top of page

Les Infos des Malles et du Salon G&F-Juin 2026

30 juin
6 min de lecture

Dernière mise à jour : 22 juil.





Musique de Lionel Mazari

 Plein ciel - poème de Jules Supervielle, mis en musique par Lionel Mazari

 

 


Jules Supervielle est un poète français. Il est aussi dramaturge, romancier et nouvelliste. Il voyage beaucoup et rapporte de ses séjours des récits centrés sur l’observation des vécus qu’il étudie à la manière d’un chercheur.   Les thèmes qu’il développe lui viennent des fragments que sa mémoire lui a laissés. Très tôt orphelin mais orphelin sans avoir vu ses parents morts accidentellement, il explore le thème de l’absence, du souvenir manqué, du souvenir adopté parce que donné par d’autres. Eternel exilé, il bascule entre la France et l’Uruguay, il n’a pas de terre mais deux sols qu’il foule, allant du Béarn à Montevideo au point que, se sachant coiffé par une double culture, il opte pour les deux nationalités. C’est un franco-uruguayen. Toute sa poésie  nous fait comprendre combien nous portons  dans nos esprits, des images, des paysages idéalisés et combien les visages de la mère et du père nous renvoient à l’absolu, à une quête de l’humain, un autre thème que Jules Supervielle développe à travers ses contes et ses romans.


 Sa double culture


 Il est né en 1884 à Montevideo, ses parents sont originaires du pays basque et du Béarn, Oloron Sainte Marie ( Pyrénées Atlantiques ) et St Jean Pied de Port ( le pays basque ).

Les parents de Jules Supervielle, établis à Montevideo décident de retourner dans leur villages respectifs basco-béarnais  lorsque leur enfant  n’a que 8 mois mais ils meurent d’une intoxication. Le choléra est aussi  avancé comme cause du décès. Le bébé de huit mois est élevé par sa grand-mère jusqu’à l’âge de 2 ans. L’oncle Bernard,  frère du père décédé, adopte l’enfant  et le petit Jules va vivre sa jeunesse à Montevideo jusqu’à  l’âge de 10 ans. Son oncle s’installe ensuite à Paris où Jules achève toutes ses études en  passant de temps à autre ses vacances à Montevideo.


La vocation poétique et littéraire


 Déjà à l’âge de 16 ans, en 1900, il publie « Brumes du passé », un recueil de poésies   et découvre la vie culturelle à Paris. Il se destine à la littérature et publie ses œuvres principales et après son mariage, il se fixe dans la capitale et passe la première guerre mondiale au Ministère de la guerre. Il publie Débarcadères en 1922 et un roman « l’Homme de la pampa », la même année.

 Gravitations , un recueil de poésies est publié en 1925.

Mère, je sais très mal comment l’on cherche les morts

Je m’égare dans mon âme, ses visages escarpés

Les ronces et ses regards

 Aide-moi à revenir …  

 Le forçat innocent  en 1930/ Les amis inconnus  en 1934/ La fable du monde   en  1938


L’exil en Uruguay (1939-1946)


Pour fuir la seconde guerre, il rentre à Montevideo et y reste 7 ans. Il reprend les rênes de la banque familiale créée par son oncle et son père mais après la faillite de la banque  en 1940, il est ruiné. Cependant, il continue d’écrire et lit les œuvres de Jules Laforgue et de Lautréamont, deux autres poètes franco-uruguayens, natifs des Pyrénées atlantiques et poètes n’ayant que peu vécu.

Sa vie à Montevideo lui donne d’autres souvenirs, un sol auquel il tient car il reviendra à plusieurs reprises et c’est de cette appartenance à ce double vécu qu’il fait de son langage poétique un creuset où vibrent l’émotion et la méditation  sur la vie et la mort. Le recueil « Boire à la source » en est un bel hommage.  


 Le Prince des Poètes


La description des lieux de son enfance au Béarn et à Montevideo forme le cœur de son œuvre. Il s’affranchit des influences de son époque. Il ne s’intéresse  à la nouvelle vague poétique que pour exercer sa critique  sans jamais pour cela céder aux formes créatives formulées. Il se concentre sur le thème qui lui tient à cœur : celui de l’évocation de sa double appartenance, au pays béarnais et à l’Uruguay au point de prendre la double nationalité.

C’est son monde intérieur. Il avait 2 ans quand il a quitté le Béarn mais sa mémoire  d’enfant en a gardé des images fulgurantes. Il en interroge  la saveur, la mêlant au thym de l’absence du couple parental.  Ce thème développe en lui une sorte d’angoisse qui passe par la mélancolie, l’itinéraire spirituel qu’il emprunte quand il se sait inassouvi.

