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La page du mélomane XXVIII- L'hiver de Vivaldi

Dernière mise à jour : 29 déc. 2025


Antonio Vivaldi est un compositeur de musique baroque italien. Il est né à Venise en 1678  et il est mort à Vienne en 1741. Considéré comme  le plus grand violoniste virtuose du 18ème siècle, il tombe dans l’oubli et n’est redécouvert qu’à l’époque moderne.

Compositeur prolifique avec plus de 450 concertos, c'est un genre qu’il a redéfini en donnant au premier soliste un rôle déterminant. A l’époque baroque, c’est le genre concerto grosso, un dialogue entre un groupe de solistes et orchestre, qui prédomine.  

Vivaldi développe le concerto pour un seul soliste violoniste qui tient le devant de la scène.  Virtuosité et performance sont mises ainsi en valeur.

Son œuvre phare  «  Les quatre  saisons » demeure sa création la plus célèbre. Ce n’est qu’en 1921 qu’est donnée sa première représentation publique et en 1948, l’œuvre est enfin connue du public.


L’hiver de Vivaldi


En cette saison hivernale,  on peut essayer de retrouver par la musique les  émotions que la nature peut délivrer quand elle se métamorphose.

Vivaldi reprend le sujet cher aux musiciens de son époque, qui est celui de la nature pour montrer les frissons que peuvent provoquer les changements des saisons.

La vidéo rapporte par des images le visuel d’un son et la vibration d’un rythme mélodique. L’hiver se décline non seulement par frottements de l’archet sur les cordes mais aussi par les glissades sur la neige, les silences glacés et  la blancheur d’un manteau de neige.

Ainsi les paysages de la nature  opèrent un lien entre le passé raconté  par les sons  et le présent qui se conjugue à l’image.





La mélodie est organisée autour des trois mouvements d’un concerto : vif-lent-vif. Cette structure indique trois ressentis de l’hiver. D’autre part, Vivaldi explique son concerto en l’accompagnant d’un argument littéraire. Il écrit un sonnet pour chaque saison.


Hiver, concerto N°4 en fa mineur


I . Allegro non molto A. Dans les neiges argentées, tremblants et gelés B. Par le souffle tranchant du vent glacé, C. On court et l’on frappe ses pieds contre le sol D. En claquant des dents, à cause du gel.

 

Les premières notes évoquent la chute des flocons de neige. Puis on entend se déchaîner les trilles rapides du violon. C’est le vent froid et mordant de l’hiver. Les images font défiler des glissades, des eaux verglacées, des forêts de sapins blottis. L’intensité du froid est rendu par la vivacité du violon qui s’impatiente de la froidure d’un temps où le silence pur contraste avec les rafales d’un vent mordant rendu par le solo du premier violon. La musique s’amplifie ensuite, semble embrasser les vastes étendues blanches où rien ne semble bouger hormis le craquèlement d’une poche de flocons.  


II. Largo EEnfin on s’assoit, paisibles et heureux, devant le feu Tandis que, dehors, la pluie tombe à verse.

Le deuxième mouvement  se recroqueville et cherche la chaleur auprès d’un feu qui crépite alors que la pluie tape sur les  vitres. C’est le calme d’un refuge que le violon exprime par des moments lents et expressifs.

 

III. Allegro F. On marche à pas lents sur la glace G. De peur de tomber. H. Car en allant trop vite, on perd l’équilibre, et l’on tombe à terre. I. On se remet sur ses pieds et, sur la glace, l’on court vite L. Avant que celle-ci ne se brise, et fonde. M. Derrière les portes closes on entend N. Sirocco et Borée, et tous les vents se faire la guerre C’est cela l’hiver, mais qui apporte aussi ses joies.

Le 3ème mouvement

Il commence par un violon solo puis l’orchestre s’échauffe pour enchaîner sur la tempête qui s’élève. Ce sont les grands froids du Nord. Les cordes rapides filent aussi vite que les glissades sur la neige, les chutes, les rebondissements que les images montrent par les sauts des skieurs.

Vivaldi fait vivre la nature. Les flocons de neige  dansent avec les notes. Le final est une apothéose. C’est la tempête de neige et ses violentes embardées sur les cimes des arbres.

Le texte en italien est tiré de la partition éditée par Bärenreiter en 2002.

 La traduction du texte est tirée du livre Antonio Vivaldi de Sylvie Mamy, Édition Fayard, 2011 


Vivaldi est un virtuose d’une musique de frôlements, de vertiges. Les notes chez lui glissent vers un certain plaisir, celui de retourner 300 ans en arrière et de croire un instant que Vivaldi tient l’archet comme si celui dont on n’a jamais retrouvé la tombe, revenait nous parler de lui.

Tressaillements, frissons, surprise des sens, plaisir de la vivacité exubérante et spontanée,  la joie chez Vivaldi est décidément contagieuse.


© www.meisterdrucke.fr- vivaldi 1723 fine arts prints


Notes :

Vivaldi est mort à Vienne et, après un service religieux à l’église St Charles Borromée,  il est enterré au cimetière de l’hôpital, le Burgerspital qui est abandonné en 1783.

Il est recouvert en 1818 par l’Université de technologie qui a été construite à cet emplacement.

Sur un pan du mur de l’université, une plaque commémorative rappelle que Vivaldi y avait sa tombe dans les fondations.

Ginette Flora

Décembre 2025

4 commentaires


viviane paseghian
23 déc. 2025

j'adore ... merciiii ❤️

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Super ! Moi aussi !

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Nicole Loth
Nicole Loth
20 déc. 2025

Les quatre saisons de Antonio Vivaldi, est un de mes concertos préfèré. J'aime écouter les sons qui courent, je m'imagine la rivière, et autres éléments de la nature...

Merci chère Ginette pour toutes ces nuances dans la musiques. Tu es une virtuose aussi.

Bon et doux week-end à toi !

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Bon week-end à toi aussi.

La semaine qui vient s'ouvre sur les fêtes.

Joyeux noël à toi et à ton fils Frédéric qui nous a si gentiment adoptés !

Bonne journée, ma chère Nicole.

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