La page du mélomane 40 - La musique baroque
- Ginette Flora Amouma

- il y a 4 jours
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Quelques rappels sur les pas précédents

Une flûte taillée avec des os et des peaux d’animal est retrouvée grâce à des fouilles archéologiques. A la période de la Préhistoire, on voulait reproduire le son du vent, le chant de l’oiseau, les bruits d’une feuille, l’air qui se remplit de vie à mesure que l’on respire, déjà on était intrigué et les hommes des cavernes avaient compris qu’un cri était porteur d’une voix d’où naît la musique.
Dans l’Antiquité, on eut affaire à Dieu, on lui donna tous les attributs, on chanta pour lui et parvenu au Moyen âge, le chant monodique, le plain chant, le chant a capella fut à l’origine de la musique savante occidentale. Le chant grégorien, le chant religieux se développèrent et les notes musicales furent notées. On les appelait les neumes.
On chantait à plusieurs voix, c’est la polyphonie incarnée par le motet, un chant à plusieurs voix. Puis la Renaissance étend la musique savante occidentale de Palestrina à Monteverdi en Italie à Tomas Luis da Victoria en Espagne puis à William Byrd et Thomas Tallis en Angleterre. Et avec l’école franco-flamande et l’école de Bourgogne, la Renaissance donne les bases de la musique savante occidentale.
Les aspects novateurs de la musique baroque
La musique baroque marque un tournant en sortant de la musique classique. Elle innove et crée une atmosphère expressive grâce à des ornementations et des techniques comme le contrepoint qui est l’art d’entrelacer différentes voix en suivant le degré et la succession des émotions qu’une voix peut produire. L’art conjugué du contrepoint qui varie les tonalités va donner au baroque une force expressive que chaque instrument aide à révéler.
La basse continue est un accompagnement, la présence d’une mélodie qu’un instrument, violoncelle ou clavecin, maintient en toile de fond tout au long de la mélodie pendant qu’un autre instrument s’empresse de donner la mesure, l’intensité, la dramatique ossature de la mélodie. C’est une mutation qui apporte une richesse d’ornementation à la voix et une volonté de traduire l’émotion venue de l’âme par une expressivité de la tonalité. Exprimer la tristesse, le chagrin, le bonheur ou la fureur sont les buts recherchés d’où l’atmosphère dynamique qui en résulte car le rythme est plus prononcé, plus évolutif et plus impétueux. Une énergie irrésistible se propage, dit-on.
D’où l’essor de l’opéra.
Le baroque lance l’opéra et Claudio Monteverdi en est le pionnier avec son Orfeo (1607). L’histoire d’Orphée est racontée de manière émotionnelle, ce qui saisit le public. Cet opéra provoque une onde de choc chez un public qui s’est senti capturé. C’est dans l’opéra que retentissent les formes instrumentales et où va graduer le parcours des sentiments.
Dès 1600, l’opéra, intègre la musique, le chant, le théâtre et la poésie dans un ensemble qui crée une démonstration d’un art total.
« Euridice » de Jacopo Péri est le premier véritable opéra et le public est touché par la façon dont se crée cette nouvelle forme musicale que Monteverdi porte au sommet avec son Orfeo. Ces innovations ont donné la musique classique telle qu’on la connaît aujourd’hui.
Extrait d’Euridice de Jacopo Peri
Extrait d’Orfeo de Monteverdi
D’autre part, d’autres formes musicales apparaissent comme la sonate et le concerto.
Les instruments dialoguent avec l’orchestre. Le concerto grosso et le concerto solo imposent leurs particularités. C’est Vivaldi qui fait entrer le concerto solo.
Les compositeurs de la musique classique baroque
Heinrich Schütz rentre d’Italie où le baroque s’est installé. Schütz, l’allemand introduit les techniques italiennes, ce qui a ouvert la voie de la musique baroque en Europe. Claudio Monteverdi et Heinrich Schütz ont contribué à donner à J.S. Bach et à G.F. Haendel les bases de la musique baroque.
J.S. Bach, né en 1685 en Allemagne, compose Le clavier bien tempéré et Les variations Goldberg. Son influence est considérable pour les compositeurs ultérieurs comme Beethoven et Chopin.
Georg Friedrich Haendel né en 1685 en Allemagne, est contemporain de Bach. Il compose le Messie, un oratorio dont l’Hallelujah reste un sommet dans la musique classique. Il compose des opéras comme Giulio Cesare et Rinaldo. Il fusionne les styles italien, allemand et anglais.
En France, le baroque est représenté par Lully, inventeur de la tragédie lyrique à la cour de Louis XIV et par Rameau sous Louis XV.
En Angleterre, c’est Henry Purcell qui avec son opéra « Dido and Aeneas » laisse à la postérité le terrible « Remember me and forget my fate », l’aria qui donne au baroque ses lettres de noblesse.
John Blow compose des chaconnes et des airs baroques . L'œuvre d'Orlando Gibbons est saluée par le pianiste canadien Glenn Gould qui enregistre la plupart de compositions de Gibbons.
John Blow
En Espagne, c'est Padre Antonio Soler qui tient le haut du pavé ( 1729-1783) avec ses sonates et son fandango.
En Allemagne, outre J.S. Bach et G.F. Haendel, il y a G.Ph.Telemann
Telemann avec le presto final du songe du roi, flûte à bec et traverso
En Italie, c’est Vivaldi qui nous fait exécuter quelques pirouettes sur ses quatre saisons.
Le baroque et nous
Le baroque, c’est la musique des émotions fortes, c’est du drame, de la virtuosité vocale et instrumentale, du mouvement. C’est l’aspiration à la liberté avec une alternance des mouvements lents et rapides. Le baroque extrait les sentiments humains, en parle sans crainte, les passions humaines y sont montrées sans fard et c’est une révolution.
Après le baroque, principalement après la mort de J.S.Bach en 1750, la musique sera représentée par W.A. Mozart, Joseph Haydn et Beethoven. Ce dernier se tient aux portes du romantisme. Le classicisme refait surface pour s’opposer aux trépidations baroques et se réfugie dans une composition maîtrisée et moins portée par un épanchement excessif des émotions, trouvant dans la traversée d’une composition de Mozart, quelques moments d’apaisement.
Cependant, le mouvement baroque conserve les acquis du baroque et perpétue les nouveaux genres musicaux comme la sonate, le concerto et les opéras. La musique de chambre avec quelques instruments connaît un bel essor.
Désormais la partition note le tempo, les nuances et le phrasé, l’écriture est codifiée, universelle. Les salles de concert accueillent le public, on ne joue pas du clavecin, on préfère le piano forte et la clarinette qui fait son apparition.
La musique baroque a donné aux générations ultérieures le goût de la création, forte des évolutions successives que la musique savante a traversées durant son histoire.
Ginette Flora

Juin 2026



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