Si son œuvre met l’accent sur l’homme solitaire, elle s’ouvre pourtant sur la quête de l’autre. Il s’échappe alors vers la science-fiction, vers d’autres imaginaires  d’où sourdent des œuvres qui sont empreintes de merveilleux comme s’il avait besoin de se confronter à toute forme d’humanité pour mieux embraser la sienne.

D’où l’importance pour lui d’avoir un espace poétique, lieu où il peut s’extraire de lui-même, dire ce qu’il est :

 "Le poème est ma religion inconsciente. Poète, j’ai apprivoisé mes monstres tant bien que mal. Je les ai domptés mais parfois je reçois au coup de patte dans ma cage de dompteur." 

Il est enterré dans le Béarn à Oloron Sainte Marie auprès de ses parents.

La postérité lui rend hommage en mettant en musique nombre de ses poésies. Philippe Soupault, un écrivain français né en 1897 à Chaville (dans les Hauts de Seine) et mort à Paris en 1990, le présente comme un être pudique, subtil, qui passe et glisse comme l’eau sur les cailloux.

Il était la tendresse-même. Il nous a appris que la tendresse était précieuse et subtile. La tendresse ne veut pas que l'on s'attendrisse mais que l'on comprenne. Lui, a compris le monde, celui des hommes, des enfants et des animaux qui peuplent la plupart de ses poèmes et ses contes."
Il nous apporte cette joie de croire, de pouvoir croire en l'impossible, d'admettre ce qui est incroyable, c'est la magie, sa toute-puissance, celle qui nous transporte hors du quotidien, loin du quotidien. Il propose de nous guider à travers le monde par des chemins vers plus de lumières, vers cette clarté dont nous avons tous la nostalgie."

LE SALON MUSICAL




1/ Antonio Vivaldi


L'estro armonico - Concerto pour 2 violons RV 522



Le concerto pour deux violons RV 522 en trois mouvements Allegro/ Larghetto/Allegro est le 8ème morceau de l’Estro Armonico (Inspiration harmonique), écrit en 1711.

Deux violons comme deux solitudes se tiennent devant un groupe formé par trois violoncellistes et d’autres violonistes. Le groupe observe les échanges des deux violonistes qui se rencontrent et s’instruisent.

Le regard sera en premier lieu porté sur les deux violonistes. Leur virtuosité n’est pas  seulement la maîtrise d’un instrument, c’est aussi l’expression d’un langage émotionnel.

 Le groupe formé en arrière reste attentif.

C’est un peu comme  si nous assistions à une pièce de théâtre, une forme de dialogue qui est la marque de fabrique de Vivaldi et avec Vivaldi, on assiste toujours à la représentation d’un maelstrom de notes étourdissantes.



2/ Frédéric et sa musique

Echoes of silent stones

Absolute lights




3/ Opéras , films et comédies musicales

Thésée, de Jean- Baptiste Lully


4/ La page du mélomane

La musique baroque





LE SALON LITTERAIRE



1/ La poésie et ses auteur(e)s

Viviane Entrac'te

"J'ai griffé le soleil

d'un peu de mots d'amour..."





Marcel Faure

"Dans le sillon du poème

Quelques graines de rêves

Ciel d'été "




Ces voix qui nous accompagnent

Le cabanon dans les terres

La messicole




Poètes et poétesses

Alexis Arvers :

" Mon âme a son secret, ma vie a son mystère "

Caroline Ann Bowles

" Rivière, petite rivière

Tu brilles de mille feux sur ton chemin ..."



2/ Les chroniques

Les collections, un univers poétique




3/ Les plumes du coin

Le 13 Juin, les auteur(e)s de la commune ont présenté leurs ouvrages et j'ai pu rencontrer nombre de magiciens de l'écriture qui sous le barnum blanc, ont pu prendre le temps de parler d'eux-mêmes.


4/ Escapades : Provins (suite)

Où sont les neiges d'antan ?

Blanche et Thibaut



LA PAGE PICTURALE


© Babeth Louisa - feu d'artifice solaire -Juin 2024



1/ Babeth Louisa

Fleurs de montagne

Le survol des falaises

La porte rouge

Coucher de soleil



2/ Portraits d'artistes peintres

Gaston Durel, peintre orientaliste


LA PAGE DES AUTEUR(E)S



Alice et sa chronique sur les femmes. Notre exploratrice nous offre ce mois-ci un beau portrait d'une femme qui tient un salon et qui parvient à se lancer dans l'écriture malgré les codes de l'époque qui ne donnaient pas la parole aux femmes.

" Louise Dupin : une féministe avant l'heure"




Juin 2026

Les Malles d'Amouma

© image composée par Frédéric A.

Commentaires


bottom of page