La fête de la Holi ou les couleurs du printemps
- Ginette Flora Amouma

- 4 mai
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours

© France effect- la poudre holi
L’équinoxe du printemps se situe vers la fin mars. Dans le calendrier national indien, le nouvel an indien débute le lendemain de l’équinoxe de mars alors que dans le calendrier grégorien, les dates des équinoxes sont liées par convention à celles du printemps et de l’automne.
En Inde, la Holi fête le début du printemps et la célébration de la fertilité. Les légendes assorties à l’événement célèbrent le désir amoureux, la joie du renouveau, la victoire du bien sur le mal et le sacre du partage d’un moment unique où l’humain n’est plus le serviteur des charges de son identité. Ce jour-là, il n’est qu’un humain, un statut qui est célébré dans l’ivresse de la joie. C’est le jour où les êtres humains dépassent les codes et les conventions qui les séparent et les cloisonnent. C’est le jour où tout se dissout, clans et castes, inférieurs et supérieurs.
C’est une fête qui est davantage suivie au nord de l’Inde et dans les cultures limitrophes comme le Népal.
Au sud de l’Inde, la fête de la Holi n’est pas uniformément suivie par toutes les communautés, chacune se conformant aux usages locaux.
l a légende de Holika
La Holi est une très ancienne fête qui se pratiquait déjà à l’antiquité. A l’origine, les rituels se déroulent sur deux jours, le premier jour étant consacré à allumer un bûcher car Holi signifie « brûler », le feu signifiant la victoire sur le mal au cours d’un défi qu’un roi lança à son fils qui préférait entrer en religion. Le fils refusa de s’incliner devant son père qui, frustré, lui ordonna de s’allonger dans le feu en compagnie de sa tante Holika. Le fils accepta et fut sauvé tandis que la tante périt dans les flammes. C’est le signe du triomphe du bien sur le mal.
Le rituel des pigments
C’est un gage d’amour. Il sert à masquer les visages. Ce jour-là, la peau n’a pas de couleur. Le dieu de l’amour craignait de n’être pas à son avantage le jour où sa dulcinée le verrait. Ses conseillers lui dirent de se barbouiller le visage de la couleur qui lui semblerait la plus admirée et d’en couvrir aussi le visage de son aimée. Ainsi, l’amour va plus loin que la simple couleur de la peau.
Pour donner un sens plus ésotérique aux couleurs, le jour de la Holi est aussi le jour où les couleurs de la nature sont magnifiées, chacune prenant une signification particulière. Le rouge est la couleur de la passion et de la fertilité, elle est la plus utilisée. Elle incarne le sang de la vie, elle est le symbole du mariage, elle brûle d’une poésie intense. Le bleu célèbre la divinité, le vert a le souci de l’harmonie et l’orangé est plein d’optimisme mais le jaune safran, plus orienté vers le mysticisme, s’immisce partout.


© statcan.gr- fête des couleurs
© pigments–protégez-vous.ca
Le dieu Kama est connu pour être comme son homologue, l’éros grec. Il utilise un arc et des flèches pour inciter à répandre l’amour. C’est le dieu qui encourage la perpétuation de l’espèce humaine.
Les pigments rappellent que la couleur de la peau est la couleur de l’amour.
Du fait de la diaspora et de la présence de multiples communautés vivant à travers le monde, que ce soit en Europe, en Afrique, aux USA ou en Extrême-Orient, la Holi s’est exportée partout dans le monde.
A Paris, au Jardin d’Acclimatation, est prévue la fête de la Holi le 31 Mai 2026 avec danses, chants, concerts et lancers de poudre de riz coloré.
Dans les arts et les fictions
Les arts cinématographiques reprennent le rituel de la Holi dans les épisodes de leurs films bollywoodiens et dans les comédies romantiques où la profusion de scènes colorées jettent des notes exubérantes et luxuriantes de joie expansive. Souvent la fête se prolonge en invitations à des repas où l’excès de friandises aux oléagineux fait oublier les prochains jours.
C’est devenu la célébration des couleurs. Danses et représentations scéniques rappellent que les réjouissances mettent surtout l’accent sur un humanisme de partage et de cohésion sociale.
En musique, l’artiste Paras Nath est connu pour ses concerts où il exerce sa maîtrise du plus ancien instrument, la bansuri dont le bruit laisse une inoubliable émotion. Paras Nath est issu d’une dynastie de flûtistes de grand-père, de père, de frère...en fils et ce, depuis quatre siècles.
Il poursuit la longue lignée des musiciens de sa famille en se produisant dans différents concerts et festivals. Il compose également les bandes originales de films et contribue à faire perdurer une profonde tradition au dévouement de la bansuri qui est associée au dieu Krishna, ce berger qui tirait de sa flûte des mélodies inspirées autant par l’amour divin que l’amour profane.
La bansuri est une flûte en bambou du sous-continent indien.
En peinture, aquarelles et dessins n'hésitent pas sur la couleur pour faire exploser les flammes rouges et jaune orangé symbolisant une joie délivrée de toute autre forme d’encordage.

© pngtree watercolor- festival of colors
Ginette Flora

Mai 2026



On ne se lasse pas de cette Fête des couleurs portée par ton texte et tes illustrations, chère Ginette et par la musique de Fred 😍 😍 ! Un grand merci à vous deux et bonne soirée !
Magnifique cette Fête des Couleurs, tu m'as appris beaucoup et j'ai aimé me perdre dans tes lignes (mais toujours ...) Merci, Ginette ❤️
Chère Ginette, c'est un grand plaisir que tu me fais là ! Aussi, de te remercier d'avoir partagé avec nous, ces précieuses informations sur Holi, la Fête des Couleurs ! Ton article est une véritable invitation à plonger dans cette célébration si joyeuse et colorée durant laquelle, on fait fi des différences ! Voilà, qui est un bel exemple de tolérance. Ton texte apporte également tous les éclaircissements nécessaires sur ce sujet que j'avais tout juste et bien modestement frôlé de la note sur "Colors Of Holi Dreams" ! Merci encore pour ce partage si riche et inspirant ! De te souhaiter une agréable journée ! 🙏😊