La Rosa Gallica Officinalis
- Ginette Flora Amouma

- il y a 10 heures
- 4 min de lecture


La rose de Provins, à aucune autre pareille.
Provins est une commune de la région Ile de France, située à 77 kms au sud de Paris, dans le département de la Seine et Marne.
C’est une ville d’un grand intérêt historique que Victor Hugo a résumé en ces phrases :
« Il y a quatre églises, une porte de ville fort belle, un donjon avec quatre tourelles en contreforts et une enceinte de murailles et de tours ruinées, le tout répandu de la façon la plus charmante sur deux collines baignées jusqu’à mi-côte dans les arbres. »
A Provins, il y a bien plus que cela et c’est en faisant une balade sur les remparts, dans les rues pavées et sur les sentiers des jardins qu’on découvre Provins. Et plus on s’y promène, plus on rencontre les troubadours des temps modernes, et plus on s’enivre des effluves des roses.
La rose de Provins
Provins est l’ancienne capitale des Comtes de Champagne dont l’un deux, Thibaud IV le croisé, rapporte de son séjour un plant de rosa gallica et demande qu’on le cultive et lui donne un espace unique. Provins se singularise en faisant de la rosa gallica l’emblème de la ville.
Le rosier de Provins est un petit buisson rustique. Les différents jardiniers qui s’en occuperont ne perdront pas de vue que c’est une rose venue de loin, à l’état sauvage et que pour conserver sa parure originelle, il fallait la cultiver avec ses attraits primitifs. Mais avec les ans et le manque de soins et de passion, le terrain resté en friche, est envahi par les ronces et s’enlise dans les marais. Puis c’est devenu un pré.
En 1990, deux familles les Bréhier et les Vizier le rentabilisent en y installant une pépinière mais l’œuvre n’a pas perduré. L’exploitation est restée sans suite, les bâtiments ont servi à reloger les sans logis et tout le matériel est abandonné.
C’est en 2007, après 12 ans d'abandon, qu’un agriculteur rachète les 3 hectares du domaine et en fait une roseraie marquée par un suivi historique. En 2008, Bruno Clergeot, le maître d’œuvre, voue pour ses roses une véritable dévotion et se retrouve ainsi à la tête d’une véritable création personnelle. Il arrose lui-même les plants, se soucie chaque jour des soins à dispenser aux différentes espèces. Plus de 400 variétés d’espèces fleurissent, précieusement divisées en roses anciennes qui vont des roses galliques aux roses de Damas en passant par l’Alba et la Centifolia, les Bengales et les rosiers de Chine. Quant aux roses modernes, elles sont cultivées selon les normes de leur floraison qui peut durer jusqu’en automne.
« J’ai défriché à la main. Les 3 Ha sont devenus une roseraie et j’ai choisi de ne planter que des rosiers uniques pour leur parfum et leur origine. L’histoire de la rose de Provins se devait d’être conservée. [Bruno Clergeot] »
On peut marcher pieds nus sur l’herbe fraîche et apprécier d’autant mieux la proximité de la nature et du chant des oiseaux innombrables.
Son jardin est remarquable par ses arbres, ses buissons, ses allées, ses pergolas et ses espaces de repos. Dans ce havre de paix, on entend le ru Lambert qui traverse le jardin en dévoilant ses bas-côtés, couverts de plantes humides comme la salicaire et l’épilobe et la reine des prés.
Si après avoir pris une tasse de thé à la rose, on continue de musarder car l’eau chuchote, c'est le Durteint et si l’on suit son cours menu, on arrive dans le jardin des simples. Menthe et sarriette, serpolet et romarin, le houblon et la consoude y donnent leurs cours d’herboristerie. La rose rouge de Provins est utilisée en médecine. Elle est riche en tanin qui est une substance végétale qui repousse virus et microbes. C’est un antioxydant naturel. La rose de Provins est un puissant astringent. Le jardin a été recréé à l’identique des jardins médiévaux où l’on cultivait thym, houblon, aneth et consoude.
Provins est la ville française de la rose. Tout se décline ici à la rose, confiserie, parfumerie, produits de soins et produits alimentaires.
Le rosier de Provins est un buisson rustique. Ce n'est pas une rose telle qu'on se la représente. Elle ressemble à une marguerite avec ses pétales largement ouverts et elle a une carnation rouge feu. C'est l'héroïne principale d’une pièce de théâtre que l’on aime découvrir sous les arbres et les buissons, sous les haies de charmilles. Et dans ce labyrinthe de pergolas savamment travaillées, les roses sont les actrices prodigues qui parlent aux visiteurs de leur histoire. Nous apprenons ainsi que Joséphine de Beauharnais, grande protectrice des roses a sauvé de l'oubli les rosiers anciens. En hommage à son travail qui a fait perdurer les anciens plants, la roseraie lui consacre la collection Malmaison. Les impressionnistes ont également leur parterre de rosiers panachés et même un rosier nommé Marcel Pagnol se rencontre.

Où mènent ces sentiers de ramures couverts qui serpentent sous des arches de roses intemporelles ?


Ginette Flora
Mai 2026



Bruno Clergeot fait assurément montre d'une connaissance profonde, d'une passion palpable et d'un dévouement sans bornes à cultiver et préserver la variété de ces roses anciennes ! C'est le témoignage sincère de l'amour d'un homme envers Dame Nature... et le patrimoine ! Grâce à lui, il nous est encore possible de rester en admiration devant la rose de Provins et grâce à toi, de découvrir son prodigieux travail ! Merci pour ce partage, Chère Ginette et belle journée à toi ! 🙏 😊🌹🌹🌹🌹🌹🌹