La page du mélomane 41 - Hélène Grimaud
Dernière mise à jour : 20 juil.


Elle est née en 1969 dans le sud de la France à Aix en Provence où sa famille est installée de longue date. Elle a senti très tôt qu’ « avec la musique on vit beaucoup mieux et plus intensément ».
Elle le dira plus tard :
« La musique c’est l’élan le plus primitif, le plus essentiel qui soit. »
Une joie spontanée, une fraîcheur juvénile sont les marques de ses premières interprétations et son caractère passionné fait le reste. Elle s’exalte pour le piano où son émotion se matérialise.
© imagesDNA.fr-culture 2013- H. Grimaud
Elle n’est pas seulement une pianiste virtuose, elle est aussi écrivaine quand elle consigne dans quelques récits son propre chant du monde, tel qu’elle compose dans son album Credo.
Très tôt elle a voulu remplir les terres de son âme, elle témoigne ainsi d’une vie étreinte par la seule magie de la musique qu’elle aime au point de partir à 12 ans à Paris pour rejoindre le Conservatoire National Supérieur de musique de Paris, chaperonnée par ceux qui ont vu et senti ce qui la motivait.
C’est à la fois une compositrice et une figure féminine qui continue sa route en y laissant son empreinte, sa foi en la femme qui ne veut pas laisser en friche son champ des possibles. La fertilité, c’est aussi remplir la terre qui l’habite.
Elle est remarquée dès lors qu’elle remporte un à un tous les prix auxquels elle s’est inscrite. A 11 ans, elle gravit tous les échelons des études musicales et se retrouve à étudier au Conservatoire de Marseille sous l’égide des Pierre Barbizet, le pianiste et l’enseignant qui a dirigé le conservatoire de Marseille jusqu’à sa mort.
Elle donne un premier concert à 14 ans avec le concerto N°2 de Chopin qui dure 25 minutes et comporte 3 mouvements.
A 15 ans, en 1985, elle joue le solo de Rachmaninov.
La musique et le rapport discursif au monde
Son parcours s’étoffe, se construit à mesure qu’elle grandit. A la maturité, elle acquiert un sens inné de l’écoute de la musique chez les compositeurs d’époques différentes et retire de cet exercice un dialogue temporel entre deux univers de musiciens, en examinant l’élément occurrent qui les rapproche.
Dès lors elle met en scène des duos, Beethoven un allemand et Arvo Part un estonien, Franz Liszt un hongrois et Alban Berg, un autrichien.
Elle engage des duos avec Liszt et Nitin Sawhney, Satie et Silvestrov pour faire émerger l’idée que la musique ne s’épanouit pas sans de longues épousailles avec la nature.
Ses albums et ses concerts sont marqués par cette étude lyrique.
En 2003, Credo avec Beethoven et Arvo Part
En 2010, Renaissance Liszt et Alban Berg
En 2016, Water avec Liszt et Nitin Sawhney, un natif de l'Inde.
Jeux d'eau Woodlands and beyond.
En 2018, Memory avec Erik Satie un français et Valentin Silvestrov un ukrainien.
2011 concerto en sol de Maurice Ravel
2018, concert à Zurich - Beethoven
Cette expérience innovante et avant-gardiste pour certains mais fertile découle de son amour pour la préservation de la nature qu’elle développe par des créations de parcs zoologiques et des fondations pour la survivance des animaux entre autres les loups et les chevaux mustangs. Elle sème deux graines différentes et observent leur germination.
Concertiste chambriste, elle est toujours attendue quand elle revient sur scène.
Brahms à Monte-Carlo
En 2023, elle joue son « For Clara Schumann » en hommage à celle qu’elle admire en même temps qu’elle enchaîne en 2024 avec le concerto de Schumann.
For Clara schumann kreisleriana - Sehr aufgeregt
En 2025 sort l’album Fantasias.
« La musique vous révèle à vous-même. C’est une affaire d’ampleur, de force vitale . »
L’écrivaine de la nature
En 4 livres, elle révèle une écriture poétique vouée à la célébration du minéral, du végétal, de l’animal, de l’aquatique et de l’humain. La rencontre avec un homme qui lui lègue un loup change sa vision du monde.
Elle écrit « Variations sauvages », une autobiographie mais c’est aussi un portrait de femme, un portrait courageux, audacieux qui ouvre un espace féminin non plus considéré comme un destin figé, amorphe et cloué mais comme un vaste et fastueux champ où tout est possible.
« Leçons particulières » est une œuvre poétique de réflexion. La rencontre de personnes différentes enrichit l’esprit et modère les jugements hâtifs qui peuvent déranger l’ordre du monde.
« Retour à Salem » ouvre pour Hélène d’autres horizons. Elle relate sa vie aventureuse sur le mode fantastique. Son refuge, c’est Salem, là où vivent ses loups. L’auteure expose ses thèmes favoris : les loups, la nature, la musique, la beauté, tous éléments dont se nourrit l’âme pour être en paix.
« Renaître » dans la poésie et dans la foi aux ressources naturelles et à la fidélité des premiers jours, c’est ce que l’on découvre en lisant cet ouvrage qui s’attache à poser la question mystère : pourquoi fait-on de la musique ?
Hélène écrit également des préfaces pour des ouvrages traitant de sujets liés à la nature et à ses essences primitives. Elle préface également des livres sur ses compositeurs préférés comme Brahms et Chopin.
Sa nouvelle aventure, c’est le mustang, le cheval des Rocheuses. L’espèce est en passe de s’éteindre si on ne fait rien pour sauvegarder ce fabuleux cheval. L’auteure comprend qu’un galop peut libérer les tensions qui nous habitent.
Ginette Flora

Juillet 2026




Personne hors du commun. Tu as écrit un beau récit sur cette "artiste "
Cette artiste a tous les talents... magnifique 😍 ! Belle journée, chère Ginette 🌞
Superbe découverte, Ginette ... j'ai adoré ... Merci de Toi pour ces voyages si beaux !❤️