La page de Colette Alice - La sculpture chez Louise Nevelson
Icône oubliée de l’art moderne
Louise Nevelson
(1899-1988)

Le Centre Pompidou-Metz offre l’occasion de redécouvrir Louise Nevelson et son œuvre avec une rétrospective d’ampleur, à voir du 24 janvier au 31 août 2026.
« Je veux devenir sculpteur et je ne veux pas l’aide de la couleur »,
déclare, enfant, celle qui va, tout au long de sa vie, habiter l’espace avec ses sculptures massives et poétiques. Grande figure de la modernité, la sculptrice américaine Louise Nevelson n’a pas eu d’exposition importante en Europe depuis des décennies. En effet, si l’artiste et son œuvre ont été internationalement connues des années 1960 jusqu’au début des années 1980, cette célébrité s’est par la suite effondrée. Une querelle juridique entre héritiers a empêché les expositions durant près de vingt ans et celles-ci n’ont recommencé que lentement et modestement, aux États-Unis et en Europe.

Le double héritage
Louise Nevelson est née en Ukraine en 1899. D’origine russe et de tradition juive, sa famille émigre en 1905 aux États-Unis, où Louise reçoit un double héritage : le climat de libre-pensée prônant l’égalité entre les sexes dans laquelle elle est élevée, et l’artisanat : son grand-père est marchand de bois et son père travaille dans une usine consacrée à ce même matériau.
En 1920, elle se marie et s’installe à New York où elle peut se consacrer à ses passions : la peinture, la danse, le chant, le piano et le théâtre. Elle suit notamment des cours de peinture à l'Art Students League of New York.

Les premières expositions
En 1931, elle divorce et part seule en Europe où elle approfondit sa connaissance du cubisme auprès d’Hans Hofmann (1880-1966) et des « arts primitifs » au musée de l’Homme à Paris et découvre l’art africain. Dès 1933, elle expose des peintures et des estampes et se tourne vers la sculpture.
De retour à New York, elle devient l’assistante du peintre mexicain Diego Rivera (1886-1957) qui réalise une série de fresques pour la New Workers School. À l’Art Students League, elle suit de nouveau les cours de H. Hofmann, mais aussi ceux de l’Allemand George Grosz (1893-1959). À la même époque, elle présente ses premières peintures et ses sculptures anthropomorphiques.
Dans les années 1940, elle réalise sa première exposition personnelle à la galerie Nierendorf de New York. Sous l’influence du cubisme et de l’« art primitif », elle s’éloigne de la sculpture traditionnelle et réalise des assemblages, conçus à partir de morceaux de bois trouvés.

La vision du monde
Au cours des années 1950, étape charnière, la visite de sites archéologiques et la vision des façades des édifices précolombiens au Mexique lui inspirent la création d’environnements constitués de plusieurs éléments juxtaposés dans l’espace. Entre 1949 et 1950, elle étudie la terre cuite, l'aluminium, le bronze au Sculpture Center ainsi que la gravure. Ses sculptures s'apparentent à des constructions de grandes dimensions en bois recouvertes d’une seule couleur, du noir mat ou du doré unifiant le tout et camouflant l’identité première des différentes pièces. Abstraite convaincue, l’artiste est également influencée par le théâtre et la danse qu’elle a pratiqués très tôt.
En 1959 elle expose son premier environnement consacré au thème du mariage à partir de figures totémiques blanches et, en expérimentant de multiples techniques et matériaux, elle poursuit la réalisation de ses « bibelots-monstres », comme les appelle l’artiste Jean Arp (1886-1966).

© Louise Nevelson - Bois peint - 1960
Louise Nevelson est alors la figure tutélaire de jeunes artistes comme Jasper Johns (né en 1925), Robert Rauschenberg (1925-2008) ou Franck Stella (1936-2024).
En 1962, elle est choisie pour représenter les États-Unis à la Biennale de Venise, puis expose deux ans plus tard à la Documenta de Cassel
À partir de 1966, elle fabrique avec ses premières sculptures métalliques en aluminium, des petites œuvres en plexiglas.
Sculptures métalliques


Black Zags -1968 Transparent horizon - 1975
En 1979, elle est élue membre de l’American Academy and Institute of Arts and Letters et à l’occasion de son 80 ème anniversaire, le Whitney Museum organise l’exposition Atmospheres and Environments.
Louise Nevelson meurt le 17 avril 1988 à New York.
Inclassable, cette artiste, dont les œuvres sont conservées dans les plus grandes collections internationales, a joué un rôle majeur dans l’histoire de la sculpture moderne aux États-Unis
P.S. : Le collage occupait une place importante dans la pratique de Louise Nevelson. Ce procédé, qu’elle a utilisé tout au long de sa vie, reflétait sa démarche en sculpture : prendre des éléments disparates et les assembler ou les unir en un tout complexe.


Le procédé du collage
Chronique de Colette Alice

Février 2026




Chère Alice, c'est un véritable voyage esthétique que de plonger dans l'univers de cette artiste complète qu'est Louise Nevelson ! Merci de nous avoir dresser cet impeccable portrait et de nous avoir offert matière à découvrir le génie de ses oeuvres ! Un très beau dimanche à toi ! ^^
Superbe portrait comme toi seule sais nous les conter ... merci, mon Alice pour ce rendez-vous que j'adore ... et belle découverte encore ! iBisous vers toi❤️
Encore une belle découverte chère Colette Alice, j'aime beaucoup ses réalisations. Une grande artiste à découvrir en profondeur. Les autres artistes que tu mentionnes, je les
connais.
Bon week-end à toi et à bientôt.