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Alexis Félix Arvers, le secret


C’est un poète français né en1806 à Paris et mort en 1850 dans la même ville.

Un seul sonnet l’a rendu célèbre et l’a propulsé sur le podium des poètes incarnés dont on connaît davantage la poésie que son auteur.

Il a 25 ans quand il publie en 1833 son unique recueil de poésies « Mes heures perdues »   et le fait lire avant tout à ses amis du salon littéraire qu’il fréquente, celui de la poétesse Marie Menessier-Nodier.

Dans la mémoire populaire, c’est le premier vers du sonnet «  Le secret » qui fait le tour des salons parisiens :

 « Mon âme a son secret, ma vie a son mystère » 


Qui est Alexis Félix Arvers ?


Il est issu d’une famille établie dans l’Yonne, dans la ville de Cezy, dans la région de la Bourgogne-Franche-Comté. Tout en poursuivant des études classiques, il n’a jamais renoncé à sa véritable vocation qui était d’écrire.

 Il occupe la profession de clerc de notaire dans une chambre notariale et il n’y travaille que quelques années.  A 30 ans, il décide d’abandonner le droit et de se lancer dans l’écriture de pièces de théâtre et de vaudevilles.

Il publie quelques comédies  et fait jouer  des pièces de théâtre qui sont appréciées par  le public.  Fort de ses succès, il mène une vie d’écrivain assidu aux salons littéraires et abonné au Cénacle littéraire de l’Arsenal  qui est une école romantique qui siège à la bibliothèque nationale. C’est un lieu de rencontre de gens de lettres, d’artistes et de poètes. Alexis Arvers croise  ainsi les poètes et les écrivains de son époque  à qui il dédie nombre de ses poésies.  Il se prête aux habitudes du salon de la poétesse Marie Nodier qui tient un album. Chaque invité avait l’habitude d’inscrire quelques vers dans l’album de l’hôtesse du lieu. Alexis n’y dérogea point.

 Il composa son  fameux vers « Mon âme a son secret, ma vie a son mystère », deux hémistiches qui lui valent d’être salué de son vivant par toute la confrérie.


Mon âme a son secret, ma vie  a son mystère,

Un amour éternel en un moment conçu :

Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,

Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.

 

Hélas ! J’aurai passé près d’elle inaperçu,

Toujours à ses côtés et pourtant solitaire

Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,

N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.

 

Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre

Elle suit son chemin, distraite et sans entendre

Ce murmure d’amour élevé sur ses pas.

 

A l’austère devoir pieusement fidèle,

Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle :

 « Quelle est donc cette femme » Et ne comprendra pas !

(1833- Alexis Félix Arvers)


Ce poème fut le plus récité de son siècle, chacun se demandant quelle muse était venue le visiter pour qu’il déploie dans son sonnet si prégnant,  un lyrisme d’une justesse qui fait du poème un classique intemporel.

Il meurt à 44 ans, pauvre et oublié, affligé d’une maladie de la moëlle épinière.

Toutes ses œuvres tombent dans l’oubli sauf son secret, qui prit le nom de « Sonnet d’Arvers ».


La postérité du sonnet d’Arvers  


Le sonnet a été repris en musique par Georges Bizet

Georges Bizet – mon âme a son secret


 



Serge Gainsbourg en 1961 en fit une chanson dans le tempo du rock de son temps.

D’autres compositeurs  ont composé des musiques pour accompagner le sonnet.

Le sonnet mélancolique  d’une veine romantique  a été ironisé et dévié de son cours. Ainsi nombre de pastiches et poèmes satiriques ont essaimé au point de dénaturer le sonnet  par des vers caustiques  très éloignés du thème décrit par le poète.

Mais en lisant le seul recueil de poésies que Félix Arvers a laissé, on découvre de beaux paysages poétiques, des tableaux d’une grande finesse comme ce poème nostalgique qui parle du pays natal et de l’enfance passée auprès de la nature  où le poète a été enterré.


Oh ! Qui me donnera d'aller dans vos prairies,

Promener chaque jour mes tristes rêveries, 

Rivages fortunés où parmi les roseaux 

L'Yonne tortueuse égare au loin ses eaux !

Oui, je veux vous revoir, poétiques ombrages,

Bords heureux, à jamais ignorés des orages,

Peupliers si connus, et vous, restes touchants, 

Qui m'avez inspiré jadis mes premiers chants.


Felix ARVERS "l'Anniversaire"  6 septembre 1828


Ginette Flora

Juin 2026

6 commentaires


viviane parseghian
il y a 9 heures

j'adore, je connais, je l'ai lu ce poète pas assez connu et relire est précieux ... merci Ginette ❤️

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Ginette
il y a 9 heures
En réponse à

Nous débutons le mois de Juin avec toute la grâce de ce vers qui va faire le tour du mois de juin !!

Et pour reprendre tes mots favoris : joli jour de juin, tout joli, ma chère Viviane.

🌹 🌺🌞🎵

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Alice
il y a 16 heures

Une totale découverte pour moi : j'ai été émue par le destin de ce poète et son secret... Belle journée 🌼 🌞 chère Ginette !


».

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Ginette
il y a 15 heures
En réponse à

Ce vers me trottinait dans la tête pour l'avoir lu et au détour d'une autre lecture, j'ai revu le vers courir sur une page et c'est ainsi que j'ai retrouvé son auteur !!

Comme tu vois, ma chère Alice, que d'aventures dans les malles !

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Fredoladouleur
Fredoladouleur
il y a 16 heures

Chère Ginette, toujours de belles découvertes dans le salon littéraire que j'imagine un peu à l'image de celui de la poétesse Marie Menessier-Nodier. ! Je viens de passer commande quant à l'édition des Poésies de Félix Arvers présentée en fin d'article ! ^^ Aussi, un grand merci pour ce poétique partage ! Je te souhaite une excellente journée ! ^^

Modifié
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Ginette
il y a 15 heures
En réponse à

Cher Fred, nous attendons de lire tes poésies. Tu as plusieurs cordes à ton arc et nous sommes à l'affût de chacune de tes créations. 🎵📜🖌️🙂

Très belle journée à toi aussi 🌞

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