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L'histoire de Chypre à travers quelques dates clés

il y a 7 heures
6 min de lecture

La visite des sites archéologiques a permis de mieux comprendre les diverses influences extérieures qu’a reçues l’île de Chypre. Un arrêt contemplatif devant les lieux les plus anciens, villages retirés sur les flancs de son massif montagneux, son Olympe, mais toujours proche de la mer, reporte l’attention sur la vie des premiers hommes qui sont venus peupler l’île et y ont laissé leur empreinte avant de repartir vers de nouveaux rivages en suivant la courbe d’une rivière. L’eau est d’autant plus précieuse qu’il n’y a qu’une trentaine de rivières sur l’île. Les périodes de sécheresse ralentissent leur débit. Torrents et sources sont l’objet d’une vénération. Aphrodite en surgissant de l’écume ne se charge pas seulement d’une évocation mythique. Elle incarne l’espoir d’une vie comparable à celle des dieux. 



 1/ Khirokitia


La préhistoire a laissé dans l’île de Chypre d’étonnants sites qui témoignent de la vie des premiers hommes chasseurs cueilleurs. Plusieurs sites ont été exhumés et il en est un qui est encore étudié et fouillé, la terre n’ayant pas fini de révéler ses traces d’humanité.

L’un de ces sites, celui de Khirokitia reste un précieux lieu couvert de vestiges et de remparts entièrement construit avec de la pierre. Ce site abandonné puis réoccupé a été définitivement abandonné vers 4000 av J.C. La qualité des constructions, des plans et des volumes de l’architecture ne laisse pas indifférent le visiteur qui remarque le contraste saisissant entre ce lieu couvert de blocs de pierres qui fait face à un lieu couvert d’immeubles en béton. L’affluent de la rivière Maroni les sépare pour mieux éclairer le passage du temps. Elle a coulé l’eau pour les hommes des premiers âges comme elle coule encore pour les hommes de notre temps.

 

2/ Amathous et Kourion


Amathous est un site archéologique qui figure au patrimoine de l’UNESCO. C’est une cité fondée en 1100 av J.C.

C’est une des principales cités antiques de Chypre et qui a également fait l’objet de fouilles. Amathous se situe à la croisée des routes commerciales couvrant la Grèce et le Proche-Orient ainsi que l’Egypte, ce qui a généré de forts courants d’influence entre les diverses cultures. C’est un vaste espace archéologique qui comprend la visite de plusieurs aires soit restaurées soit restées à l’identique. Des nécropoles serpentant sous terre, forment des groupements de sépultures ou de tombes séparées qui témoignent d’un espace funéraire antique.

Kourion est le vestige le plus impressionnant de Chypre. Il surplombe la mer et il est perché sur une falaise.

Il comprend un théâtre gréco-romain agrandi par les romains et restauré par les missions ultérieures. Des spectacles et des festivals y sont toujours organisés.



Au loin la mer et les plages.

On peut imaginer la beauté quasi mythique des spectacles.



L’emplacement comporte aussi l’existence de trois maisons remarquablement intactes et sublimés par les décorations intérieures en céramique. Les sols en mosaïque représentant des scènes domestiques, religieuses ou mythiques sont restées intactes et datent du Vème siècle av. J.C.

Il s’agit de la maison d’Achille, de la maison des gladiateurs et de la maison d’Eustolios. Le sanctuaire d’Apollon est situé un peu plus loin.

Les visites des sites archéologiques se complètent avec les visites dans les musées de Chypre dont le plus grand et le plus ancien est le Musée de Chypre où sont conservés tous les objets retrouvés lors des fouilles faites par les archéologues.

 

3/ La période classique et la fin des royaumes chypriotes


Les rois chypriotes s’allient avec Alexandre le Grand le macédonien qui intègre le royaume chypriote dans son nouvel empire et instaure la culture grecque. La vie politique et socio-économique passe aux mains des nouveaux dirigeants.

A la mort d’Alexandre le Grand, une guerre de succession entre deux dynasties fragilise les instances politiques, chacune des branches régnantes voulant obtenir le pouvoir. La dynastie des Lagides avec Ptolémée et celle de Perdicaas avec Antigone et Démétrios, celui-ci gouverne jusqu’à son départ en Grèce.

Ptolémée reprend le pouvoir et y reste jusqu’à son dernier successeur, la reine Cléopâtre et jusqu'à l’arrivée des romains en 58 Av J.C.

C’est la période où l’art de la poterie et de la céramique se développe avec le travail des artisans locaux qui infusent dans leurs procédés traditionnels les éléments venus d’ailleurs,  principalement des cités avoisinantes.  

La période gréco-romaine a aussi son site archéologique avec le parc de Paphos qui est à lui seul est une cité ancienne avec sa nécropole, ses luxueuses villas, son église épiscopale et tous les vestiges laissés par le passage des différentes cultures.


