Au bord des marches
- Ginette Flora Amouma

- 16 avr. 2023
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 avr. 2023

Il n'y avait plus que de la pierre accroupie
Sur le vieil escalier que je découvrais
Des ornières et de la poussière
Des marches que j'ai montées
Posées un jour, restées toujours
Vivant de pas fourbus et de saxifrages
Je partais me pencher sur les rambardes
Sans craindre de faire un seul faux pas
Les murets m'ont dit prends garde
De ne pas succomber au vertige
Je dégringolais vers toi
J'ai voulu parvenir jusqu'à la masure
Là où s'ouvre une porte de guingois
Pour s'isoler dans l'ombre de la roche
Abriter la peine de toute fièvre
Quels pleurs retenus de quoi as-tu vécu
Pour bâtir un sauveterre
A l'orée de monts inconnus
Chapelle de silence avenant
Où mon songe comateux se livre lentement
Alcôve de miasmes contenus
Coupoles de toiles suspendues
Tout se dérobait à mon regard furtif
Quand je suis entrée cacher les ossements
D'une vérité pulvérisée
Et sur les cimes froides et sereines
La grisaille qu'on croit sans âme
S'est mis à survoler l'air refoulé
J'ai eu peur de l'erreur
Qu'on commet quand rien ne bouge
Hormis le caveau des mots effacés
Qui faisaient grincer les serrures
Il n'y avait que la pierre lourde
Que je portais en moi et qui tombait sur toi
Les failles se sont mises à geindre
Par les brèches où courent des ailes dérangées
D'autres morsures m'ont révélé une présence
Et l'ampleur de la paix mortifère
Sous les voûtes austères
S'est gravée sur le sol dénudé
De la froideur du granit
A surgi la chaleur d'une voix
Simple, calme et aimante
Me racontant les frayeurs mortes
Les desseins achevés puis emmurés
Les instants usés qui gisent
Elle m'a parlé des plaines propres
Et des bras aveugles sont venus
Me couvrir de leur immensité

Ginette Flora
17 Avril 2023




Je rejoins les mots de Phil, Fred et Viviane : ce poème est à lire et à relire, Ginette, pour ressentir, un instant, la beauté de notre monde en équilibre si fragile...
C'est magnifique ... une mouvance à l'âme, un impalpable voyage qu'on ne veut pas arrêter ...Une poésie qui envole au delà des horizons apprivoisés...j'adore Ginette ...et mes mots sont fades !
Chère Ginette, je rejoins Phil dans sa spontanéité, ce poème figure parmi mes préférés ! ^^
Je n'ai pas de mots; Si, trois: J'ai aimé !