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Hippolyte et Aricie, un opéra de J.P.Rameau


© operadeparis.fr / J.P.Rameau : Hippolyte et Aricie


Jean-Philippe Rameau est un compositeur français, né à Dijon en 1683 et mort en 1764 à Paris.  Hippolyte et Aricie  est son premier opéra, une tragédie lyrique qu’il compose en 1733. C’est l’ère où l’opéra se construit autour du schéma conforme à l’époque baroque de la musique occidentale.

 En cela, la tragédie lyrique chantée répond à quelques traditions incontournables :

-          De nombreux personnages participent à l’histoire.

-          Les dieux abondent, leur présence est omniprésente, leurs volontés également.  Ils influent dans la destinée de chacun. La mythologie est une source d’inspiration et les sujets sont pris dans les textes de la mythologie gréco-romaine.  

-          Un prologue et cinq actes prolongent la durée de la tragédie par des intermèdes, des danses, des chœurs et des scènes où les décors ont une grande importance.  Ce sont des scènes champêtres ou des décors de piété, les temples ayant une grande importance dans le déroulement de l’action.  

Ces procédés inhérents à l’opéra de l’époque baroque seront profondément modifiés,  et réétudiés au profit de l’opéra  de l’ère romantique  qui se détournera systématiquement des sujets mythologiques pour se recentrer sur des contes et des sujets sociétaux. 

Pour l’époque baroque, l’action se doit être longue et pourvue de scènes parallèles qui sont chargées de donner une peinture de l’action dramatique. Le propos lui-même s’inspire de la tragédie Phèdre de Jean Racine. En France à cette époque, il y a déjà deux traditions, celle de l’écriture musicale de Lully considérée comme savante et l’écriture de Jean-Philippe Rameau qui apporte des nouveautés dans ses partitions. C’est en pleine querelle des Lullistes et des Ramistes qu’est représentée la tragédie Hippolyte et Aricie.

 

Cet opéra fut joué plus d’une centaine de fois au 18ème siècle mais il disparut ensuite du répertoire de l’opéra de Paris pendant longtemps.

Il faut attendre  le 13 mai 1908 pour qu’il soit représenté sur les indications du compositeur français Vincent D’Indy.


 LE RESUME


LE PROLOGUE  

 D’entrée de jeu, la présence des divinités, Diane et Amour signalent leur propos dans la pure tradition de l’époque. Les divinités se disputent pour savoir qui est la plus  aimée. Jupiter vient arbitrer le conflit et apaise tout le monde  des nymphes de la forêt. 

 Aria :  « Plaisirs, doux vainqueurs »





 ACTE 1


Dans le temple sacré, Aricie, sans nouvelles d’Hippolyte décide de se convertir en   prêtresse du temple.

 Aria «  Temple sacré, séjour tranquille »






Hippolyte réapparaît et conjure Aricie de n’en rien faire et il lui jure amour et fidélité.

« Mon trouble, mes soupirs, vos malheurs, vos appas, Tout vous annonce un cœur trop sensible et trop tendre.»   

Mais Phèdre voit en Aricie une rivale et songe à détruire le temple. Diane la déesse intervient et y met bon ordre en protégeant les deux jeunes gens.

Phèdre se confie  à sa confidente Oenone. « La terre et le ciel contre moi sont armés ».  On annonce que Thésée, l’époux de Phèdre est en voyage aux Enfers. Phèdre trouve le moment venu pour mettre à exécution son projet d’épouser Hippolyte et de le couronner roi à la place du roi.

 

ACTE 2  


Or Thésée, le fils de Neptune est descendu aux Enfers pour secourir un ami. L’acte 2 fait apparaître une  cohorte de dieux  et d’esprits.  Pluton, Mercure, Neptune, les Parques, les dieux de la mer, les chasseurs participent à repousser ou influer sur les désirs des uns et des autres.  Pluton condamne le héros à suivre son ami dans les Enfers mais Mercure rappelle à Pluton que Neptune, le père de Thésée doit aider son fils à trois reprises.  Pluton laisse partir Thésée mais lui révèle son destin par la voix des Parques.

 Aria : «  Quelle soudaine horreur ton destin nous  inspire ? Où cours-tu ? Malheureux ! Tremble, frémis d’effroi. Tu sors de l’infernal empire, Pour trouver les Enfers chez toi. »







  ACTE 3


Phèdre supplie la déesse chasseresse Diane de lui rendre l’amour d’Hippolyte.

Cruelle mère des amours





Phèdre déclare son amour à Hippolyte qui, horrifié,  déclare qu’il ne veut régner que dans le cœur d’Aricie. Phèdre, glacée d’horreur, arrache l’épée d’Hippolyte. Est-ce dans le but de se donner la mort ou de porter un coup fatal à Hippolyte ?

C’est sur cette posture que la suite embraye car Thésée apparaît à ce moment et se méprend sur le geste de Phèdre. Il croit que c’est Hippolyte qui a fomenté un attentat contre  sa belle-mère. Thésée le roi réclame le sang d’Hippolyte qui réclame un châtiment divin envers Phèdre.  

C’est le troisième vœu de Thésée.

Ritournelle





ACTE 4


Le décor change. On est dans la forêt de la déesse Diane où Hippolyte s’est refugié et se lamente :

« Ah faut-il en un jour perdre tout ce que j’aime ! Dieux ! Pourquoi séparer deux cœurs que l’amour a fait l’un pour l’autre ? » 

Aricie le rejoint et tous deux enfin éclairés sur la situation décident de s’unir quand un monstre jaillit et précipite Hippolyte dans  la mer.


 Phèdre la belle-mère est prise de remords :  

 Aria : « quelle plainte en ces lieux m’appelle …  »


dans l’extraordinaire prestation de Jessye Norman.




 

 ACTE 5


Thésée comprend enfin que tout le mal vient de Phèdre et non d’Hippolyte. Il la voue aux gémonies. Phèdre se suicide quand elle apprend qu’Hippolyte n’est pas mort et qu’il a été sauvé par Diane pour que les deux jeunes gens, Aricie et Hippolyte puissent enfin être unis.

La forêt retentit de la joie des heureux événements.


 Aria «  Rossignols amoureux »




C’est une œuvre considérée comme audacieuse, d’une sombre beauté où les arias  et les intermèdes musicaux se déclinent dans un déploiement d’amour et de haine, de luttes et d’accords passés avec les divinités  mettant chaque personnage devant un dilemme écrasant : Phèdre et sa passion, Hippolyte et son père, Aricie  et ses vœux sacrés.  

Les arias sont portés par des flûtes et des cordes dans les duos et les moments de grande intensité lyrique. Les décors, les divers tableaux de forêt et de mer rappellent les grandes œuvres picturales de ces peintres qui aiment laisser courir leur pinceau sur de larges toiles.

Les rondeaux champêtres et les arias marines brossent un décor mythique.

Tous les rôles ont leur importance car les dieux participent au destin des hommes et les Parques, ces divinités du destin,  ne  se privent pas d’en prédire  les prochains coups.

La représentation de cette œuvre s’inscrit dans la grande redécouverte du baroque français, au XXème siècle.


Ginette Flora

Mai 2026

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