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Sur les chemins de Compostelle


© livingtours.com- chemins de Compostelle


Il s’agit d’aller à pied, à vélo ou en groupe, d’une ville signataire de l’événement jusqu’à la ville de St Jacques de Compostelle, située dans le nord-ouest de la Galice en Espagne. Plusieurs itinéraires balisés conduisent au tombeau de l’apôtre St Jacques dans la crypte de la cathédrale de St Jacques de Compostelle   mais tous ne partent pas de la même  ville ni du même pays. Le chemin peut partir des pays de l’Europe, d’Angleterre, de Suède, du pays basque, d’Allemagne, de Suisse, d’Italie…


En France, plusieurs villes encadrent le pèlerinage en intégrant toute la richesse culturelle qui entoure ce culte qui remonte au Moyen-âge, à l’époque où un ermite Pélage affirme avoir été guidé par une pluie d’étoiles vers un lieu présentant un tumulus. Après en avoir alerté son évêché, il eut la surprise de voir que les fouilles commencées ont dégagé du tumulus funéraire trois tombeaux contenant les ossements de l’apôtre St Jacques et ceux de ses deux disciples. L’apôtre St Jacques est le premier apôtre du Christ. Pêcheur dans les eaux du lac de Tibériade,  il aurait continué à donner vie à la parole du Christ,  ce qui déplut aux grands prêtres.  Il fut décapité sur ordre d’Hérode, roi de Judée,  et son corps fut posé sur un rafiot qui dériva et arriva jusqu’aux côtes de la Galice où il aurait échoué. Le nom de Compostelle évoque cet épisode, Compostelle pouvant signifier un champ d’étoiles ou un cimetière. A cet emplacement fut bâtie une église dédiée à St Jacques qui fut enterré dans une crypte de la cathédrale. Certes, des exégèses se sont attelées à chercher les fondements rationnels de l’histoire qui par delà les siècles s’est adaptée aux différentes nuances qu’a pris la notion de  pèlerinage.

Ceux qui ont emprunté  ce chemin le disent eux-mêmes  Ils rentrent non pas changés mais heureux d’avoir pris le temps de savoir ce que c’est que de se connecter avec soi-même. La marche régulière et longue porte dans sa coquille  des bienfaits insoupçonnés.


Le culte est né par le désir des pèlerins, les jacquets, de partir sur les sentiers  frustes, couverts d’herbe rebelle et de sable qui s’incruste, à l’écart des constructions, pour chercher dans la marche une respiration nouvelle, pour s’injecter de l’air vivifiant de la nature. Depuis le IXème siècle, le chemin n’a rien perdu de la liberté que procure une magie spirituelle. A l’origine, c’était un rite religieux, une piété chrétienne, c’était la tradition de chercher auprès de l’apôtre qui possède, dit la légende, des pouvoirs surnaturels, une raison d’espérer la fin de  ses malheurs propres. Des rumeurs ont remis en cause la pertinence de ces pèlerinages en alléguant qu’ils n’étaient que le prolongement rituel de superstitions ancrées dans les croyances populaires. Le siècle des Lumières ne s'est pas privé de vilipender la démarche. Il faut attendre les temps modernes pour que le chemin de Compostelle retrouve sa vigueur passée. Il est comparé à un voyage initiatique  ou pas, une randonnée ponctuée de haltes où se poser devient une thérapie naturelle pour résister aux rythmes accélérés et trépidants de la vie quotidienne.  

Plus que de pieux pèlerins, ce sont de simples randonneurs qui prennent le chemin balisé par des coquilles St Jacques pour s’immerger dans l’histoire des ruines, dans les voilures rustiques des paysages isolés qui renvoient à nos paysages intérieurs.


 Le chemin est balisé par des étapes


Les chemins peuvent commencer à Paris, comme à Lyon  ou à Vézelay. Le sentier est distant de plus de 1000 kilomètres et il faut bien compter quelques mois pour le boucler  selon qu’on vienne du sud-est de la  France ou de plus loin. Le chemin français est inscrit  au patrimoine de l’Unesco depuis 1993. Il longe des ponts, des tours, des églises, des monuments, de vieilles bâtisses et même des ruines, un chemin qui entre dans les terres profondes de vécus qui se sont installés dans les replis de la nature au point de se confondre avec les arbres et les pierres. C’est le sens véritable  de cette longue marche. Les pèlerins le disent eux-mêmes qu’ils ne savent plus quand ils arrivent au bout de leur pèlerinage s’ils sont venus pour voir les reliques de St. Jacques ou s’ils n’ont plus besoin de voir quoi que ce soit car ce qu’ils ont vu tout le long de la traversée rustique les a remplis d’une richesse de cœur et d’esprit inexprimables car un flux de bien-être les comble et les retient. C’est le sens ajouté de la marche, le  pèlerinage de l’humain, un appel à se reconnaître en tant qu’humain auprès du végétal et du minéral.

