Carmina Burana de Carl Orff
- Ginette Flora Amouma

- 16 mars
- 3 min de lecture

Le Carmina Burana
Au XIIIème siècle, des moines et des ménestrels composent des chants et des poèmes. Carmina en latin signifie chants ou poèmes. C’est un dérivé du mot latin carmen qui signifie une composition musicale ou une œuvre poétique. Burana, c’est le nom de l’abbaye bénédictine de Beuern en Allemagne où ces chants sont découverts en 1803.
Pas moins de 300 textes sont retrouvés et qui évoquent la nature, l’amour, la religion, les fêtes et les rites orgiaques en même temps que des satires féroces dénoncent les mœurs dégradantes de l’Etat et de l’Eglise.
Carl Orff
Carl Orff est un compositeur allemand, né à Munich en 1895 et mort dans la même ville en 1982. C’est un fils de musiciens et il poursuit avec panache des études musicales en prenant également des leçons d’orchestration.
Il est nommé chef d’orchestre et directeur des opéras des deux villes, Mannheim et Darmstadt. Il se passionne pour la musique de la Renaissance et du Moyen-âge.
Il fonde une école et son concept pédagogique, l’Orff-Schulwerk, un enseignement dynamique mis en scène par un groupe musical à travers chants, gestuelle et composition, est repris par plusieurs institutions comme étant un support pour comprendre que la musique fait partie de nous-mêmes.
« Chaque être humain a en lui une part innée de créativité. Mon objectif pédagogique a toujours consisté à dépister et à révéler ce créateur qui sommeille en chacun de nous. » Carl Orff
Ô Fortuna
En 1937, Carl Orff, fasciné par le Moyen-âge, met en musique 24 des chants du Carmina Burana dont le O Fortuna qui connaît une notoriété spectaculaire par la richesse des aspects mélodiques aux accents puissants et énergiques. Les sonorités vivaces galvanisent et s’élancent comme pour exhorter l'esprit à se libérer de ses pensées. Ce sont des cris, des appels dans ce qu’ils ont de plus fragile, de plus stimulant, des mots qui interpellent, un chœur qui martèle le message.
Le chant Ô Fortuna célèbre la vie dans ce qu’elle a de plus paradoxal. La vie et la mort, l’amour et la haine, la force de la nature et ses dangers, les plaisirs des jours et ses excès. C’est la première stance d’une complainte du XIIIème siècle traitée sur le thème de la destinée, la version pile ou face de la chance.

© Regnabo, regno, regnavi, sum sine regno
L’image de la roue de la destinée ouvre le première section de la série de poèmes médiévaux, qui en comporte cinq, chacune dotée de plusieurs mouvements. Le dessin de la roue de la fortune est suivie de quatre phrases :
"Je règnerai, je règne, j’ai régné, je suis sans règne."
Tout en latin :
Regnabo, regno, regnavi, sum sine regno.
Ô Fortuna interroge la destinée. En latin, le mot signifie le sort, la chance et le destin. Carl Orff met le poème en musique dans le mouvement d’ouverture et de clôture de sa cantate « Carmina Buruna », mis en scène par l’opéra de Francfort en 1937.
Carmina Buruna reste son œuvre phare, l’œuvre classique qui a inspiré de nombreux artistes.
« Ô fortune
Comme la lune changeante en ses phases,
Toujours croissante ou décroissante.
Vie détestable.
Tantôt la fortune oppresse, tantôt elle avive,
Par le jeu, l’acuité de l’esprit, et la pauvreté ou la puissance
Elle les dissout comme de la glace. »
Extrait de Ô fortuna
L’œuvre est présentée en concert quand elle n’est pas transformée en ballet et chant.
La musique a été reprise dans tous les genres d’expression visuelle et artistique, que ce soit en musique, en littérature, en audiovisuel et même en patinage artistique. Le duo Gwendal Peizerat et Anissa Anissina en firent leur musique durant la saison 1999-2000 de leur prestation.
Des adaptations et des versions indépendantes en ont également été faites.
La musique de Carl Orff est fortement scandée par les perçussions et par des rythmes aux riches sonorités. Elle reste d’une grande beauté expressive et en cela, ceux qui s’en sont inspirés l’ont fait en restituant la force implacable du message : les deux faces de la vie dans ce qu’elle a de naturel et de surnaturel sont sources de douleur.
Ginette Flora
Mars 2026



Encore une belle décoouverte, merci Ginette ❤️