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La page du mélomane 43 - Les oiseaux d'Olivier Messiaen


© culture musée de Vernon - prolongation exposition Sarah Lipska - le ballet des oiseaux


Le compositeur


Olivier Messiaen est né en 1908 à Avignon dans le Vaucluse et décédé à  Clichy (dans les Hauts de Seine)  en 1992.  Il est inhumé dans son village en Isère dans le cimetière de Pétichet qui fait face au lac de Laffrey et à la montagne du Grand Serre.

 C’est un compositeur français, organiste et pianiste, fils de la poétesse Cécile Sauvage qui lui enseigne à reconnaître les cris et les chants des oiseaux en lui transmettant l’amour de la nature. Le jeune et précoce élève du Conservatoire n'oubliera jamais cet amour de la nature que lui a légué sa mère.

C’est un des compositeurs les plus importants de la musique contemporaine de la deuxième moitié du XXème siècle. Il est très tôt attiré par la composition musicale. Après de brillantes études musicales à Paris, il est nommé organiste à l’église de la Trinité à Paris puis il est enseignant au Conservatoire National Supérieur de musique de Paris. 

 Il composait en s’inspirant des différentes traditions musicales ou des travaux d’autres compositeurs comme Massenet, Debussy, Chabrier, Ravel, Jolivet. Et sa musique ne pouvait se passer de chercher dans la nature, le chant premier, celui des oiseaux.


L’ornithologue


Il se découvre une passion  pour les chants des oiseaux. Il classe les cris des oiseaux et note les valeurs sonores de chaque oiseau  d’où la création du :


 Catalogue d’oiseaux, un monument en 7 livres, chacun contenant deux ou trois pièces destinées à isoler le chant d’un oiseau en particulier. C’est une œuvre pour piano, composée sur deux années, de 1956 à 1958.

 Voici le chant du coulis cendré ( 7ème livre – 3ème morceau )

  


Le livre 7 décrit le littoral français car chaque oiseau est replacé dans son habitat, son voisinage et son contexte. Il y a des chants du matin, des chants du soir… C’est un catalogue très complet sur la vie des oiseaux. Messiaen a montré par ce catalogue qu’une écoute attentive nous rapproche du monde des oiseaux, de leurs chants et de leurs particularités géographiques.

 Harmonie et symétrie dans le catalogue d’oiseaux sont remarquées par le souci du compositeur d’apporter une cohérence au catalogue qui s’ouvre sur les oiseaux des montagnes et se ferme sur les espèces du littoral comme le courlis cendré, la buse variable et le traquet rieur qui sont les deux autres chants d’oiseaux du livre 7.


Réveil des oiseaux  (1953)


Cette pièce dure 30 minutes. Elle se divise en 4 parties, dédiée à l’ornithologue Jacques Delamain et c’est un orchestre qui reprend toutes les vocalises des oiseaux.  

C’est une œuvre entièrement construite à partir de chants d’oiseaux. Le cri de l'oiseau est la matière première de Messiaen qu’il s’est efforcé de transcrire en chant.

«  La reproduction du timbre des oiseaux m’a contraint à de constantes inventions d’accords, de sonorités, de combinaisons de sons et de complexes de sons qui aboutissent à un piano qui ne sonne pas "harmoniquement" comme les autres pianos. 




 L’œuvre respecte les grands moments d’une journée d’oiseau et cela va de minuit à l’aube, continue sur la journée jusqu’à midi où pas moins de 15 espèces font leur apparition. A chacune des apparitions, l’orchestre bois, piano, cuivres, cordes et percussion, tous les instruments entrent en jeu et même le temps du silence est respecté pour saluer la pause avant que les babillages reprennent  de plus  belle !

 

Oiseaux exotiques ( 1955 -1956) pour piano et petit orchestre avec introduction de rythmes indiens et grecs.

C’est une œuvre qui met en musique les chants de diverses espèces d’oiseaux exotiques à travers un montage de modulations de cris d’oiseaux d’Asie et des Amériques.

 -Pour l’Asie, on entend le mainate des Indes, le shama des indes, le garrulaxe et le bulbul orphée.

 -Pour les Amériques, on entend le merle, la grive, le tangara bleu, le goglu.

 L’orchestre est composé de 7 percussions, d’un piano et des instruments à vent.

 Ce sont les percussions qui reprennent les rythmes inspirés de  la musique  indienne.

 La rythmique grecque ancienne est présente ce qui donne un ensemble très riche et l’illusion d’une  présence d’oiseaux en pleine répétition de leur spectacle.





Un moment vivant, coloré, une autre sorte de voyage dans la nature.


Le ballet des oiseaux, un opéra sans lendemain


C’’est un projet qui n’a pas vu le jour. Sarah Lipska, l’artiste polonaise en arts plastiques accepte le projet de participer au montage du projet mais on ignore les raisons pour lesquelles le projet n’a pas abouti.

C’est Serge Lifar, maître de ballet de l’Opéra de Paris, danseur et chorégraphe ukrainien, qui demande à Sarah de faire les décors et les  costumes. Olivier  Messiaen est sollicité et c’est pour cet opéra qu’il compose ses pièces de chants d’oiseaux.

Les peintures, dessins et collages de Sarah font partie des collections publiques et des musées. Le musée de Vernon organise parfois des expositions pour montrer ce qui reste d’un projet arrêté en chemin mais la musique de Messiaen est restée : Réveil des oiseaux, Oiseaux exotiques et Catalogues d’oiseaux sont allés rejoindre les rêves de Sarah Lipska.


La stèle funéraire d’Olivier Messiaen

 

©gallery- olivier messiaen.org


Sa stèle est sculptée en forme d’oiseau. Il est mort en 1992 à Clichy dans les Hauts de Seine et il est enterré en Isère dans le village de Pétichet  au cimetière de St -Theoffrey face au lac de Laffrey et de la montagne du Grand Serre.

 L’oiseau est en marbre blanc de Carrare avec gravé sur le plumage en lettres d’or un extrait du  10ème mouvement du cycle des chansons de son œuvre Harawi.

« Tous les oiseaux  des étoiles » C’est un chant d’amour et de mort.


 « La musique est un perpétuel dialogue entre l’espace et le temps, entre le son et la couleur, dialogue qui aboutit à une unification : le temps est un espace, le son est une couleur, l’espace est un complexe de temps superposés, les complexes de sons existent simultanément comme complexes de couleurs. Le musicien qui pense, voit, entend, parle au moyen de ces notions fondamentales, peut dans une certaine mesure s’approcher de l’au-delà. ( Olivier Messiaen)

Ginette Flora

 Août 2026

2 commentaires


viviane parseghian
il y a 19 heures

Beau voyage encore une fois même si je n'aime pas tout, j'apprends ... Merci, Ginette ❤️

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ginette
il y a 18 heures
En réponse à

On ne saura jamais tout et on se promènera avec des personnes que l'on ne connaît pas et qui ont dû elles aussi traverser pas mal d'épreuves qui font ce qu'elles sont devenues.

Je découvre toujours avec une grande surprise et cela fait partie comme tu le dis se bien de nos voyages dans ces pages !

Bonne journée, chère Viviane. 🙂🌹

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