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Frits Thaulow, le peintre de l'eau


©  pinterest.com Frits Thaulow -1880 cygnes sur rivière Norway


C’est un peintre norvégien né à Christiana (Oslo) en 1847 et mort à Edam-Volendam   (aux Pays-Bas) en 1906.

 Ses parents lui laissent une grande liberté pour choisir sa voie et pour suivre des cours  de peinture. Il entre à l’Académie des Beaux-arts de Copenhague ( Danemark) de 1870 à 1872 après avoir suivi des cours de dessin à l’Académie royale de dessin d’Oslo.  Puis il continue à se former en Allemagne. C’est un peintre qui suit la tradition norvégienne, le réalisme dans la représentation de la nature.

 Ce sont ses différents séjours en France et en Italie qui vont lui faire d découvrir  la nouvelle vogue impressionniste qui le conduira à revoir les clés de sa peinture.


Le peintre des paysages marins


C’est d’abord un peintre de marine quand il peint les pêcheurs en barque et les rivages  maritimes. C’est une peinture  classique que le public apprécie. C’est dans la mouvance des peintres de l’école de Barbizon qu’il aime peindre la vie simple et le cycle des saisons.  Il représente comme ses pairs les paysages en adoptant des  lignes réalistes et par l’usage des couleurs naturelles.

Il est ensuite professeur en Allemagne à l’école de peinture de Modum dont il est le principal fondateur. Son élève est Edvard Munch.


1879- Fête fluviale avec les pêcheurs




 


Bateaux de pêcheurs





Le séjour à Paris


De 1875 à 1880, il fait un premier séjour à Paris où il présente ses œuvres marines au cours des expositions mais ses toiles ne reçoivent qu’un accueil mitigé. Il comprend qu’il navigue à contre courant car les peintres de la  nouvelle génération de peintres sous le titre de l’impressionnisme pictural forment une cote qui intrigue les  observateurs. Une vague nouvelle de peintres s’attachent à donner du relief à leur peinture par des effets de lumière et de couleur, jouant avec les reflets.

Frits Thaulow se mêle aux impressionnistes, Monet, Manet, Degas, Renoir, Caillebotte, il écoute leurs conseils. Il se plaît à rencontrer les  peintres de la nouvelle vague picturale.  

 De retour en Norvège, il prépare sa nouvelle approche de la peinture en s’inspirant de ce  qu’il a vu en France. Il crée une autre approche du paysage.

 Ses scènes d’hiver sont différentes et révèlent la glaciation des neiges par des fragments de couleurs qu’il superpose,  alterne ou transpose. Il crée l’ambiance aquatique, celui que le public va redécouvrir.

Le public reconnaît une atmosphère émotionnelle rendue par la couleur, la lumière, l’ombre, les effets des variations introduites, un jeu de balayage du pinceau qui offre des reflets incandescents.  Le public est touché par l’émotion que la peinture véhicule, le tableau parle et le travail de l’eau qui frisonne est sa   principale création.

On n’a jamais vu l’eau jaillir ainsi du tableau, poursuivre son courant et faire vivre sa plainte sur les cailloux ! C’est la poésie des nouveaux paysages qui est ressentie comme novatrice. On le salue comme un artiste avant-gardiste sachant traiter le paysage norvégien avec une âme sincère et authentique.

En 1889, lors d’une exposition universelle, ses œuvres sont remarquées. Il renvoie l’image d’une société en harmonie avec ses paysages et les saisons, hiver comme été, tout semble baigner dans une douce mélancolie assumée où chacun peut voir couler le temps du rêve.


 Paris et l’impressionnisme norvégien


Son 2ème séjour à Paris  en 1892 est un séjour initiatique. Il ne s’installe pas en un seul endroit. Il itinère pour recueillir des sensations dans chaque région qu’il visite avec à chaque fois l’envie d’ouvrir de nombreux ateliers. Il peint avec bonheur, conforté par l’accueil d’un public qui admire ses nouvelles toiles.  

 Il est le peintre de l’eau.