Le chemin traverse des villes pour que le contraste reste entier, singulier et révélateur car on ne peut s’éloigner ni de « l’Urbs » ni du « Rus » pour comprendre quel itinéraire  a traversé l’homme refoulé et perplexe devant l’embranchement où il se trouve en ce moment, déchiré voire écartelé  entre ces deux mondes. Ce pèlerinage revêt plusieurs approches et n’a de sens que pour soi-même. Ceux qui l’ont fait laissent des témoignages d’une  grande profondeur.


Christophe Rufin, après avoir parcouru son pèlerinage-randonnée, écrit un livre « Immortelle randonnée » où il livre et délivre sa quête. "Je comprenais combien il était utile de tout perdre, pour retrouver l'essentiel."

"L'esprit du chemin est bien là, dans ce désir de parcourir le monde pour le fuir et de retrouver les autres là où il n'y a personne."


Un film a produit par l’image ce contentement éprouvé malgré l’effort fourni et les bivouacs sommaires et frustes.  C’est «  The way » , un film américano-espagnol, sorti en 2010 et réalisé par Emilio Estevez.

Le film relate l’histoire d’un père qui apprend la mort de son fils parti se ressourcer sur les chemins de Compostelle. C’est au pied du chemin à l’entrée des Pyrénées, à St Jean Pied-de-Port que Tom le père procède à la crémation de son fils et emporte les cendres sur le chemin qu’il va achever de St Jean Pied-de-Port à St Jacques de Compostelle soit 800 kms. Un itinéraire qui va le rapprocher de l’âme de son fils qu’il avait perdu de vue.





Les gages des chemins de Compostelle


©passeport pèlerin.com


Le blason du pèlerinage est une coquille St Jacques qui est accrochée sur le sac du pèlerin en souvenir des premiers marcheurs qui ramassaient des coquillages sur les plages de Galice. La tradition la considère comme un porte-bonheur qui protégerait des maladies. La coquille est devenue un symbole du chemin de Compostelle et l’emblème qui signale la présence du  pèlerin. Le balisage officiel sur fond bleu reprend le symbole de la coquille qui conduit jusqu’en Galice à St Jacques  de Compostelle. Panneaux, clous, marquages au sol, les chemins qui suivent un GR (sentier de Grande Randonnée ) sont balisés dans les deux sens, aller et retour.  

Et en guise de bâton de pèlerin, un carnet de route nommé la crédencial  est fourni par les offices de tourisme  pour y noter les efforts fournis, les sentiers suivis, les haltes proposés  que  les gîtes tamponnent.  La présentation du carnet permet d’obtenir le diplôme de celui qui a fait tout le trajet indiqué par les différents témoignages des sites visités.  La crédencial est le passeport du pèlerin à faire valider à chaque étape prévue. C’est un passe qui permet d’accéder aux hébergements et à d’autres temps forts de la randonnée.


A l’origine, il s’agissait d’une lettre de créance donnée au pèlerin du Moyen-âge pour passer sans encombre les contrôles qui jalonnaient les routes jusqu’en Galice.

On dit même que certains auraient fait le trajet en compagnie d'un âne !

 Ginette Flora

 Mai 2026

6 commentaires


viviane parseghian
il y a 18 heures

Superbe voyage sur tes mots, on y est et on vit en douceur de tes lignes, ce chemin de légende ... merci, Ginette ❤️

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Ginette
il y a 18 heures
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Je ne voulais pas passer à côté de ce voyage ! Il parcourt tous les sentiers de quelque direction que l'on parte.

Et dis-moi, il est parfaitement bien calé dans les Malles !! On y trouve vraiment toutes sortes de voyage !

Belle journée à toi, chère Viviane.

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Alice
il y a 21 heures

Une superbe aventure aussi bien physique que spirituelle dont j'ai en quelques échos par des amis plus sportifs et plus endurants que moi... Merci, chère Ginette, pour cette "aventure" que je lis dans le confort de mon bureau et belle journée !


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Ginette
il y a 20 heures
En réponse à

Oh ! Que j'adore ton commentaire !

C'est comme si je l'avais fait ce sentier !!

Merci beaucoup, chère Alice.

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Nicole Loth
Nicole Loth
il y a un jour

Quand je suivais le cours de dessin à l'Académie, notre prof Murielle Peers est partie avec un petit groupe sur les chemins de Compostelle. J'aurai aimé les acompagner mais je ne marchait déjà plus beaucoup ! Pourtant j'ai marché toute ma vie.

Merci pour ce beau texte sur les chemin où dit on, "celui qui l'a parcourut peut tout supporter".

Belle journée ma chère Ginette, Ici on nous annonces des jours froids, toute la semaine...

Meilleurs pensées à toi !


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Ginette
il y a un jour
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Le parcours est long, long ... Ceux qui le font ont bien du courage et du temps aussi !

C'est un voyage avec nos pieds comme transport ! C'est tout de même rude et j'ai lu les différents témoignages pour bien comprendre cette quête en pleine nature d'un idéal de paix .

Belle journée à toi aussi, ma chère Nicole 🙂🌺

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