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La page de Marcel Faure - Poésies Décembre 2025


Mots magiques

 

La croupe des collines

Cajole l’horizon

 

Quelques éclairs timides

Tisonnent les nuages

 

De marbre vert

Des forêts immobiles

Posent pour le soleil

 

Un peintre des mots

Mélange sa palette

 

Douceur d’un lai

Pour sa belle nature

 

Arabesque polyphonique

Des lettres polymorphes

Dessinent son poème

 

Des vers enlacent

Le vert des bois

 

Mosaïque assemblée

Par la magie des mots

 

**

 

Quand danse la lumière

Sur l’été assoupi

Et les corps alanguis

Tout semble étal

 

Sauf la mer qui tangue

Avec de ci de là

Une voile tranquille

Bercée par la houle

 

Et dans tes yeux de ciel

Des îles se devinent

Où tu iras demain

Plonger dans l’océan

 

**

 

La mer toujours

Des vagues jusqu’à la nausée

Et la plage qui fuit

 

La mer toujours

Des vagues qui bercent

Nos chagrins de plage

 

La mer toujours

Des vagues qui grignotent

Un château de sable

 

La mer toujours

Des vagues qui baignent

Le corps des vacances

 

La mer toujours

Des vagues des vagues

Encore et toujours

 

**

 

Le temps des barbares

Écume les campagnes

De toutes les récoltes

 

Forêt des murmures

Secrets des druides

Bouquets de gui

 

Entre les arbres

Des hommes veillent

Et soignent les corps

 

Il faut croire aux dieux

Qui bruissent dans les feuilles

Pour garder l’espoir

 

Les loups sillonnent les routes

Égorgent poules et cochons

La forêt est un refuge

 

Forêt des murmures

Les plaintes et les peines

S’épanchent dans les fougères

 

Hommes d’aujourd’hui

Sommes-nous si fous

Pour jouer autant de la hache

 

Où irons-nous demain

Si le destin se penche

Du côté de la mort

 


Chaque vague renferme

Le récit des marins

Qui l’ont chevauchée

 

Ou la mémoire vive

D’un été sur la plage

Et des châteaux de sable

 

Où commence la terre

La vague se retire

Emportant ses secrets

 

Il y a dans le ressac

Comme un renoncement

À vouloir se livrer

 

**

 

Trompe l’œil

 

Feuillage de bronze

Sirène qui pisse

Fossettes sur l’eau

 

Sur la margelle

À petits sauts

Un merle hésite

 

Douche ou bain

Trempe une plume

S’asperge se lisse

 

Quelques coups d’ailes

Picore du bec

Un raisin de métal

 

Les hommes manipulent

Des images trompeuses

Qui nous cassent le bec

 

**

 

En quenouille

 

Chaque jour m’a déchiré

Chaque jour m’a reconstruit

Je suis rapetassé de l’intérieur

 

Quand je pars en quenouille

Mes doigts filent des caresses

Mes mains brodent des tendresses

 

Que voulez-vous je n’ai que moi

Alors mes mots me rassurent

Ils me tricottent des sentiments

 

Je suis comme vous seul tout seul

Les corps qui nous frôlent

Ont des vies parallèles

 

Des coups de pieds au derrière

Voilà ce qu’il me faudrait

Avec les miens c’est difficile

 

Allez suffit ce coup de blues

Enfile ton sourire bonhomme

Ris-toi au nez qu’on en finisse

 

Tes tracas ne sont que broutilles

Que tu remues pour faire ta sauce

Ta vie vaut mieux que moins que rien

 

La passerelle d’un regard

Deux bras ouverts qui te fusionnent

Une bouche qui t’offre un baiser

 

Aime les gens qui t’aiment

Tourne avec eux toutes les pages

Le doux coton des jours heureux

 

**

 

 

 

 

 Le secret des fraises

Attend l’ouverture

Du bocal de confiture

Pour raconter le jardin


Sauvagerie du vent

 

Le vent ne s’apprivoise pas

Même les éoliennes ont du mal

Mais on peut le chevaucher

Marine à voile

Parachute

Parapente …

Et puis un jour

Il culbute un avion

Le vent est un drôle de cheval

Un cheval qui aime sa liberté

Et qui rue de plus en plus fort

En renversant nos châteaux d’Espagne

Et qui rit

Et qui rit de toutes ses dents

En voyant notre déconfiture

 

**

 

Répondeur

 

Veuillez rappeler ultérieurement

Le poème est en cours d’écriture

Si vous voulez vraiment le poète

Déposez votre requête après le bip

Tant que la page est blanche

Je ne vous rappellerai pas

 

**

 

 Donc je n’étais pas si nul …

 

Ô plagieur magnifique

Merci d’avoir signé

Mon modeste poème

 

J’en tairai le titre

Pour que sa gloire vous porte

Aux lauriers illusoires

 

L’honneur par procuration

M’incite à vous soumettre

Des textes bien meilleurs

 

Courez donc les salons

En me laissant jouir

Du plaisir d’être un nègre

 

J’aime cette couleur

Je m’y vautre à loisir

Signez signez pour moi

**

Ombre du corps

Fantôme de la nuit

Que promène le soleil

 

Vagabond un peu flou

Qu’on découvre ahuri

Toujours près de soi

 

Rêver d’un ciel gris

Court-circuitant le bleu

Le temps d’une pluie

 

Noyer l’ombre dans l’ombre

Se réfugier sous l’arbre

Ou marcher à contre soleil

 

Attendre midi

Pile au zénith

Oublier la nuit

 **

 

Briseurs de vents

Panaches de verts

Cajoleurs d’écureuils

Amours de feuilles

Perchoirs célestes

Les arbres me travaillent la poésie

Et parfois s’y balancent

Un poème pendu

Du côté de Monfaucon

 

Oh bois d’usage loin des gibets

Construisez des maisons

Des ponts des passages

Habillez le Champagne

De jolis bouchons

À faire sauter sous les ombrages

Lorsque les arbres sans façon

Me travaillent la poésie

 

Marcel Faure

Janvier 2026

 

1 commentaire


Invité
11 janv.

M comme Marcel comme Magnifique chaque fois ... j'aime tellement et en grand ! ❤️ (viviane)

Modifié
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