtenir « une flaque évolutive ».
La dernière touche d’une œuvre est d’ajouter des reflets clairs ou foncés avec un pinceau fin ou un outil à gratter.
Mais tout est dans la main du peintre qui dépasse les techniques car une fois maîtrisées, elles ne deviennent plus que la matière que le peintre va sublimer en y apportant l’empreinte de ses sens. A l’instar d’une composition musicale quand on croit que le musicien crée son œuvre par un simple toucher sur les notes, le peintre libère son tableau, lui donne une présence qui va instruire et toucher notre sensibilité.

« Ces roses se développant sur une pergola est une ancienne aquarelle, dit Joyce Hicks
Elle est devenue une reproduction populaire. »
Ginette Flora
Mars 2026



Magnifique ..merci ... je reviens doucement mais suis pas en avance ...désolée et bises et douce semaine à vous ❤️