Le tour du monde de Marianne North
- Ginette Flora Amouma

- 18 mai
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 mai


© wikipedia.
Marianne North est une artiste peintre britannique, née en1830 à Hastings en Angleterre et décédée en 1890 à Alderley dans le Gloucestershire. Elle se découvre plusieurs passions et si elle s’attache à faire de la peinture sa principale activité, elle sait aussi s’épanouir dans l’illustration, les sciences botaniques et la recherche d’espèces rares. Elle arpente le monde et ne recule pas devant les conventions à une époque où sa condition de femme seule ne l’avantage pas mais Marianne ne suit que son instinct qui lui dicte sa conduite dans un environnement difficile à convaincre.
Sa famille est issue de la noblesse anglaise et le choix de mener une vie où exprimer son art dans une voie qu’elle s’est choisie est le résultat d’une grande maturité, d’une hardiesse d’esprit et d’un véritable souci de répondre à ses propres convictions. Elle est élevée dans les Arts et les Lettres et suit des cours de piano et de chant où l’on cherche à lui creuser un chemin mais elle se rebiffe, elle sait qu’elle n’a pas les armes qu’il faut pour entamer une carrière de diva. Par contre, elle s’épanouit dans la peinture et le dessin. Son tracé est presqu’inné quand elle dessine un objet. Langues étrangères et initiation à la danse font aussi partie de son éducation mais son intuition la dirige vers la peinture.
Se conformer à des codes conventionnels ne l’arrête pas dans sa détermination à suivre son père dans ses déplacements et à connaître ainsi le monde.
Elle renonce à se marier pour conserver la liberté de suivre un instinct qui l’encourage à poursuivre une exigeante curiosité des espaces lointains.
Et c’est dans la peinture et l’étude des plantes qu’elle trouve sa voie. A l’époque où la photographie n’existe pas, elle sait dessiner une fleur si exactement pareille à la fleur naturelle que les botanistes en sont bluffés. Marianne fait un compte-rendu de la vie de chaque plante qu’elle peint. Aucun autre botaniste n’a dessiné avec autant de précision ni commenté le milieu naturel de l’espèce avec autant d’informations documentées.
Ses voyages

©marginalian.org- marianne north
Elle part découvrir le monde à l’âge de 40 ans.
« J’avais longtemps rêvé d’aller dans un pays tropical pour peindre sa végétation. »
Mais de ses voyages, elle est la seule botaniste et collectionneuse à n’avoir jamais rapporté des plantes. Elle peignait sur place. C’est ce en quoi elle diffère de ses homologues botanistes. Elle se pose sur un tabouret avec son chevalet en face d’elle et ses peintures sont classées en deux catégories : le sujet des fleurs est le plus largement exploré et le deuxième sujet est celui des paysages qu’elle aime capter par des traits vifs quand il s’agit de scènes extérieures ou des éléments emblématiques d’une ville, monument ou structures en pierre.
La peinture des plantes rares est une source de curiosité et d’étonnement pour l’époque. Marianne fait un travail sur lequel se pencheront les botanistes. Car Marianne recherche les plantes les plus inconnues de chaque pays qu’elle visite. Inconnues elles ne le seront plus quand Marianne peint les fleurs du Canada, de la Californie, des divers autres états d’Amérique et des îles.
En Amérique du sud, au Brésil, en Jamaïque, elle vit totalement dans la forêt pour pouvoir approcher les curieuses plantes qu’elle sort de l’anonymat.


© fleur de pâques au Brésil
© fleurs de jardin au brésil
© fleur mahoe de Jamaïque

Elle va jusqu’aux Indes et à Ceylan et s'attarde à peindre le nénuphar. Elle avait trouvé un spécimen dans les jardins de Kew en Angleterre. Si le mauve du nénuphar des jardins de Kew s'accorde à la brume so british de ses terres, elle ne peut s'empêcher de rendre la giboyeuse vivacité du nénuphar du Kérala, dans le sud de l'Inde.


© nénuphars de kew gardens © nénuphar rouge du Kérala (Inde du Sud)
Elle peint à Bornéo, à Java, en Australie et en Nouvelle-Zélande.


© hibiscus de Nouvelle-Calédonie
© fleur de Java
Il ne reste que l’Afrique à voir. Un ami lui conseille d’y aller. Elle y va. Il faut savoir qu’elle voyage avec ses outils, des tubes de peinture, son matériel cartonné et autres accessoires et que voyager léger est pour elle d'une urgence absolue !
La peinture de Marianne tourne autour de quelques couleurs. Elle bannit le noir et ne s’occupe que du rouge garance, du bleu cobalt, du blanc et du jaune. Sa palette est restreinte. Pour éviter que les couleurs prennent l’humidité, elle ne peint qu’à l’huile, ce qui explique que ses toiles sont très bien conservées. Quand elle fige une fleur, elle peint aussi son milieu nature, s’il y a une petite faune, elle le signale, son coup de pinceau est précis, étonnamment vivant. Ses peintures ont été étudiées à l’infrarouge pour comprendre comment s'effectuent les étapes de sa démarche picturale. Elle fait d’abord un croquis à l’encre et ensuite elle pose une première couche de peinture. La deuxième couche sert à faire éclater la fraîcheur de la fleur. Elle a ainsi conservé son style et sa technique d’un talent artistique naturel pendant toute sa carrière.
La galerie Marianne North en 1882

© galerie d’art de Marianne North
Elle fait bâtir une galerie d’art dans les jardins botaniques de Kew où sont exposées les 832 toiles de sa collection qui peuvent être visitées de façon permanente.
A la fin de sa vie, elle aménage un jardin exotique puis elle revêt un autre costume, celui d’écrivain pour rédiger ses mémoires, « Souvenirs d’une une vie heureuse ».
C’est en recevant ses amis dans les endroits qu’elle a elle-même imaginés qu’elle s’éteint doucement chez elle en laissant un extraordinaire héritage de couleurs et de fêtes champêtres vécus autour du monde.
Mai 2026

Ginette Flora



Encore une magnifique découverte que tu nous offres, Ginette... trop beau ! Merci tellement !❤️
Grand merci pour cette double et magnifique découverte, chère Ginette ! J'ai regardé où se trouvent les jardins botaniques royaux de Kew et en ce temps gris je m'y suis promenée avec délices 😍😍...
Que de splendides fleurs peintes par Marianne North. Je reconnait l'hibiscus que nous avions en haie à Kupushi, chez mes parents dans la province du Katanga en RDC.
Les fleurs de pâques ont les trouves en pots en Belgique, nommées Hibiscus ou rose de Noël.
Merci pour cette belle découverte ma chère Ginette, de cette femme peintre que j'apprécie beaucoup. Belle journée ensoleillée 🌞🌸
Très belles fleurs dans lesquelles cette artiste a mis tout son cœur ❤️.
Magnifique !
Voilà une pionnière qui a su marier art et science avec brio ! Son œuvre nous offre assurément une fenêtre précieuse sur la diversité végétale ! Merci pour cette florale découverte, Chère Ginette ! Belle journée à toi ! ^^