Gaston Durel, un peintre orientaliste
- Ginette Flora Amouma

- il y a 21 heures
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Dernière mise à jour : il y a 13 heures


© lumière à Casablanca Gaston Durel © formes blanches
Gaston Durel est un peintre orientaliste, né en 1879 à Gaillac, une commune du Tarn située dans la région de l’Occitanie. Il est mort en 1954 à Paris.
L’orientalisme n’est pas un style ni un mouvement pictural. c’est une capture de sujets ayant trait à la culture orientale, aux paysages et aux scène de vie, aux postures des êtres et des animaux, aux portraits des habitants. La peinture des bâtiments à l’architecture orientale est également un des sujets qu’affectionnent les peintres orientalistes. A cette époque, l’art pictural sortait de l’impressionnisme et s’engageait dans le fauvisme.
Fort des tendances de ce mouvement pictural qui privilégie les couleurs et l’effet qu’elles dégagent quant à leur place par touches nuancées, Gaston Durel revient d’un voyage au Maroc avec des couleurs et des idées plein la tête.
L’engouement pour l’Orient apparaît vers la fin du XVIIIème siècle et gagne un essor considérable durant le XIXème siècle. Du reste, les voyages vers l’Orient deviennent une destination convoitée. Les peintres trouvent des couleurs chaudes, de l’ocre au céladon et une variété de nuances d’or pour révéler leurs tableaux montrant les déserts, les souks, les médinas, les mosquées et les murailles des forts. Ainsi, Gaston Durel n’échappe pas à la mode ambiante.
Après un cursus en arts et des formations auprès de peintres paysagistes, il s’inscrit au salon des artistes indépendants. Des prix récompensent son œuvre et l’encourage à exposer dans de nombreuses galeries dont le Musée des Beaux-Arts de Gaillac.
Dans les années 1920, il se fait connaître grâce à des paysages marocains, les scènes des villes comme Fèz, Marrakech, Casablanca, il est membre du salon des artistes français pour la section coloniale.
Le thème des colonies est un sujet qui le fascine. Il décline en couleurs, en touches précises la lumière qui se patine sur les murs, la clarté pleine et crue qui s’associe au sable des déserts, ombreuse et foncée quand elle peine à pénétrer dans les ruelles des souks. Les formes blanches sont les mêmes qui partent au matin accompagnées de leurs ombres. Elles, ce ne sont plus que des silhouettes mais l’ombre porte leurs songes qui sursautent sur la terre blanchâtre. Toute la sensibilité d’un être dont la place est de rester là où le destin l’a posé, se trouve peint dans le contraste ombre et blanc tremblant. Le tableau « Formes blanches » est révélateur du fauvisme dans une scène orientaliste.
Le fauvisme ne choisit que peu de couleurs pour dépeindre un état, une émotion, une scène quotidienne dans une situation donnée.
Dans le tableau « Lumière à Casablanca », deux couleurs restituent le lever du jour, les tâches premières à accomplir et tout cela dans une sorte de paix baignée par un ciel et une terre au baiser d’aurore.
D’autres sujets lui tiennent à cœur. Il parle des rencontres dans les dunes. Chameaux et caravanes trouvent un lieu où s’arrêter sous les couleurs grignotées par le pinceau.


© caravanes dans le désert © Gaston Durel Karavan in der Wuste
Il présente la foule, le remue-ménage dans les souks et là, les couleurs s’accumulent car il lui faut parler des mouvements de foules, des objets présentés, des paniers et des étoffes tandis qu’impassible, l’ocre des cieux, de la terre, des chèches et des fourrages renvoient aux matins millénaires d’un peuple et de sa culture.

Les souks

Les souks au Maroc © Gaston Durel
Mais s’il est un voyageur épris des espaces, la mode orientaliste a aussi séduit les écrivains et ceux qui sont allés chercher quelques grammes d’or dans le sable comme André Gide qui écrit les nourritures terrestres. Il y a Victor Hugo avec les Orientales, Kipling avec le livre de la jungle ainsi que Nerval et Lamartine et leurs voyages en Orient.
Pierre Loti va plus loin. Il s'inspire de ses escales en Extrême-Orient pour écrire quelques nouvelles.
Mais cet engouement tombe en désuétude vers le milieu du XXème siècle dès lors que le temps des colonies s’achève avec les noces à Tipasa de Camus.
Restent les tableaux dans les musées, restent les livres sur les étagères et restent quelques compositions musicales comme celle de Serguei Rachmaninov :
Danse orientale op2 N°2 (1892)
Serguei Rachmaninov
Le cavalier devant les remparts tangerine saumone le sable confondu de lumière bisque. .Un palmier berce sa palme dans la solitude pâle du ciel qui s'incline.

© Gaston Durel - Cavalier sous les remparts de Marrakech
Ginette Flora

Juin 2026



Une découverte, Ginette, je ne connaissais pas, je n'aime pas tout mais j'ai aimé découvrir ...Merci à Toi ❤️
C'est avec admiration que je découvre ces quelques peintures orientalistes issues de l'oeuvre de Gaston Durel ! Des paysages et des scènes qui ont de quoi nourrir notre imaginaire et nous transporter vers un ailleurs mystérieux et envoûtant ! Merci pour ce voyage aux couleurs de l'Orient, Chère Ginette ! Une belle journée à toi ! 🙏😊