La page de Marcel Faure - Poésies Décembre 2025
- Ginette Flora Amouma

- 10 janv.
- 4 min de lecture

Mots magiques
La croupe des collines
Cajole l’horizon
Quelques éclairs timides
Tisonnent les nuages
De marbre vert
Des forêts immobiles
Posent pour le soleil
Un peintre des mots
Mélange sa palette
Douceur d’un lai
Pour sa belle nature
Arabesque polyphonique
Des lettres polymorphes
Dessinent son poème
Des vers enlacent
Le vert des bois
Mosaïque assemblée
Par la magie des mots
**
Quand danse la lumière
Sur l’été assoupi
Et les corps alanguis
Tout semble étal
Sauf la mer qui tangue
Avec de ci de là
Une voile tranquille
Bercée par la houle
Et dans tes yeux de ciel
Des îles se devinent
Où tu iras demain
Plonger dans l’océan
**
La mer toujours
Des vagues jusqu’à la nausée
Et la plage qui fuit
La mer toujours
Des vagues qui bercent
Nos chagrins de plage
La mer toujours
Des vagues qui grignotent
Un château de sable
La mer toujours
Des vagues qui baignent
Le corps des vacances
La mer toujours
Des vagues des vagues
Encore et toujours
**
Le temps des barbares
Écume les campagnes
De toutes les récoltes
Forêt des murmures
Secrets des druides
Bouquets de gui
Entre les arbres
Des hommes veillent
Et soignent les corps
Il faut croire aux dieux
Qui bruissent dans les feuilles
Pour garder l’espoir
Les loups sillonnent les routes
Égorgent poules et cochons
La forêt est un refuge
Forêt des murmures
Les plaintes et les peines
S’épanchent dans les fougères
Hommes d’aujourd’hui
Sommes-nous si fous
Pour jouer autant de la hache
Où irons-nous demain
Si le destin se penche
Du côté de la mort

Chaque vague renferme
Le récit des marins
Qui l’ont chevauchée
Ou la mémoire vive
D’un été sur la plage
Et des châteaux de sable
Où commence la terre
La vague se retire
Emportant ses secrets
Il y a dans le ressac
Comme un renoncement
À vouloir se livrer
**
Trompe l’œil
Feuillage de bronze
Sirène qui pisse
Fossettes sur l’eau
Sur la margelle
À petits sauts
Un merle hésite
Douche ou bain
Trempe une plume
S’asperge se lisse
Quelques coups d’ailes
Picore du bec
Un raisin de métal
Les hommes manipulent
Des images trompeuses
Qui nous cassent le bec
**
En quenouille
Chaque jour m’a déchiré
Chaque jour m’a reconstruit
Je suis rapetassé de l’intérieur
Quand je pars en quenouille
Mes doigts filent des caresses
Mes mains brodent des tendresses
Que voulez-vous je n’ai que moi
Alors mes mots me rassurent
Ils me tricottent des sentiments
Je suis comme vous seul tout seul
Les corps qui nous frôlent
Ont des vies parallèles
Des coups de pieds au derrière
Voilà ce qu’il me faudrait
Avec les miens c’est difficile
Allez suffit ce coup de blues
Enfile ton sourire bonhomme
Ris-toi au nez qu’on en finisse
Tes tracas ne sont que broutilles
Que tu remues pour faire ta sauce
Ta vie vaut mieux que moins que rien
La passerelle d’un regard
Deux bras ouverts qui te fusionnent
Une bouche qui t’offre un baiser
Aime les gens qui t’aiment
Tourne avec eux toutes les pages
Le doux coton des jours heureux
**

Le secret des fraises
Attend l’ouverture
Du bocal de confiture
Pour raconter le jardin
Sauvagerie du vent
Le vent ne s’apprivoise pas
Même les éoliennes ont du mal
Mais on peut le chevaucher
Marine à voile
Parachute
Parapente …
Et puis un jour
Il culbute un avion
Le vent est un drôle de cheval
Un cheval qui aime sa liberté
Et qui rue de plus en plus fort
En renversant nos châteaux d’Espagne
Et qui rit
Et qui rit de toutes ses dents
En voyant notre déconfiture
**
Répondeur
Veuillez rappeler ultérieurement
Le poème est en cours d’écriture
Si vous voulez vraiment le poète
Déposez votre requête après le bip
Tant que la page est blanche
Je ne vous rappellerai pas
**
Donc je n’étais pas si nul …
Ô plagieur magnifique
Merci d’avoir signé
Mon modeste poème
J’en tairai le titre
Pour que sa gloire vous porte
Aux lauriers illusoires
L’honneur par procuration
M’incite à vous soumettre
Des textes bien meilleurs
Courez donc les salons
En me laissant jouir
Du plaisir d’être un nègre
J’aime cette couleur
Je m’y vautre à loisir
Signez signez pour moi
**
Ombre du corps
Fantôme de la nuit
Que promène le soleil
Vagabond un peu flou
Qu’on découvre ahuri
Toujours près de soi
Rêver d’un ciel gris
Court-circuitant le bleu
Le temps d’une pluie
Noyer l’ombre dans l’ombre
Se réfugier sous l’arbre
Ou marcher à contre soleil
Attendre midi
Pile au zénith
Oublier la nuit
**
Briseurs de vents
Panaches de verts
Cajoleurs d’écureuils
Amours de feuilles
Perchoirs célestes
Les arbres me travaillent la poésie
Et parfois s’y balancent
Un poème pendu
Du côté de Monfaucon
Oh bois d’usage loin des gibets
Construisez des maisons
Des ponts des passages
Habillez le Champagne
De jolis bouchons
À faire sauter sous les ombrages
Lorsque les arbres sans façon
Me travaillent la poésie
Marcel Faure

Janvier 2026




M comme Marcel comme Magnifique chaque fois ... j'aime tellement et en grand ! ❤️ (viviane)