Les Infos des Malles et du Salon G&F-Juin 2026
Dernière mise à jour : 22 juil.

Musique de Lionel Mazari
Plein ciel - poème de Jules Supervielle, mis en musique par Lionel Mazari
Jules Supervielle est un poète français. Il est aussi dramaturge, romancier et nouvelliste. Il voyage beaucoup et rapporte de ses séjours des récits centrés sur l’observation des vécus qu’il étudie à la manière d’un chercheur. Les thèmes qu’il développe lui viennent des fragments que sa mémoire lui a laissés. Très tôt orphelin mais orphelin sans avoir vu ses parents morts accidentellement, il explore le thème de l’absence, du souvenir manqué, du souvenir adopté parce que donné par d’autres. Eternel exilé, il bascule entre la France et l’Uruguay, il n’a pas de terre mais deux sols qu’il foule, allant du Béarn à Montevideo au point que, se sachant coiffé par une double culture, il opte pour les deux nationalités. C’est un franco-uruguayen. Toute sa poésie nous fait comprendre combien nous portons dans nos esprits, des images, des paysages idéalisés et combien les visages de la mère et du père nous renvoient à l’absolu, à une quête de l’humain, un autre thème que Jules Supervielle développe à travers ses contes et ses romans.
Sa double culture
Il est né en 1884 à Montevideo, ses parents sont originaires du pays basque et du Béarn, Oloron Sainte Marie ( Pyrénées Atlantiques ) et St Jean Pied de Port ( le pays basque ).
Les parents de Jules Supervielle, établis à Montevideo décident de retourner dans leur villages respectifs basco-béarnais lorsque leur enfant n’a que 8 mois mais ils meurent d’une intoxication. Le choléra est aussi avancé comme cause du décès. Le bébé de huit mois est élevé par sa grand-mère jusqu’à l’âge de 2 ans. L’oncle Bernard, frère du père décédé, adopte l’enfant et le petit Jules va vivre sa jeunesse à Montevideo jusqu’à l’âge de 10 ans. Son oncle s’installe ensuite à Paris où Jules achève toutes ses études en passant de temps à autre ses vacances à Montevideo.
La vocation poétique et littéraire
Déjà à l’âge de 16 ans, en 1900, il publie « Brumes du passé », un recueil de poésies et découvre la vie culturelle à Paris. Il se destine à la littérature et publie ses œuvres principales et après son mariage, il se fixe dans la capitale et passe la première guerre mondiale au Ministère de la guerre. Il publie Débarcadères en 1922 et un roman « l’Homme de la pampa », la même année.
Gravitations , un recueil de poésies est publié en 1925.
Mère, je sais très mal comment l’on cherche les morts
Je m’égare dans mon âme, ses visages escarpés
Les ronces et ses regards
Aide-moi à revenir …
Le forçat innocent en 1930/ Les amis inconnus en 1934/ La fable du monde en 1938
L’exil en Uruguay (1939-1946)
Pour fuir la seconde guerre, il rentre à Montevideo et y reste 7 ans. Il reprend les rênes de la banque familiale créée par son oncle et son père mais après la faillite de la banque en 1940, il est ruiné. Cependant, il continue d’écrire et lit les œuvres de Jules Laforgue et de Lautréamont, deux autres poètes franco-uruguayens, natifs des Pyrénées atlantiques et poètes n’ayant que peu vécu.
Sa vie à Montevideo lui donne d’autres souvenirs, un sol auquel il tient car il reviendra à plusieurs reprises et c’est de cette appartenance à ce double vécu qu’il fait de son langage poétique un creuset où vibrent l’émotion et la méditation sur la vie et la mort. Le recueil « Boire à la source » en est un bel hommage.
Le Prince des Poètes
La description des lieux de son enfance au Béarn et à Montevideo forme le cœur de son œuvre. Il s’affranchit des influences de son époque. Il ne s’intéresse à la nouvelle vague poétique que pour exercer sa critique sans jamais pour cela céder aux formes créatives formulées. Il se concentre sur le thème qui lui tient à cœur : celui de l’évocation de sa double appartenance, au pays béarnais et à l’Uruguay au point de prendre la double nationalité.
C’est son monde intérieur. Il avait 2 ans quand il a quitté le Béarn mais sa mémoire d’enfant en a gardé des images fulgurantes. Il en interroge la saveur, la mêlant au thym de l’absence du couple parental. Ce thème développe en lui une sorte d’angoisse qui passe par la mélancolie, l’itinéraire spirituel qu’il emprunte quand il se sait inassouvi.
Si son œuvre met l’accent sur l’homme solitaire, elle s’ouvre pourtant sur la quête de l’autre. Il s’échappe alors vers la science-fiction, vers d’autres imaginaires d’où sourdent des œuvres qui sont empreintes de merveilleux comme s’il avait besoin de se confronter à toute forme d’humanité pour mieux embraser la sienne.
D’où l’importance pour lui d’avoir un espace poétique, lieu où il peut s’extraire de lui-même, dire ce qu’il est :
"Le poème est ma religion inconsciente. Poète, j’ai apprivoisé mes monstres tant bien que mal. Je les ai domptés mais parfois je reçois au coup de patte dans ma cage de dompteur."
Il est enterré dans le Béarn à Oloron Sainte Marie auprès de ses parents.
La postérité lui rend hommage en mettant en musique nombre de ses poésies. Philippe Soupault, un écrivain français né en 1897 à Chaville (dans les Hauts de Seine) et mort à Paris en 1990, le présente comme un être pudique, subtil, qui passe et glisse comme l’eau sur les cailloux.
Il était la tendresse-même. Il nous a appris que la tendresse était précieuse et subtile. La tendresse ne veut pas que l'on s'attendrisse mais que l'on comprenne. Lui, a compris le monde, celui des hommes, des enfants et des animaux qui peuplent la plupart de ses poèmes et ses contes."
Il nous apporte cette joie de croire, de pouvoir croire en l'impossible, d'admettre ce qui est incroyable, c'est la magie, sa toute-puissance, celle qui nous transporte hors du quotidien, loin du quotidien. Il propose de nous guider à travers le monde par des chemins vers plus de lumières, vers cette clarté dont nous avons tous la nostalgie."
LE SALON MUSICAL


