top of page

Le kokedama, un art floral



On connaît l’ikebana qui est l’art de présenter les fleurs en connectivité avec l’esprit qui absorbe les lignes harmonieuses composées à dessein par l’artiste conscient que le regard n’absorbe pas seulement l’esthétique de la création mais aussi la quintessence d’une pensée en accord avec la nature.

Le kakemono est une autre sorte de composition chargée de relier le matériel avec l’universel. C’est une estampe enroulée qu’on déroule de son support soyeux pour l’accrocher et le contempler. Souvent le sujet évoqué  ne parle que d’un lieu, un bois, une rivière, une montagne,  un élément du monde végétal et animal.

II existe  encore un autre art floral, le kokedama, littéralement la boule de mousse. C’est l’art d’envelopper les racines d’une plante dans une boule de terre. La boule prend la place du vase ou du récipient. La boule se transfigure. La boule est l’espace où va évoluer la plante, s’épanouir dans les limites qui lui sont proposées.

 A la fois contenu et contenant, le kokedama a fait parler de lui dans les années 1990. Un engouement s’empare des uns et des autres et sa création relève des loisirs créatifs quand travail manuel et énergie musculaire ajoutée au plaisir de voir bouger la terre se font des échanges continus pour que  nous restions en harmonie avec ce qui nous entoure.


La technique traditionnelle du kokedama


C’est un art inversé. Au lieu de planter la plante ou la fleur dans un pot, on entoure ses racines avec une boule de terre et de mousse.

Si la technique traditionnelle est sophistiquée, c’est qu’elle trouve ses origines dans la terre originelle elle-même et comme il s’agit d’un art japonais, le matériau le plus indiqué est de l’argile noire et de l’argile rouge mélangée à  la  terre du Mont Fuji.

On pétrit la pâte jusqu’à obtenir une texture complète et facile à rouler en boule. On plante dans la boule obtenue le végétal choisi après l’avoir débarrassé de la terre qui résiste encore sur ses racines. On élague un peu les racines les plus invasives  et commence alors l’art de la composition elle-même. On applique un peu du mélange sur les racines, on enduit le socle racinaire de la couche pâteuse  sans  rompre les filaments. On recommence à étaler une autre couche de terre argileuse et au fur et à mesure qu’on répète progressivement l’opération, on arrive à une sphère qu’on limite à dix centimètres environ. Puis  on habille la sphère de mousse qu’on applique autour de la boule jusqu’à la recouvrir. La mousse ensuite est fixée avec un fil ou un cordon noir ou vert. Il est possible de se contenter d'un fil en nylon mais pour rester dans l’esthétique rustique, il est préférable d’avoir de la ficelle en  jute, en lin ou en rotin.

 Egaliser la mousse en enlevant les morceaux qui s’échappent reste un exercice de concentration car il faut éviter d’émietter la mousse.  

 Ensuite l’objet ainsi vêtu est plongé dans l’eau pendant une dizaine de minutes.  Cela permet de l’humidifier car pour durer, il a besoin de rester dans la fraîcheur d’une eau dépolluée.



La technique simplifiée


Il y a d’autres techniques avec des matériaux plus accessibles où chacun peut réaliser sa boule après en avoir assimilé les étapes constantes.

La technique habituelle pour une création qui apporte bien-être et apaisement est d’utiliser de la terre argileuse appelée la sphaigne. Il existe même un mélange déjà préparé toute prête à être utilisée  mais il est bon de mettre la main à la pâte, de malaxer soi-même la terre. Il existe même la boule  confectionnée et creusée en son milieu pour y recevoir la plante.

Mais la vraie méthode, c’est celle de s’astreindre à faire la boule, à l’enduire de strates successives qui correspondent aux âges de la vie. Un message subliminal est caché dans la préparation de la terre qui doit border les racines de la plante.

Pour la mousse, la dernière étape qui achève d’habiller la boule est le choix de la mousse. Il y a plusieurs espèces de mousse mais il vaut mieux en acheter dans une jardinerie en écoutant les conseils des botanistes.

Pour le choix des végétaux, il est conseillé de planter des ficus, de choisir des plantes qui ne croissent pas trop en hauteur pour ne pas avoir à les élaguer. Une orchidée, un lierre, un plant de fougère ou différentes variétés de ficus.


L’entretien des kokedama demande des soins particuliers. On peut lui faire des bains toutes les semaines si on veut éviter de les arroser trop souvent. On immerge le kokedama dans l'eau pendant dix minutes et on le ressort en l'égouttant doucement. La terre humectée va garder la source des nutriments pendant longtemps si on ne l’oublie pas car donner des soins à la plante, c’est lui parler, c’est être en état de la nourrir et de ne pas oublier l’heure des rendez vous. La boule de mousse est une rencontre avec la nature. Le travail de la main, c’est la poésie de la terre qui enveloppe les racines. C’est une histoire à raconter, ce sont des vécus que nous portons dans nos mains quand on s’occupe d’une plante. Ce sont des âges qui sont  remplis de la force d’un terroir. C’est la vie végétale comme les cernes de l’aubier  dans les tranches  du tronc  de l’arbre.

Nous refaisons un bout de chemin avec le kokedama quand patiemment, nous recomposons la gestuelle de notre destinée.   

 Ginette Flora

 Décembre 2025

 

4 commentaires


Alice
29 déc. 2025

Encore une belle découverte que tu nous offres, chère Ginette ! Belle journée avec 🌞

J'aime
En réponse à

Soleil et fraîcheur !

C'est l'hiver qui est au rendez-vous !

Bonne soirée, chère Alice.

J'aime

viviane parseghian
27 déc. 2025

Merci Ginette pour cette découverte florale ... j'adore ..;. vrai !❤️

J'aime
En réponse à

Nous partons doucement vers la fin de l'année.

Ce qui est vrai, c'est tout ce que nous avons fait ensemble et je vous remercie tous pour votre présence fidèle et adorable dans les pages du salon.

Belles fêtes de fin d'année, ma chère Viviane.

J'aime
bottom of page