1897- rivière à Manéhouville  facebook.com












 On dit de lui :

 « Personne n’a jamais peint l’eau comme cela » 

En 1900, c’est l’exposition universelle où il est remarqué et consacré. Il s’attache à faire des expositions en continuant à peindre. Une cinquantaine d’œuvres sont  ainsi peintes chaque année, le peintre ne vivant que de recherche et de travaux.

Il crée ainsi une peinture impressionniste norvégienne qui sans s’écarter des techniques traditionnelles, apporte d’autres points de nuances où la toile semble au final habitée par une nature qu’une âme incarne, immobilise les visiteurs devant les tableaux où l’eau  semble frissonner devant soi.


 Le peintre  de l’eau


L’influence impressionniste est indéniable dès que son pinceau représente l’eau ; les bords de rivière, le flux d’un ruisseau ou le chant d’un cours d’eau. Il fait de l’eau, le charme puissant d’un bois, d’un crépuscule ou d’une aube. Un village en est transfiguré, c’est comme si l’eau devenait la puissance essentielle de la vie et qu’on y voudrait plonger ses mains et boire à la source de nos origines. C’est une églogue, une invitation à s’attarder sur le secret d’une eau plus vraie que nature.


1883-Une rivière - articelli.com











Soleil couchant sur l'Arques à Péquigny












Automne doré sur Quimperlé- 1901



Ambiance du soir 1893-wikpedia.org


 La nature en mouvement, l’eau dans les assauts de son onde, la nature intimiste est rendue avec sensualité, particulièrement perçue dans le tableau des cygnes  nageant sur la rivière dans un essaim de bleu et de blanc, ce qui génère une sensation proche de la réunion entre le pur et l’éternité.

Il nous laisse un héritage qui palpite grâce au travail entamé sur l’expressivité de la lumière sur un paysage. La vie simple en est magnifiée par la chaleur que renvoie son pinceau, un lyrisme qui subjugue.

Il nous montre à quel point la nature nous offre ses intimes vibrations. Il rend visible l’invisible, c’est l’immersion d’un contact sensoriel avec la nature. C’est la perception du temps qui s’écoule, le flux, la lumière, le mouvement, la transparence, le bouillonnement intime, tout concourt à donner  de la nature une idée presque écologique.

 Ginette Flora

 Juillet 2026


4 commentaires


Fredoladouleur
Fredoladouleur
il y a 9 heures

Une oeuvre apaisante que celle de Frits Thaulow. Dire de lui qu'il est "le peintre de l'eau" est loin d'être une formule galvaudée, c'est simplement le constat évident d'un talent hors norme ! Au-delà de la prouesse technique, c'est une invitation à la contemplation et à la douce mélancolie ! Merci pour ce rafraîchissant partage et cette belle découverte, Chère Ginette ! De te souhaiter, une agréable journée ! ^^

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ginette
il y a 35 minutes
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Cette ambiance bleu nuit, les cygnes, cela m'a rappelé Le lac bleu sur lequel tu as composé ta musique ...avec Randolph pour metteur en scène !!

Inoubliable chef d'œuvre !

🌊🦢🌝

Modifié
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viviane paseghian
il y a un jour

"le peintre de l'eau" une trop belle découverte, c'est doux, emprunt de sensiibilité et d'un rien de tristesse élégante (ça c'est mon ressenti ) ...que tu sais si bien raconter...j'ai adoré ce voyage, merci à Toi ❤️

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ginette
il y a un jour
En réponse à

"tristesse élégante" ...Oh , j'adore ce que tu dis. C'est ce qu'on peut dire en voyant le tableau des deux cygnes blancs sur cette rivière bleu indigo qui frissonne.

Un hasard, cette découverte, je lisais un article et en faisant des recherches sur d'autres sites, c'est le tableau des cygnes qui m'a accrochée.

Du coup, j'ai mis en veilleuse l'article sur lequel je travaillais et je suis allée voir qui est ce peintre de l'eau !!

Bon dimanche, chère Viviane. 🙂

🦢🎨

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