4/ Le Moyen-Age et les dominations successives (395-1571)


L’empire romain perd sa suprématie sur la Mare Nostrum et lors de sa division, l’empire byzantin s’installe à Chypre.


-        L’empire byzantin (395-1192)

La culture grecque et la culture orthodoxe prospèrent côte à côte pendant huit siècles. C’est le temps des églises orthodoxes d’une grande richesse décorative. Des peintures murales et des icônes abondent et les autels sont de véritables foisonnements de motifs et de matériaux précieux, des niches cachant les trésors décrits par les textes religieux.

Le tabernacle contenant un morceau de corde qui a ligoté le Christ sur la croix ne cesse de fasciner les esprits.


-        Puis les Francs et les vénitiens arrivèrent (1192-1571)


Le Château de Kolossi, fondé par Louis de Magnac, commandeur de l’Ordre des Hospitaliers est un château médiéval de Limassol, construit par les français au 12ème siècle. C’est dans une des salles du château que fut célébré le mariage de Richard Cœur de Lion avec Bérengère de Navarre.

Conquise par Richard Cœur de Lion puis cédée aux Lusignan (un royaume franc) en 1192, l’île devient un royaume où se côtoie une aristocratie française et chrétienne, les Lusignan, avec une population rurale et orthodoxe grecque. Jacques II de Chypre épouse Catherine Cornaro, une princesse vénitienne qui abdique après la mort de son mari. Les vénitiens négocient l’annexion de Chypre et s’en emparent. Chypre passe sous la domination de la république de Venise en 1489.


5/ la période ottomane et britannique (1571-1960)


Après avoir conquis l’île et régné de 1571 à 1878, l’empire ottoman confie l’administration de Chypre à la Grande-Bretagne qui l’annexe en 1914 et en fait une colonie officielle en 1925.

Les britanniques resteront jusqu’en 1960.

Une guerre pour déterminer l’identité culturelle de l’île s’engage entre les chypriotes grecs et les chypriotes turcs.



6/ L’indépendance et la division contemporaine 1960 - 1974


Deux communautés s’opposent, les chypriotes grecs et les chypriotes turcs. Les accords de Zurich et de Londres ont été signés sur la base de la reconnaissance d’une double identité culturelle rejetant toute partition et toute ingérence et domination de la Grèce.

En 1960, une république bicommunautaire est instaurée en tant qu’état indépendant avec Makarios III comme président et un chypriote turc assurant la vice-présidence.

Cette indépendance reconnue comme fragile aboutit en 1974 à une guerre et une division de l’île entre le Nord turc et le Sud chypriote grec.

Nicosie est une capitale divisée : la partie sud est chypriote et l’autre partie nord est turque. La ville présente ainsi deux visages. La rue piétonne Ledra permet de traverser les deux zones de démarcation.

La zone Nord de Nicosie renferme un caravansérail ottoman du 16ème siècle, le Buyuk Han ainsi que la mosquée Selimiye Aya Sofya, l’ancienne cathédrale gothique Sainte Sophie dont l’architecture gothique est inspirée de Notre Dame de Paris. Les tombeaux des rois de la dynastie des Lusignan sont conservés sous forme de dalles de marbre gravées, intégrées au sol. Un épais tapis de prières recouvre l’ensemble des pièces de la mosquée.  Les sépultures sont donc juste au-dessous des tapis de prière de la mosquée.  

La réunification de Nicosie est toujours à l’ordre du jour, débattue par les pouvoirs en présence et source de maintes conjectures qui ralentissent l’espoir de voir un jour la ville redevenir une capitale entière et unique sur une île apaisée.


   Le mont Olympe


C’est parce que les dieux du Mont Olympe du massif des Troodos observent les allées et venues des visiteurs qu’il est difficile de conclure devant un tel kaléidoscope de sujets sur lesquels on ne tarit pas. Il y a eu tant de présences étrangères sur l’île et souvent sur une longue durée, très longue, que même le langage utilisé par les chypriotes est formé d’idiomes compris par les seuls insulaires. Des mots recouverts de la sève française, des sonorités venues des côtes méditerranéennes, des termes arabisants, tant et si bien que la culture et les arts s’en ressentent.

Çà et là, parce que la balade sur l’île a été enrichissante, quelques articles détaillent certains sujets qui ont attiré l’attention des visiteurs de l’île. Il y a les vestiges des cités oubliées, il y a des légendes qui vivent encore, il y a aussi dans les montagnes, à plus de 2000 m d’altitude, une  espérance qui vient  du chant des  églises comme si en se retirant dans les forêts de figuiers, de grenadiers et d’amandiers, les ermites avaient trouvé un autre chemin de vie dans la montagne.




 

 Octobre 2026

   


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