Légendes d'automne
- Ginette Flora Amouma

- il y a 21 heures
- 4 min de lecture

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Le film est une fresque gigantesque, une saga familiale, une histoire de toute la vie contenue dans toute la mort, une histoire qu’on aime raconter au coin du feu comme si une voix nous l’avait rapportée.
C’est ce que fait le vieil homme en 1960 dans la réserve amérindienne du Montana. La tribu des Cree se souvient qu’elle avait pour voisin un général de l’armée américaine qui avait préféré s’isoler dans les montagnes du Montana. William Ludlow, écœuré par les méthodes agressives de ses pairs pour faire disparaître les tribus amérindiennes, s’établit dans un ranch dans le Wild West américain.
C’est un drame où la place du fatum, un destin implacable, fixe la vie de chaque personnage. Deux coups du sort feront sombrer les personnages : l’amour fatal et l’irruption de la première guerre mondiale.
Le film est adapté du roman de Jim Harrison. Il est réalisé par Edward Zwick et produit en 1994. Il se présente comme une épopée, le drame d’une famille embarquée par les turbulences des événements historiques.
La musique est l’œuvre du compositeur américain James Roy Horner
« Legends of the fall theme »
L’histoire se situe dans les années 1910 - 1920
Nous sommes dans les années 1960. C’est au coin du feu qu’un vieil indien du Montana, de la tribu des Cree, raconte une histoire qui s’est passée dans les années 1910 à 1920. Le père William Ludlow élève seul ses trois fils Alfred, Tristan et Samuel car la mère Isabel est retournée vivre en ville, lasse de la vie retirée qu’elle a décidé de fuir. Sa correspondance régulière a maintenu le lien affectif qui relie les parents et les enfants.
Les trois fils sont élevés par leur père et grandissent dans le ranch en compagnie des employés agricoles et au sein d’une autre famille qui vit au ranch, un marginal Decker qui a épousé une femme de la tribu des Cree. Leur fille se prénomme Isabelle 2. Leur attachement avec la tribu des Cree influence l’éducation des fils et particulièrement Tristan qui est réceptif à la voix des grands espaces. Un ours grizzli avec qui il s’est battu semble avoir pris possession de son âme.
Entre surnaturel et tragédie grecque, le récit développe d’entrée de jeu les éléments majeurs de la trame inexorable qui mène le film jusqu’à son aboutissement : la fatalité de l’amour qui emprisonne Tristan et Susannah, l’enrôlement des frères dans la guerre et la mort qui endeuille la famille.
Quand Samuel le dernier fils revient au ranch après ses études et en compagnie de sa fiancée, il déclenche le feu aux poudres. Les trois frères n’ont d’yeux que pour Susannah, la jeune femme qui va se trouver emmurée dans une histoire de famille où elle n’arrive pas à trouver sa place.
La guerre éclate et les fils sont enrôlés malgré la désapprobation de leur père. Samuel meurt au combat et Tristan culpabilise de n’avoir pas pu le sauver.
Alfred l’aîné se lance dans une carrière politique et demande Susannah en mariage, laquelle refuse pour finir par accepter afin d’échapper à son destin.
Tristan et Susannah dans la détresse des passions exacerbées cèdent à leurs pulsions mais Tristan s’enfuit pour revenir quelques années plus tard, retrouver une Sasannah mariée à Alfred. Il se marie avec Isabelle 2 et fonde une famille mais Isabelle est tuée au cours d’une rixe. La situation dégénère au sein de la famille envahie par les ombres du passé. Susannah se suicide ne pouvant supporter d’être la femme d’Alfred, l’amante de Tristan et la femme sans racines et sans ancrage, restée enfermée dans les nœuds tragiques de la destinée.
Tristan s’enfuit après avoir confié ses enfants à Alfred.
Le film se termine par les échos qui viennent apprendre à ceux du ranch que Tristan est mort après un dernier corps à corps avec l’ours.
Les personnages dans les ocres du Montana
Le film a reçu le prix de la photographie. Les paysages d’automne du Montana sont magnifiés et accompagnent étroitement l’atmosphère du film. Les ocres du Montana sont un deuxième langage quand les pins ponderosa, les cèdres et les épicéas versent leur incomparable mélancolie sur la destinée des personnages.
Le patriarche William, impassible dans ses convictions, s’il devient le détracteur de ses fils n’en est pas moins respecté. Son amitié profonde et sincère pour les amérindiens donne au film un levain de méditation sur la fraternité humaine.
Susannah est fondue dans les rouges opaques des couchants aux passions écrasantes.
Alfred traverse les saisons sans jamais perdre la raison.
Et si Samuel est porté par la croix des guerres, Tristan s’échappe vers les lointaines nuances roussies des contrées sauvages et solitaires.
En changeant les codes et les rouages d’un système, le patriarche William Ludlow change aussi le cours d’une trajectoire. En vivant à l’écart des normes statuées, il n’en est pas moins victime de ses choix car ses fils lui tourneront le dos en allant faire la guerre en Europe. Ils vivront la bataille, la haine, la démesure, la blessure et la mort.
Pour avoir développé un lien affectif avec les trois frères, Susannah ne pourra pas en supporter les conséquences et choisira de sortir de l’histoire de la famille Ludlow en se donnant la mort.
Sapins et peupliers s’enflamment et réclament leur part de résistance quand le ciel est rouge sur le Montana.
Ginette Flora
Mars 2026



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