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"La vida breve", un opéra de Manuel de Falla


C’est un opéra court en deux actes composé en 1904-1905 par Manuel de Falla  ( né en Espagne, à Cadix 1876 et mort en Argentine en 1946). Il est  écrit en espagnol par le librettiste Carlos Fernandez Shaw  et dans la version française par  Paul Milliet.

L’opéra est représenté  en 1913 à Nice.

 

Qui est le compositeur Manuel de Falla ?


 Falla signe son premier opéra qui propulse son nom sur la scène lyrique.  Auparavant, il n’était connu que comme un compositeur versé dans le genre de la zarzuela qui est un genre théâtral lyrique espagnol où des airs hispaniques s’imposent en même temps que des archétypes de personnages tirés de la  vie locale sans que le propos tombe dans la comédie. La zarzuela baigne dans une atmosphère de violence où les sentiments exacerbés de vengeance, de trahison sont développés pour atteindre un sommet  paroxystique qui légitime la fin tragique du récit. C’est dans un mouvement de renoncement fatal que la mort s’empare du personnage qui  s’effondre.

Ce sont des amours contrariés, des actes de félonie, des comportements agressifs,  une fin implacable, tel est le sujet de la zarzuela qui s’apparente à l’opéra-comique. C’est un théâtre musical chanté, parlé, accompagné de la guitare qui à elle seule fait figure de petit orchestre. Cependant le genre opératique existait aussi indépendamment de la zarzuela.

Manuel de Falla qui est un compositeur de zarzuela essaie un opéra nommé « La vida breve », la vie brève.

Il est nouveau dans le monde de la composition opératique.

Il dépose en 1905 La vida breve  à un concours de l’Académie des Beaux Arts de San Fernando à Madrid en Espagne. S’il remporte le prix,  l’œuvre n’est cependant pas acceptée pour être  représentée.

Falla décide de se rendre à Paris pour y poursuive ses études  et proposer sa pièce aux théâtres parisiens. Il fait la connaissance de Debussy, de Ravel, de Dukas et Albeniz qui l’encouragent en lui donnant des conseils. Debussy recommande  de diviser la pièce en deux actes et placer un interlude en forme de poème symphonique entre les deux actes. 

L’orchestration est plus aboutie, un langage musical personnel se dessine. Falla n’a que 27 ans. Il présente son œuvre à l’Opéra Comique sans obtenir une suite favorable à sa demande. Il réitère en présentant sa pièce au Casino de Nice en 1913 dans une traduction française. Il y remporte un beau succès qui incite l’Opéra Comique de Paris d’accepter de le représenter en 1914.


La vida breve, la vie brève 


ACTE 1


Dans le vieux  quartier d’Albaicin à Grenade en Espagne, la vie s’écoule dans le travail et le chant.  Des forgerons chantent  dans une rue auprès des simples habitations.  C’est le chant des forgerons :

 « Malheur a qui naît enclume  au lieu de naitre marteau » 




Vivan los que ríen! ¡Mueran los que lloran! La vía del pobre, que vive sufriendo, debe ser mu corta.


Salud, une jeune fille vit avec sa grand-mère et son oncle Sarvaor dans une modeste maison. Elle attend Paco, l’homme avec qui elle est fiancée mais Paco est issu d’un milieu socialement plus élevé que celui d’où est issue Salud, une situation que l’oncle désapprouve.

Paco mène une double vie car il aime Carmela, une jeune fille d’un rang social supérieur à celui de Salud. Sarvaor, le vieil oncle, a découvert l’ignoble  dissimulation de Paco. Il devient de plus en plus outré et dans son ressentiment, projette de tuer Paco. La grand-mère  essaie de calmer la situation mais l’action se précipite.

 

 INTERLUDE


Le coucher du soleil tombe sur une sombre prémonition.

 Le poème symphonique




 ACTE 2


Dans une rue de Grenade, une fête  bat son plein dans la maison de Carmela où un mariage est célébré. On entend les voix des invités et celui de Paco que Salud ne peut supporter car elle est mise au courant de la duplicité de Paco.

 

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Salud et son oncle décident d’entrer dans la maison et de lancer la vérité devant l’assemblée.

Salud révèle qu’elle est liée  à Paco par un pacte d’amour mais Paco, impassible renie Salud et dément les déclarations de Salud.

 Paco dit :


– Elle ment, je ne la connais pas ! Jetez-la !


 Salud tombe morte.

 

La musique ne joue plus son rôle de musique populaire mais se distingue de l’action tragique en accordant les violons  de la misère morale.  L’obscurité  cache de noirs desseins alors que la danse mythique et omniprésente dans la culture espagnole vibre de toute sa tonicité …mais la vie est brève.

L’opéra de Manuel de Falla couvre les thèmes puissants de la destinée humaine, des clivages entre les classes sociales et de la violence d’un sentiment d’injustice incontrôlable qui pèse sur l’atmosphère de la pièce.

La tragique fin de Salud met brutalement l’œuvre en face de la vérité.

 Ginette Flora

 Décembre 2025

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