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Au bord des marches

Dernière mise à jour : 20 avr. 2023



Il n'y avait plus que de la pierre accroupie

Sur le vieil escalier que je découvrais

Des ornières et de la poussière

Des marches que j'ai montées

Posées un jour, restées toujours

Vivant de pas fourbus et de saxifrages



Je partais me pencher sur les rambardes

Sans craindre de faire un seul faux pas

Les murets m'ont dit prends garde

De ne pas succomber au vertige

Je dégringolais vers toi


J'ai voulu parvenir jusqu'à la masure

Là où s'ouvre une porte de guingois

Pour s'isoler dans l'ombre de la roche

Abriter la peine de toute fièvre


Quels pleurs retenus de quoi as-tu vécu

Pour bâtir un sauveterre

A l'orée de monts inconnus

Chapelle de silence avenant

Où mon songe comateux se livre lentement

Alcôve de miasmes contenus

Coupoles de toiles suspendues

Tout se dérobait à mon regard furtif

Quand je suis entrée cacher les ossements

D'une vérité pulvérisée


Et sur les cimes froides et sereines

La grisaille qu'on croit sans âme

S'est mis à survoler l'air refoulé

J'ai eu peur de l'erreur

Qu'on commet quand rien ne bouge


Hormis le caveau des mots effacés

Qui faisaient grincer les serrures

Il n'y avait que la pierre lourde

Que je portais en moi et qui tombait sur toi


Les failles se sont mises à geindre

Par les brèches où courent des ailes dérangées

D'autres morsures m'ont révélé une présence

Et l'ampleur de la paix mortifère

Sous les voûtes austères

S'est gravée sur le sol dénudé


De la froideur du granit

A surgi la chaleur d'une voix

Simple, calme et aimante

Me racontant les frayeurs mortes

Les desseins achevés puis emmurés

Les instants usés qui gisent

Elle m'a parlé des plaines propres


Et des bras aveugles sont venus

Me couvrir de leur immensité




Ginette Flora

17 Avril 2023







8 commentaires


Colette Kahn
Colette Kahn
18 avr. 2023

Je rejoins les mots de Phil, Fred et Viviane : ce poème est à lire et à relire, Ginette, pour ressentir, un instant, la beauté de notre monde en équilibre si fragile...

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Merci, Alice.

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Fournier Viviane
Fournier Viviane
18 avr. 2023

C'est magnifique ... une mouvance à l'âme, un impalpable voyage qu'on ne veut pas arrêter ...Une poésie qui envole au delà des horizons apprivoisés...j'adore Ginette ...et mes mots sont fades !

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Tes mots ne seront jamais fades, Viviane.

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Fredoladouleur
Fredoladouleur
17 avr. 2023

Chère Ginette, je rejoins Phil dans sa spontanéité, ce poème figure parmi mes préférés ! ^^

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Merci, Fred .

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Membre inconnu
17 avr. 2023

Je n'ai pas de mots; Si, trois: J'ai aimé !

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Merci , Philippe.

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