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La page de Marcel Faure - Poésies de Juillet 2026

9 août
3 min de lecture

Soleil bruyant

Jactance des villes

Le jour sonne fort

 

Invoquer le silence

Revient à crier dans le désert

 

Les oreilles sont des plaies

Où s’engouffre le vacarme

 

L’homme urbain devient sourd

 

Le ciel s’agite

Vent sauvage

Pluie soudaine

 

Quelle est douce la chanson de l’eau

 

L’asphalte s’attendrit

N’est plus que chuintement

 

Le versant volubile des hommes

S’est mis à l’abri

 

J’aime les silences musicaux

Qui martèlent les rues

 

**


Querelle de mémoire

Quels chemins familiers

Mes jambes ont emprunté

 

Pierraille ou mousse

Sable ou chaussée esquissée

Sentes à peine tracées

 

Brouhaha des feuilles

Oiseaux jacassant

Silences hachés de ciel

 

Gloire de mes jambes

Qui remuent immobiles

Et qui salivent de plaisirs

 

Mes chaussures accrochées

Contemplent le bonhomme

Fouillant ses vieilles cartes

 

**

 

Flâneur des livres

Tu respires les parfums

Des étalages exotiques

 

Dans ta chambre

Tu voyages si vite

Tes lunettes pour horizon

 

Ton visage s’éclipse

Le temps d’un mot

Que ton esprit palpe

 

La loi implicite du récit

Magique se révèle

Te sauve du quotidien

 

Rien de pénible

A gravir l’histoire

Jusqu’à son dénouement

 

**

 

Troupeau des jours

J’écris en gris

Cherchant l’improbable

 

Sur mon clavier atone

Coup de soleil

Tu passes souriante

 

Ce sourire me chavire

Je l’accroche à ma page

En dézinguant le gris

 

Douceur des jours heureux

Où le bonheur se pose

Sur la branche d’un vers

 

Et je déclame

Pour qui veut bien l’entendre

La beauté de tes yeux

 


Couleurs à vif

Qui me grattent les sens

Tout vibre

La nature me chavire

De ses mille nuances

Je vois

Mais je reste aveugle

Tant de choses m’échappent

 

**


Suspendu à mes yeux

Un ciel d’étoiles

Brûle mes rêves

 

Un blues échappé

D’une gorge râpeuse

Construit sa légende

 

Tempo lent d’une nuit

Proche d’un solstice

Une rue clignote

 

Un diable hilare

Dans sa niche de pierre

Déclame du Prévert

 

Petite monnaie d’étoiles

Dans une flaque perdue

Que mon pied disperse

 

Je n’ai plus de paupières

Pour protéger mes rêves

De l’appel du large

 

**

 

La nuit déshabillée

S’endort à l’aurore

Sur un lit de rosée

Secrets humides

La nuit s’évapore

Invisible au jour

Elle voyage incognito

Vers d’autres hémisphères

 

 

J’ai pris mes chemins sous ma plume

Je marche à mots légers

Sur les routes de l’âme

 

Souvenirs migrateurs

Mes oiseaux de passage

Qui parfois me nourrissent

 

En tous sens mes mots

Se heurtent au quotidien

Ce vent frais de la vie

 

Et le cœur s’accélère

La route se précise

Je marche page à page

 

Oh ces pistes noires

Sous la main qui les trace

Me surprennent et m’emportent

 

**


Balade ballade

 

Ivresse des vents

Je marche dans les quatre saisons

Soif des jours

Et des explosions de couleurs

 

Mauve des crépuscules

Dans l’intimité de l’automne

Où les arbres s’inquiètent

En perdant leurs feuilles

 

L’hiver souvent hésite

Entre le blanc et le gris

Et s’éclate à Noël

Dans des rouges pépères

 

L’éclat trop bleu de l’été

Résonne sur la mer

Touche des parasols

Sur les corps alanguis

 

Quand les fleurs se bousculent

Pour envahir les prés

C’est le printemps qui passe

En réveillant les verts

 

Mon âme en poésie

Me balade souvent

Sans fatiguer mes jambes

Qui portent trop d’années


 **


Oiseaux endormis

Qui rêvent de ciel bleu

Dans le creux d’un vieux tronc

Quelle danse quelle extase

Vos ailes se déplient

L’air frémit et vos plumes

Doucement se soulèvent

 

Dans la langue des hommes

Mes songes sont étranges

Et je vole sans bruit

Jusqu’au creux de votre arbre

Veiller sur votre nid

 

**

 

Avant-poème

 

Un rêve en ordre de marche

Une peau au goût d’été

Un frisson d’ile vierge

Un soupçon d’arc-en-ciel

Une odeur de forêt

La musique d’une promesse

Un murmure en couleur

Une lumière câline

Une conscience aiguisée

La vie à pleines dents

Des hommes multicolores

Une arche de Noé

Un espoir insensé

Un horizon immense

Un jour sans caniveaux

Et des enfants rieurs

 

** 

 

Lovée dans le soleil

Une ombre oubliée

S’étrangle de lumière

 

Corps fantôme

Odeurs de cendres

Incendie coup de poignard

 

Il était beau son mec

Son abondante chevelure

Sa taille de géant

 

Dominant les saisons

Affamé de soleil

Il défiait la foudre

 

Son futur vénérable

Gâché par l’allumette

Et le vent inconscient

 

Une ombre résistante

Montre sa silhouette

Mémoire de sa splendeur

 

**


La nuit veille

Des bruits creusent le silence

 

Pour boire tranquille

La lune retient des nuages

 

Au gré des arbres

Des ombres s’éparpillent

 

Marcher sous les étoiles

Le corps absout de la vie

 

Étoiles filantes

Des mots fluides m’accompagnent

 

Rituel de mes jambes

Elles savent le chemin par cœur

 

Au passage je me déleste

J’archive des souvenirs

 

Bien cachés sous des rochers

Ils attendront tranquillement

 

Plus léger je progresse

Vers l’ampleur de la lumière


 

Marcel Faure

Août 2026

 

 

1 commentaire


viviane parseghian
11 août

Magnifique voyage ... toujours ! Merci Marcel, merci Ginette

"Dans la langue des hommes

Mes songes sont étranges

Et je vole sans bruit

Jusqu’au creux de votre arbre

Veiller sur votre nid" Comme c'est beau !❤️

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