La nuit de Walpurgis
Dernière mise à jour : 9 mai

© citylife.esch.lu la nuit de Walpurgis
Elle se fête dans la nuit du 30 avril au 1er mai. Elle est issue de deux cultures principales. Son culte est un rituel laissé par un héritage celtique. Les celtes célèbrent la fin de l’hiver et le début du printemps qui est nommé la Beltaine. C’est une fête païenne au cours de laquelle un arbre de mai est planté, des bûchers sont allumés rappelant les rites de purification.
L’introduction des épisodes liés à la sorcellerie et aux célébrations lugubres vient de la fête de Walburge, issue d’une croyance mythologique qui s’est ancrée particulièrement en Allemagne et qui se pratique dans les pays avoisinants comme la Belgique, la Finlande, l’Estonie et la France où le passage des sorcières dans la nuit de la nouvelle saison est devenu déterminant rappelant les rites de passage de la nuit d’Halloween. Les déesses du printemps mettaient fin à l’hiver au cours de danses endiablées et de pratiques de sorcellerie.
Sainte Walburgis ou Walpurge (710-779) est la fille d’un roi saxon, Richard. C’est une religieuse bénédictine qui a été envoyée en Allemagne pour diriger l’abbaye de Heidenheim en Bavière. Elle est connue pour avoir diffusé le christianisme au sein des communautés en créant des monastères et prodigué des bienfaits au sein du peuple en soignant leurs souffrances et en les aidant à trouver la paix dans la recherche d'une voix spirituelle.
Elle meurt dans l’abbaye dans la nuit du 1er Mai, sa fête coïncide avec la fête du printemps. A sa mort, une huile miraculeuse sourd de son corps, se manifestant comme un remède efficace pour de multiples guérisons, ce qui consacre l’abbesse comme une guérisseuse. La nuit de Walpurgis est aussi une fête chrétienne.
Dans la culture populaire païenne et chrétienne
Pour le peuple, la nuit de Walpurgis revêt plusieurs significations et aucune d’elles n’est écartée, traversant toutes les époques, s’adaptant à l’évolution des pensées et ne gardant que le lien qui les unit tous et qui est la célébration du printemps.
1/ A l’origine, le culte païen identifiait l’arrivée du printemps comme des forces nouvelles et vives qui chassaient les rigueurs de l’hiver présentées sous la forme de divinités haineuses et dangereuses qui fomentaient leurs méfaits sulfureux dans des démonstrations explosives au sommet d’une montagne, le blocksberg ou brocken, lieu de rencontre des sorcières.
De cette image, sont nés les bûchers, les feux destinés à chasser les démons et toute forme de sorcellerie. Des danses frénétiques et diaboliques destinées à épouvanter les esprits haineux sont exécutées, la matière brute, rude et sauvage subsiste quand les éléments primitifs sont repris.
2/ Mais la fête du printemps, c’est aussi la joie, le renouveau et d’autres rites accompagnent la nuit de Walpurgis par des rituels festifs comme la plantation d’un arbre, la présentation des plantes printanières et la joie de se retrouver pour entrer dans un nouveau cycle saisonnier.
La nuit de Walpurgis devient ainsi le lien qui transfigure, permet de retenir le sens traditionnel et la célébration de la nature qui signifie l’éclosion des fleurs, la naissance des végétaux et la vie nouvelle que la terre réveille après un long endormissement.
C’est aussi une réflexion sur le mystère, sur le passage des deux zones qui ont cohabité en gardant leur posture tout en parvenant à dépasser le rejet chrétien pour le culte païen.
Dans les arts et les lettres
Ce phénomène n’est pas sans inspirer les poètes, les écrivains, les peintres et les musiciens.
-Johann Goethe ( 1749-1832) écrit une pièce de théâtre « Faust » où il introduit la scène de la nuit de Walpurgis qui se déroule sur le blocksberg où Faust et Méphistophélès se retrouvent au centre d’un sabbat.
- Paul Verlaine écrit dans Les Poèmes Saturniens :
C’est plutôt le sabbat du second Faust que l’autre.
Un rythmique sabbat, rythmique, extrêmement
Rythmique.— Imaginez un jardin de Lenôtre,
Correct, ridicule et charmant.
Minuit sonne et réveille au fond du parc aulique
Un air mélancolique, un sourd, lent et doux air
De chasse : tel, doux, lent, sourd et mélancolique,
L’air de chasse de Tannhäuser.
En musique, Félix Mendelssohn compose une cantate :
" La première nuit de Walpurgis" raconte l’histoire des païens qui célèbrent leur fête de printemps en dépit de la persécution chrétienne. L’œuvre comporte des solos lyriques, des interludes et des passages choraux.
En peinture,
Paul Klee ( 1879-1940) tableau Nuit de Walpurgis en 1935,

Gustav Adolph Spangenberg ( 1828-1891) peint également un tableau en 1862
Albert Zimmermann(1808-1888) peint « la nuit de Walpurgis »

A l’époque moderne le récit est réinterprété et s’attache à étudier les contrastes entre deux thèmes, tradition et modernité, société et identité, rigueur et liberté.
Le cinéma et les séries télévisées s’approprient le thème.
A l’époque contemporaine, ce phénomène culturel est entré dans la conscience collective. Il est symbole, motif, idée, un lien très fort pour explorer la veine imaginative qui est source d’un mystère qui interpelle.
A l’origine, c’était un rituel païen. Ensuite, il est confronté à une fête chrétienne. Puis il est devenu, à travers maintes métamorphoses, un phénomène culturel qui reflète le monde actuel de l’interpénétration des cultures et la permanence de certains points primordiaux qui, comme le lien préservé pour l'amour de la nature et la qualité des retrouvailles avec le printemps, donnent à la nuit de Walpurgis une facette historique qui ne s’étiole pas.
Avril 2026

Ginette Flora




Commentaires