1/ Antonio Vivaldi
L'estro armonico - Concerto pour 2 violons RV 522
Le concerto pour deux violons RV 522 en trois mouvements Allegro/ Larghetto/Allegro est le 8ème morceau de l’Estro Armonico (Inspiration harmonique), écrit en 1711.
Deux violons comme deux solitudes se tiennent devant un groupe formé par trois violoncellistes et d’autres violonistes. Le groupe observe les échanges des deux violonistes qui se rencontrent et s’instruisent.
Le regard sera en premier lieu porté sur les deux violonistes. Leur virtuosité n’est pas seulement la maîtrise d’un instrument, c’est aussi l’expression d’un langage émotionnel.
Le groupe formé en arrière reste attentif.
C’est un peu comme si nous assistions à une pièce de théâtre, une forme de dialogue qui est la marque de fabrique de Vivaldi et avec Vivaldi, on assiste toujours à la représentation d’un maelstrom de notes étourdissantes.

2/ Frédéric et sa musique
Echoes of silent stones
Absolute lights

3/ Opéras , films et comédies musicales
Thésée, de Jean- Baptiste Lully
4/ La page du mélomane
La musique baroque
LE SALON LITTERAIRE

1/ La poésie et ses auteur(e)s

Viviane Entrac'te
"J'ai griffé le soleil
d'un peu de mots d'amour..."

Marcel Faure
"Dans le sillon du poème
Quelques graines de rêves
Ciel d'été "

Ces voix qui nous accompagnent
Le cabanon dans les terres
La messicole
Poètes et poétesses
Alexis Arvers :
" Mon âme a son secret, ma vie a son mystère "
Caroline Ann Bowles
" Rivière, petite rivière
Tu brilles de mille feux sur ton chemin ..."

2/ Les chroniques
Les collections, un univers poétique
3/ Les plumes du coin
Le 13 Juin, les auteur(e)s de la commune ont présenté leurs ouvrages et j'ai pu rencontrer nombre de magiciens de l'écriture qui sous le barnum blanc, ont pu prendre le temps de parler d'eux-mêmes.
4/ Escapades : Provins (suite)
Où sont les neiges d'antan ?
Blanche et Thibaut
LA PAGE PICTURALE

© Babeth Louisa - feu d'artifice solaire -Juin 2024

1/ Babeth Louisa
Fleurs de montagne
Le survol des falaises
La porte rouge
Coucher de soleil
2/ Portraits d'artistes peintres
Gaston Durel, peintre orientaliste
LA PAGE DES AUTEUR(E)S

Alice et sa chronique sur les femmes. Notre exploratrice nous offre ce mois-ci un beau portrait d'une femme qui tient un salon et qui parvient à se lancer dans l'écriture malgré les codes de l'époque qui ne donnaient pas la parole aux femmes.
" Louise Dupin : une féministe avant l'heure"
Juin 2026

Les Malles d'Amouma
© image composée par Frédéric A.




Commentaires