Au coeur de nos terres
- Ginette Flora Amouma

- 5 mars
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 mars

© canal+- Au coeur de nos terres
Ce n'est pas un film, c'est un téléfilm réalisé par Didier le Pêcheur et diffusé le 4 mars 2026 sur France 2. Le récit relève un fait de société et lui donne un éclairage particulier en procédant par l’exposition d’un thème, les conséquences qui affectent la vie alentour et les efforts des protagonistes pour lui trouver une solution.
Des thèmes labourent les séquences du monde du terroir. Ce n’est plus le monde des paysans, c’est le monde de l’agriculture. Ce n’est plus l’homme et la bête, c’est aussi la volonté des femmes de mettre la main à la pâte.
Synopsis
Christiane a perdu son conjoint et se retrouve à gérer son exploitation agricole. Elle est lucide. Elle a envoyé sa fille Laure en ville trouver sa place hors des champs pour qu’elle ne vive pas le quotidien des agriculteurs. Son fils Julien a épousé la fille d’un des exploitants du village. Adeline ne verra jamais la fin du jour tant les jours ne servent qu’aux tâches ménagères, agricoles et administratives à tel point que la naissance de sa fille Jeanne, la rend plus aigrie et plus fataliste quand elle s’aperçoit que la tâche est plus ardue qu’elle ne l’avait crue.
L’enfant grandit en refaisant les gestes de sa grand-mère, de sa mère, de son père, ouvrier agricole. Mais Jeanne respire un autre air, celui des projets, de la reconstruction, des perspectives offertes par la seule volonté de s'unir pour réduire au mieux les difficultés. En un mot, changer les mentalités et revoir la place donnée aux hommes et aux femmes.
Elle refuse de croire que la vie paysanne est un enfer et au grand dam de sa mère et de sa grand-mère, elle demande à continuer à perpétuer l’exploitation des terres familiales et de prendre la relève.
Avec l’aide de sa tante qui avait été éloignée par la mère pour qu’elle ne vive pas la vie d’une agricultrice, elle parvient à convaincre son monde que c’est conjointement qu’hommes et femmes doivent se donner la chance de résoudre leurs problèmes.
Les thèmes abordés

Le thème principal est celui du monde de l’agriculture grevé par de lourds enjeux économiques. Dans ce climat déjà bien problématique, des esprits cupides profitent de la détresse des agriculteurs pour leur promettre un monde meilleur. Céder leurs terres, recevoir un dédommagement, travailler sans soucis ni charges complexes. Mais en réalité, les affairistes véreux cherchent à imposer leurs propres méthodes de développement d’une filière industrieuse qui au final déshéritent totalement de leurs biens des exploitants dont la seule richesse familiale se trouve être leurs champs.
A travers un combat pour sauvegarder des terres reçues en héritage et restées depuis des générations dans une même famille, le thème de la transmission est analysé pour lui donner un sens prioritaire. La transmission n’est plus vue comme une épreuve à traverser et un choix à soupeser. Abandonner, se résigner ? Elle est racontée avec la force des énergies qui donnent à la terre une signification et le combat devient l’œuvre d’une vie. Ce n’est plus la peur de la terre, c’est un amour à satisfaire.
Et trois femmes s’acharnent à faire vivre leurs terres au prix de drames et de ressentiment. C’est le thème de la femme dans le monde paysan qui est mis à jour. Leurs espérances, leur travail et le sens qu’elles donnent à leur identité devient le moteur du film.
« Je ne veux pas être femme de paysan mais je suis la femme dans le monde paysan. »
Ces trois thèmes s’imbriquent et se consolident, des nœuds se détachent puis se resserrent pour s’attacher à montrer que le véritable sujet est celui de l’intelligence, de redonner aux vieux modèles aveuglément repris, un polissage et une dynamique qui réconcilient les trois mondes, celui des anciens, celui de la génération qui a combattu et celui de la nouvelle qui fait des labourages et des pâturages, un chant de grâce.
L’ancêtre, celui qui a tout d’abord pris possession des terres, observe avec curiosité du haut de son repaire bleu, comment « la femme invisible » a pu sortir de son état frustrant pour convoler en justes noces avec le monde paysan d’aujourd’hui.
Les paysages et les visages

© francetv.com – au cœur de nos terres
Le téléfilm est mené avec sobriété dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et si les terres prennent vie, c’est au contact des animaux, des labeurs et des végétaux.
En racontant le malheur qui se dépeint sur les visages en détresse, les épaules voûtées, les membres brisés, le film suit le combat d’une exploitation usée par les coups du sort, son lot de malheur. C’est le malheur qui lentement enlise les personnages. Le quotidien est montré dans sa plus extrême simplicité. Cette absence d‘ornementation superflue s’installe dans une composition réaliste qui ne laisse pas de place au rêve. Le contraste est net : si le rêve pourrait être l’évasion, ici le rêve colle à l’exposition sans fard d’une machination déjouée.
Une petite affaire de polar dans un grand champ de genêts !
Ginette Flora
Mars 2026



Un téléfilm qui met en lumière certaines problématiques du monde agricole et par extension, nous rappelle combien est préoccupante l'actualité de l'Agriculture en France ! L'Amour n'est décidément plus dans le pré ces temps-ci ! Merci à toi, Chère Ginette ! ^^